l'AKis EN
depuis le 28 janvier, montreront que les persécutions dirigées conlr3 la Feuille du Matin n'ont point eu, pour effet, d'intimider l'homme de cœur qui la rédige :
l" février 1793. — Epitaphe pour être gravée sur le tombeau d'un Grand Personnage mort en janvier 1793 :
Ci-gisent la Vertu, l'Honnoiir et l'Innocence, Et tout le bonheur de la France.
5 février. — Un jeune garde national de la section de la Halle-au-Blé, nommé Delrive, qui avait assisté, en qualité de garde, à l'exécution de Louis XVI, est mort vendredi lier février), daus des convulsions alTreuses, suite de l'impression profonde qu'avait faite sur lui ce terrible spectacle.
8 février. — Une dame nous prie instamment d'inscrire, dans notre journal, l'épitaphe ci-après, que nous croyons être celle de Charles /e"" .•
Ci-gît qui, malgré ses bienfaits,
Fut immolé par ses propres sujets, Et qui, par un courage inconnu dans l'iiistoire, Fit de son échafaud le trône de sa gloire.
9 février. — Epilaplie dont nous laissons à nos lecteurs à faire Vapplication :
Ci-git qui donna la vie à la Liberté, et à qui la Liberté donna la mort.
Même numéro. — Vers pour mettre a\i bas d'un portrait :
Vertueux sur le trône et fidèle à l'honneur, D'un peuple que j'aimais j'ai voulu le bonheur; Mais l'ingrat, égaré par une secte impie. Sous le fer des bourreaux m"a fait perdre la vie.
Dans son numéro du 13 février, la Feuille du Matin a donné le Testament de Louis XVI, mis en vers. Cette pièce forme neuf strophes.
Le girondin Dulaure, député du Puy-de-Dnme et l'un
Ï'AIUS EN 1793 iî'ô
de ceux qui ont condamné Louis XVI, a publié, le 13 février, dans son journal le Thermomètre du jour, et sous ce litre : Anecdote très exacte sur l'exécution de Louis Capet, un récit que, par un raffinement d'imposture, il a mis dans la bouche du bourreau lui-même. D'après Dulaure, lequel ne craint pas d'insulter à ceux qu'il assassine, l'admirable fermeté dont Louis XVI a fait preuve, ne serait due qu'à un copieux déjeuner fait le matin, et à la persuasion où il était, qu'au dernier moment on lui ferait grâce ^ Sanson a rétabli la vérité dans une lettre qui, sous sa plume, est d'une singulière éloquence, et où il y a comme un écho de cette parole du centenier, qui a traversé les siècles : Terè hic homo erat justus ! En voici les dernières lignes :
Et pour rendre homage à la vériiée, il a soutenu tout cela avec ua sang-froid et une fermette qui nous a tous étonnés. Je reste très convaincu qu'il avait puisé cette fermeiée dans les principe de la religion, dont personne plus que lui ne paraissait joeneïre'e ny persuadé.
Vous pouvez être assuré, citoyen, que voilà la véritée dans son plus grand jour 2.
Chassées de la Convention, bannies de la République, l'honnêteté, la vérité, la justice, auraient-elles donc, en nos tristes jours, trouvé un suprême et dernier asile dans le cœur du bourreau? On les retrouve encore,