‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 51 sur 230 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Honoré, dans le salon de M'"^Duplay\ Robespierre eût tenu, de son côté, le même langage. Lui aussi, à son tour, voit l'échafaud se dresser à l'horizon et ses ennemis y monter : ce rêve le fait pleurer de tendresse! Qui sait? Peut-être ont-ils raison, les uns comme les autres! Le tribunal criminel extraordinaire ne nous ménagera certainement pas, nous autres royalistes; mais il se pourrait bien qu'il nous fît justice des Robespierre et des Vergniaud, des Rebecqui et des Barbaroux -1

1. Robespierre était Tliôtc de Maurice Duplay, entrepreneur en uienuisei'ie, dont la maison, .située au fond d'une cour ayant accès sur la rue Saint-rionoré, se trouvait presque vis-à-vis de la rue Saint-Florentin. Cette maison a été démolie en 1B16. pour faire place à celle qui porte actuellement le numéro 39S et i[ue MM. Escjuiros. de Lamartine, Michelet et quelques autres écrivains ont prise à tort pour la « maison de Robespierre ». ^Voy. Histoire de Robespierre, par Ernest Hamel, t. I, p. 519.)

2. Vergniaud a été condamné par le Tribunal révolutionnaire le 30 octobre'1793 (9 brumaire an II', et Robespierre le 28 juillet 1794 (10 thermidor an II). Barbaroux a été exécuté à Bordeaux le 7 messidor an II (2-3 juin 1794>. Rebecqui, pour échapper à l'échafaud, se jeta dans le bassin du port de Marseille et s'y noya, le 3 mai 1794 (14 floréal an IIi.

Un discours de Vergniaud.

Vendredi 15 mars 1793.

Les événemeiils se précipitent; la lutte des factions prend, chaque jour, un caractère plus ardent, plus passionné. Le tribunal extraordinaire, décrété le 10 mars, est appelé, non à faire œuvre de justice, mais h devenir, entre les mains des partis, une arme de guerre, un instrument de haine et de vengeance. Cette arme, chacun se llatte d'en tenir seul la poignée et de pouvoir en diriger la pointe contre ses ennemis. Les députés de la Gironde, surtout, voient dans la création du nouveau tribunal le gage de leur victoire. Je tiens, au contraire, pour certain, surtout après la séance de mercredi ', que leur défaite est assurée et qu'elle est proche. D'honnêtes gens, je ne l'ignore pas, se complaisent à mettre en eux leur dernier espoir ; je vois des royalistes qui, en haine de Robespierre et de Marat, se rattachent à Brissot et aux Rola.ndins :

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