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JOURNAL D'UN OOMBATTA.NT

de riches propriétaires, des électeurs, ont reçu leur part des secours, que le Préfet s'est mandaté à Im-même, des sominds moixtaiLt à quinze ou seize mille francs, et qu'il a mandaté à ses deux Sous- Préfets des sommes plus considérables encore. Cependant, rassurance ayant été donnée par le OouTemement que toutes ces sommes, en apparence détournées de leur destination, avaient payé l'organisation d'ateliers de travail, la reconstruction des ponts, etc., et ces faits s'étant d'ailleurs passés quelques mois aTsnt Félection, le rapporteur propose à la chambre de valider l'élection ; M. Bureaux de Puzy demande si le Préfet a été autorisé par le Ministère à répartir, ainsi qu'il l'a fait, les fonds remis à sa disposition. M. Ounin Gridaine s'en réfère à ses circulaires, et M. Bureaux de Puzy établit pièces en main que le Préfet a désobéi aux prescriptions de ses diculaires. On a indemnisé de riches propriétaires ; un électeur a reçu uuedouble indemnité ; on a délivré des mandats frauduleux, et cet abus a duré du 25 Février au 29 Juillet. On a refusé une ammône à ceux qui manquaimi'de pam I H esù vrai qu*ih n^étaien^ pas électeurs ! M. Richond des Brus se récrie, s'indigne qu'on vienne toujours jeter les grands mots de corruption, de spoliation, alors que son élection est bien postérieure aux irrégularités commises par le Ptéfet.

Alors M. Bureaux de Puzy l'interpelle vivement : — " Est-il vrai que dès la saison dernière, M. Eichond sollicîtait une place d'inspeotefir des Eaux

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Thermales ? Est-il Tiai qu'il ait écrit à un mëdecixi inspecteur pour lui demander sa démission P' Au

milieu des trépignements du centre, M. Richond se lève, hésite et se rassied sans répondre. — "Je ne conçois rien à ce silence de M. Eichond^'' s'écrie H. Lherbette ; et la parole sonore et retentissante de M. O. Barrot s'élève contre cette administration^ qui transforme en corruption im acte de charité patriotique! La gauche tout entière demande la production des documents, l'impression de l'état de répartition. M. Duchâtel s'y refuse, couvre de sa responsabilité la responsabilité du Préfet^ affirme que les fonds remis à l'administration ou a de riches propriétaires ont été dépensés au profit des pauvres, et demande qu'on ne s'arrête pas à ces banales accusations de corruption et de vénalité. M. O. Barrot lit alors le procès verbal des délibérations du Cbnseil général ; et M. Charnier Pagès, au milieu d'un tumxdte croissant, cite des faits accablants : M. Chappuis, gendre d'un électeur influent, a reçu 960 francs. Ses propriétés sont pourtant situées à 200 mètres au-dessus du ni- Teau de l'inondation. Troii riches propriétaires ont reçu 2,800 fr. pour une perte de 400. Le Centre : Aux voix î aux voix ! " — M. Richond des Baus: ^'M. Qory Floréal dont tous yenez de parler comme ayant été acheté pour mon élection, a signé la protestation dirigée contre moi!" — M. Gaknier Pagès : ** Cela n'est pas vrai, je tiens cette protestatiouj ce nom ne s'y trouve pas." Au milieu

JOUBNAL b'uW tX>MBATTANT

des oriSy deB interpellations qui se croisent, les deux

Députés examinent la, ou plutôt les protestations (car il y eu a deux)> et Eichond des Brus affirme de nouveau que M. Qory, qu'on accuse d'avoir ëté corrompu, a signé la protestation. Au milieu d'un tumulte impossible à décrire, la voix de M. Garmer Pagès fait retentir ces paroles. " Il y a deux Messieurs âory, Fun a reçu Targent, l'autre a protesté. " Ainsi eetté afftdre commencée par la corruption se termine par un mensonge, et M. Richond des Brus est proclamé Député.

Au commencement de la séance suivante, M.

Bichond des Brus a demandé la parole sur le procès verbal : — " M. Charnier Pagès," dit-il, " est libre de refuser de me croire comme de nier l'évidence ; mais les expressions qu'il a employées ne sont pas dans les usages parlementaires, et je suis certain que M. damier Pagès ne refusera pas de retirer le mot mensonge, échappé à l'improvisation." Le Président a déclaré qu'une t^e expression ne devait pas se faire entendre dans la Chambre. M. Garnier-Pagès a demandé qu'on vérifiât les faits. Les cris : à l'ordre, les apostrophes les plus vives, couvrent la voix des orateurs. Le Président, au milieu du tumulte^ dit que cette expression ne pouvait être maintenue. M. Gamier-Pagès déclare qu'il lui est impossible de se rétracter au milieu de telles provocations* IL Bethmont refuse d'obliger un de ses collègues à a'humilier ; M. Durand de Eomorantin réclame l'ordre du joiu ^

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M. Chegaray vent une mamfesftatîon de la Ohambre, M. Odilon Barrot engage la Chambre à se coiitcnf er du blâme infligé par le Président, et M. de la BoohejaeqiieleiiL s'écrie : — £n Toolant foiœr un

de nos collègues à se rétracter, on envenime le ** débat, et ce n'est plus dans cette enceinte qu'il

peut se terminer." La Séance reste suspendue, et l'agitation se calme difficilement^ bien que M. Satizet déclare Vîncident vidé.*

M. O. Barrot, avec cette pompe de langage dont il sait rehausser les accusations qu'il porte, interpelle alors M. Guizot sur TafOure Petit. Ce M. Petit désirait une place de receveur. Son cousin, M. Bertin de Vaux, Pair de France, propriétaire du Journal des Dé^ts, le conduit à M. Génie, Secrétaire du Oihinet de M. Ghiisot : — ^ Ovi a be-

soin/' lui dit M. iSféme, «'d'une place de référen-

daire à la Cour des Comptes ; achetez une démis- " sion, et vous aurez votre recette." — " Mais quel ** rapport ^tie ces deux emplois P. ..." — Que

vous importe PAdressez-YouB à M. . . achetez sa

démission, etvous sereznommé." Muni de lettres de recommendation, M. Petit achète la démission, la dépose entre les mains de M. G^énie. . . . Mais la démiseùm avait été déjà vendue à un autre, et M. Petit se trouve fort heureux de rentrer dans ses

* Le bruit a couru, et il a été démenti, que M. Richond s?ait enToyé un cartel à M. 0«mier.Pagàs. Le Moniteur annonce que MM. Larabit, Carnot, Liadôres et IJa^•iclle ont obtenu des deux honorables adversaireft une déclaration hono» raàle pom tous deux.

fonds. •. . Plus tard, M. Génie demande de non* veau à M. Petit d'acheter une démifision de référendaire. Diverses propositions sont faites, les exigences deviennent plus élevées ; M. Génie met en rapport M. Petit avec d'autres solliciteurs, qui réunissent leurs efforts et leur argent. . . . Cependant " des bruits en courent à sa honte." Le Ministre des Finances nie le fait à la Chambre, et pour qu'il ne manque pas à sa parole, certains soUiciteurSy déjà fonctionnaires, se retirent de l'association. Il ne fiJlaît pas qu'un employé obtînt de l'avancement moyennant finances. JNL Petit, M. Alem restent seuls ; conduits par M. Géniei, ils obtiennent la démission de M. Euffîtult, moyennant pension viagère de 6,000 fr, Yoilà les faits. L'interpellation de M. 0. Barrot portait sur la participation de M. Qxdsot à ces faits, dont les preuves ont d'ailleurs passé sous ses yeux, et il demande tm unê éebUante aatisf action, ou une soient .

nelle expiation" *

l^oua avions déjà vu M. Guizot lutter de dédain

et de mépris contre la gauche, alors qu'il répétait: ''J'ai été à Gaad," au milieu des apostrophes véhémentes que le patriotisme indigné et les plus amers souvenirs arrachaient à la Chambre. M. Guizot a voulu donner une deuxième représentation, mais il n'a pu élever son dédain au dessus

* Il faut d'ailleurs ajouter que ces dcplaccments avaient ur but de placer ou favoriser des créatures du ministère, et . Peyre, député.

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des accnsatioiis précises de corruption articulées contre lui. L* orgueil de cet homme a vainement nssemblé. les débris d'une intègre réputation et sa réponse haineuse, arrogante n'a rien justifié, n a menacé de rejeter sur ses adversaires, comme il l'avait fait à la Chambre des Pairs, la solidarité de ces abus ; il a nié les faits énoncés, il s'est rëjoui de la susceptifailité du pays» et il s'est enfin écrié : — Oe qui se passe devant youb dépasse les limites ordinaires delà justice et de la vérité. . . .Le parti conservateur se trahirait lui-même s'il désertait la cause de la moralité publique. . • .Les bommes qu'il honore de sa eonfianœ ont eu À recueillir un hérî* tage mêlé, bien mêlé. Nous travaillons à l'épurer. Si le parti conservateur n'a pas la confiance que c'est là ce que nous &isons, qu'il nous renverse» qu'il s'adresse à des hommes qui répondent mieux à sa pensée, car sa pensée doit être d'épurer, de moraliser. Mais il a cette confiance. Qu'il se souvienne donc que l'œuvre est à peine commencée, que nous avons besoin de toute notre force. Si le moindre affaiblissement devait nous venir de lui, nous ne délibèrerious pas un seul instant pour nous retirer."

La réplique de M. 0. Barrot ne s'est pas fidt

attendre. — "Après avoir exposé les faits, il me paraît impossible," dit-il, " de sortir do cette alternative; ou de les nier, ou de les fiétrir, ou d'en accepter la responsabilité écrasante. Vous tous

retranchez dans votre orgueil : cela est commode,

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