‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 88 sur 230 · lio.iiilioii, I. m. p. r,;j · texte numérisé non relu

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par un polisson de seize à dix-sept ans, qui, assisté de quelques autres intrus de son âge, faisait la leçon à nos barbes grises. L'officier de police s'assied, réclame le silence, et, le plus gravement du monde, fait mine de chercher à concilier les droits des membres du club et ceux non moins respectables, à ses yeux, de l'étrange orateur qui s'est emparé de notre tribune. La patience manque à quelques-uns d'entre nous, qui parlent de donner le fouet à l'orateur et de faire euxmêmes la police de la salle. Notre officier, craignant que l'effet ne suive la menace, se décide enfin à faire sortir les perturbateurs. La séance est levée, et nous nous retirons couverts de ridicule depuis les pieds jusqu'à la tête ^

(( Le lendemain, tandis que pleuvaient sur nous les brocards et les chansons, les journaux jacobins criaient haro sur ce club monarchico-aristocratico-consiitutionnely qui seul causait tout le maP. Ils demandèrent que cette Société turbulente et pestilentielle fût chassée de l'enceinte des Feuillants. Leurs vœux ne tardèrent pas à être exaucés.

« Le dimanche 23 décembre 1791, un membre de l'Assemblée législative, Merlin-Moustaches, pénétra dans la salle des Feuillants et les insulta de la façon la plus grossière. Cette fois, nos gens se fâchèrent tout à fait; Merlin fut durement apostrophé, culbuté même et jeté à la porte ^. Il dénonça le lendemain

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