‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 52 sur 230 · Mercredi. 13 mars · texte numérisé non relu

Mercredi. 13 mars

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parlisans de ce qu'ils appellent la politique du moindre mal^ ils veulent que l'on fasse le silence sur les crimes, sur les lâchetés des Girondins, pour me servir du nouveau mot qui tend à remplacer l'ancienne appellation de Girondistes '. On nous demande d'oublier qu'ils ont été, à l'Assemblée nationale, les émules des plus ardents Jacobins; qu'ils ont revendiqué l'honneur d'avoir l'ait le iO août; que, maîtres de l'Assemblée, du Conseil exécutif et de la Mairie de Paris pendant l'interrègne du 10 août au 20 septembre, ils ont institué le tribunal criminel du M aoflt, et laissé s'accomplir, sous leurs yeux, les massacres des prisons. Nous ne devons plus nous souvenir que, à la Convention, ils se sont faits les juges de Louis XVI et l'ont traîné à la guillottiue; que, menacés, à leur tour, par des ennemis impitoyables, ils ont cherché à se sauver en leur jetant chaque jour, en pâture, une lui de mort dirigée contre leurs ennemis communs; que, hier encore, ils ont supprimé, pour les accusés, l'appel en matière criminelle et toutes les garanties de la défense; qu'ils se sont rencontrés, avec Danton, pour instituer un tribunal de sang!

Eh bien ! puisque vous le voulez, mettons en oubli toutes ces choses; mais quel fonds pouvons-nous faire, pour nous défendre, sur des hommes qui n'ont pas le courage de se défendre eux-mêmes, comme ils en ont, une fois de plus, fourni la preuve dans les jours que nous venons de traverser?

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