I.e Mariage rlf Figaro, arto IV, scéno m
PABis EN 1793 147
cies. Dans la finale de Mozart, qui remplit l'acte presque tout entier, la mélodie circule sous les grands arbres et y répand une sereine et douce lumière. Est-ce le crépuscule? N'est ce pas plutôt l'aurore? C'est l'aurore, car après le mot : Pardonne^ un hymne éclate, beau comme les premiers rayons du jour, à l'heure où les oiseaux du ciel s'éveillent au fond des bois. Ainsi finit la Folle Journée de Mozart. Chose merveilleuse ! Dans ce chef-d'œuvre, où le musicien s'est montré si supérieur à l'auleur comique, Mozart a su être spirituel, gai, vif comme Beaumarchais; seulement sur cet esprit et sur cette gaieté, sur toute cette prose, il a répandu les trésors de son âme, les magnificences de son génie. Figaro est désormais immortel, — le Figaro de Mozart I
La foule s'écoulait; tout était fini. J'étais encore sous le coup des émotions profondes que je venais d'éprouver. La voix de M. Suard me rappela à la réalité. « Allons, disait-il, Gluckistes et Piccinistes, s'il en existe encore, n'ont rien de mieux à faire qu'à s'embrasser, à reconnaître les uns et les autres que le dieu de l'harmonie, ce n'est ni Piccini, ni même, hélas! le chevalier Gluck, c'est Mozart! »
Nous revenions par les boulevards. On y criait les journaux du soir. J'ai acheté la Gazette nationale. Rentré chez moi, j'ai voulu lire le compte rendu de la séance de la Convention. Mes yeux sont tombés sur un