‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 55 sur 230 · Les Révolutions de Paris, t. XV, p · texte numérisé non relu

Les Révolutions de Paris, t. XV, p

4. Joseph Fiévée. né le 9 avril 1767 à Paris, où il est mort le 7 mai 1839. Emprisonné sous la Terreur, proscrit après le 13 vendémiaire et le 18 fructidor, il écrivit, dans sa retraite, deux agréaljles romans, la Dût de Siizette (1793i et Frédéric (1799i. Incarcéré au Temple en 1799, comme correspondant de Louis XVIII, il sortit de prison après le 18 brumaire et entra en relation personnelle avec Bonaparte. Censeur v^t directeur du Journal de l'Empire en 1895, maître des requêtes en 1807, il devint préfet de la Nièvre en 1813. Sous la Restauration, il se signala par lardeur de son royalisme, et collabora au Conservateur et à la Quotidienne. 11 se rangea, après la révolution de 1830, dans le nouveau parti constitutionnel et écrivit au Temps, puis au jVa(ionai. Ses articles étaient signés T. L. ou L. et quelquefois do son nom. Ses tiois curieux volumes, Correspondances et relations de

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11 eS(iie de parlementer, et, s'adressant à LazoNvski : « Un imprimeur, lui dit-il, n'est pns plus responsable que l'enfant qui ramasse le chiffon qui doit faire le papier que j'imprime. Vous voulez vous venger des auteurs : eh! bien, votre but est manqué, car il n'y a rien de commun entre eux et moi. Vous me ruinez, et cela leur est égal, car demain ils peuvent faire imprimer ailleurs; très souvent, je ne lis pas ce qui s'imprime chez moi, et personnellement, depuis la révolution, je n'ai rien écrit, ni pour, ni contre. » Sans doute les raisons de Fiévée étaient bonnes et furent jugées telles, car on a cessé de briser quand il a cessé de parler : il est vrai que tout était fini, et qu'il avait suffi de quelques minutes pour détruire le fruit de plusieurs années de travaux, de veilles et de privations '.

De chez Fiévée, les émeutiers se sont transportés chez un autre imprimeur, rue Guénégaud, et, dans l'excès de leur rage, ils ont blessé dangereusement deux femmes qui habitent dans la maison ^.

La journée du dimanche 10 mars a été encore plus agitée et plus menaçante que celle du samedi. Pendre les généraux, arrêter les membres du Conseil exécutif et les principaux députés du côté droit, les juger populairement et envoyer leurs têtes aux départe-

J. jf''iéL-L'e avec Bonaparte, publiés en 1837. sont précédés d'une antobiographic, qui suflirait à sauver de l'oubli le nom de ce spirituel et remarquable écrivain.

1. Lettre de Fiévée, du 11 mars 1793. Chronique de Paris, n° d't Il mars.

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