CHAPITRE V
27 Janyieb UAS.-^Luiûe ëe porte'femUe9.^S!Brr&h$
pronostics*
MM. do Lesseps et de la Bochejacquelen ont chaleureusement appelé l'attention sur le régime des prisons, plus sévère depuis 1839, bien que te -système cellulaire ne soit pas encore appliqué! Puis on est entré dans la lutte des porte- feuilles. Le Centre re&se les réformes ; la Gauche essaie de l'entraîner au nom delà probité politique, et M. de Tocqueville s'écrie Le sentiment précurseur des Révolutions existe dans le pays ; le Gouvemement contribue à accroître le péril, et ce que jts
DS FÉVSIEE.— 27 JAKVIBR 1848.
Toiè dans la ehase qui gouyenie m'inquiète et m'eflBraie. Ce que j'y yois peut s'exprimer d'un
mot : les ntœurs publiques s y altèrent ! " L'orateur examine la démoralisation politique, la substitution des intérêts privés aux sentiments généreux, le mépris des gouyemants causé par la corruption, qui avilit jusqu'aux plus grands fonctionnaires, et il termine pa»r ces inutiles avertissements : — " Ne sentes-yons pas le yent des BéydlutionsF £n présence dé la dégradation des moeurs publiques, est-ce que vous avez un lendemain ? Est-ce que vous savez où en sera la franco dans un an, six mois, un jour F Tout ce que yous savez, c'est que la tempête est & l'horixon. • • • Tous dormez sur un volcan, le danger est réel. Conjurez-le, il est temps, attaquez le mal dans le mal lui-même ; pour Dieu, changez l'esprit du gouyememmtf il vous conduit aux abîmes." Un conseryateur miêi»re%, M. Devienne, riposte alors aux picpantes saillies de M. Ducos, en lardant ses collègues passés à l'Opposition; puis il dit à la Gauche: '^Yousaccusec ''le pouydir de la démoralisation politique ; pour- " tant, c'est vous qui rédigez l'ordre du jour de Topinion publique. C'est l'Opposition qui a toutes les sympathies, parce que le pouvoir c'est ^le maître, et le maître, c'est l'ennemL £st-ce *'que par hasard on ne lit pas vos livres, vos jour. " naux ? Si les mœurs sont corrompues, c'est vous qui en êtes coupables." M. Devienne, avec un afyle vif, mordant, spirituel, passe alofa en rovue
70 JOUBNAL D'UN OOMBATTAUT
les alliés de 1a Cbiuchey les ennemis de la religioD, les détraoteiiTB de la propriété, les romanoieni
de l'histoire, les apologistes de la Convention, les
utopistes de Tégalité Interrompu par M. Léon
de MalleyiUe : — fié 1 mon Dieu, tout le monde sait que les Samt-Simoniens sont ministériels/' M. Devienne atteste la droiture, la pureté des mœurs, fait l'éloge de la loi électorale qui l'a fait nommer Député^ de la majorité qui yoïe avec lui, accuse FOpposition d'avoir yoabi intimider la Chambre, et proteste que les Bornes ne bougeront pas.
M. Billault reprend et développe, avec son talent ordinaire, la thèse de M. De Tooqaerille. Il signale le fardeau des exigences électorales, et lit cette lettre, adressée à un Député trop bienveillant : — Espacez nos sollicitations ; il faut prendre son *' temps pour des demandes de ce genre. Quand wne
n' aurez pkis rien à demander pour vos électeurs, ils " seront bien près cVétre ingrats.'^ M. Billault rappelle tous les faits de corruption dévoilés depuis un an, les dénégations ministérielles démenties par les fkits, Paffidre Petit, et il termine ainsi : — Bi tous "aviez de longues années devant vous, je pourrais " vous comprendre. Mais il peut naître telle cir- ««oonstance, où la main qui a porté le fardeau des " affidres publiques, oesserait de le soutenir. Pour- " riez- vous faire face aux circonstances ? Oseriezr- "vous faire appel à la Garde Nationale P
Membres de là majorité, vous dites» en parlant des
ministres, sur une question de moralité : nous n*
DE FÉVBIBB.— 28 JANYIBK 1848. 71
pouvons les renverser, cela oompromettrait la ^ tnation I sur une question étrangère, cela com-
**|MP0ill©ttrait la paix du inonde ! sur une question ^Ultérieure, cela pousserait à la réforme. Soit, ^' gardez-les I Mais prenez bien garde de ne pouvoir m gouverner ni soutenir un Gouvernement. Sur
une question de moralité, en présence d'éventua- " lités prochaines, notre devoir était de vous donner ^' un avis. A vous maintenant d'aviser
CHAPITKK VI.
28 jAKVixa 1848.— ^i^M dibatê parlemênimret.
En réponse à M. Janvier, MM. F. De Lasteyrie «t liéon de MaUeviUe haroèlent le Ministère, etee dernier orateur s'écrie : — Le pontife suprAme du
parti Conservateur s'est trouvé mêlé à d'indignes ^ tripotages. Vous niez P Est-oe que vous pouvez ^mex les lettres qui ont passé sous vos yeuxf ^ Allez, vous avez beau vous déclarer satisfieuts, ''le pays vous estime assez pour ne pas you& '* croire?"
Le Ministère ne pouvait plus reculer ; M.Héb6rt a pris la parole. H s'est plaint hautement de toutes
ces accusations, la plupart vieillies : — " On a tramformé,'' dit-il, " k Ministre de la Justice en vrai
" Juge étInsirueHan. J^ai faiê de nambreueee en-
" ftiétee, et /eee croire que pereonne ne réeueera nm parole d'honnête homme et de Magistrat . ..." M. E. DE GiBARDiN : — "Je demande la ^roU'*
(Ezolamation).
72 louBHAXi o^uir oombattant
M. Hébert : — " Je répète que personne ne dou*
iera de ma parole d'honnête homme Peut-être
ja-t^ilqnalqa'im qui croît ayoir à se plaindre de raoûomplissefiieiit de mes deymrs de Magistrat, malgré les séductions et les menaces. • • , Je vais vous dire ce qui s'est passé . • • . La Qiambie » oompris alo» qu'un débat fer^ B(mnA allait s'engager. Elle a Êdtr silence, crai-^ gnant de perdre un mot de ce duel scandaleux entre le froid et arrogant ministre et son haineux adTersaîre. M* Hébert, interrompant son discours, raippdfe ks deux proeès intentés par lui à laPtvm et au Commerce y alors que ces journaux essayaient «me nouvelle combinaison de publicité que les tn^ hmm, déelarèrent nécessiter deux g^érants et deux oautionnemeats, comme constituant deux journaux séparés. Il s'agissait de publier un supplément auqud. on pùt s'abonner séparément. — ''Sur ces ^^e niroflui tes,'' dit le nonistare de la Justice, 'Vag»- **i8Ât, dans lesbuieaux de la Obmîbte, la diseu». " sion de l'Adresse. Le même membre qui vient de demander la parole, me donna sa voix, et je fiui afpelé à rhonneur de passer la soizée cbev '*lui. . . . Jefiaeependant mon devoir. La Prêêse " fut condamnée. Puis M. lïébert continue à se disculper du reproche de partialité élevé par AL >L.. 4e MaUeville au sujet des affîûiee . Lecdaie^ Bénier, Waraery, de Jussieu et Petit. H répri» mande les violences de l'opposition, et lui conseille plus de modération. " Ges attaque^i^ ces violenoes
D£ FÊYBIEB.— 28 JANVIEB 73
''retomberont sur elle, et elle s'entendra dire: ^Sabis la loi que tu as &ite ! "
La "fois, tremblante de colère : — L'autre jour,'' dit M. De Girardin, on vous parlait du Tartufe " de religion, du Tartufe de probité. Il y a aussi
le Tartufe de justice 1" Le Président, au miUeù des cris â tordre, enjoint à Forateur de s'expliquer, et l'orateur répond : — "Je qualifie ainsi ceux qui
traitent de calomnie des faits qu'ils savent être "réela, ceux qui, sous une firasse raideur, cachent ^ une fausse impartialité." Vn violent débat s'éta^ blit entre le Président, Torateur, rappelé à l'ordre, et le Centre. M. E. de Girardin annonce qu*il va nconter des âtits, et la Chambre redevirait sîlen- «îease. H eommence par repousser ke insinuations du Ministre, le défie do citer des menaces, se moque des tentatives de séduction que M. Hébert a eru apeffoevoir dans une invitation, et se retournant vers feMnii0lre:----^yoQSave3i^'' lui dit^il, ^^pour- •* suivi la Presse à outrance, et vous avea laiséê
paraître un autre journal sans cautionnement I
M. JQùÊBERT : — Ce m'eei pas exatê?*
H. E. DE 6iR AUBIN : — Tous Tavex poursuivi,
sur ma dénonciation dix fois répétée ! Et cette ^'rigidité envers un journal, vous la dépouillez pour d'autres. Le BUéék fait depuis un an ce que ^ lit iVm» voulait finie, et vous n'osea poursaivre.''
M. Hébert : — " Cela tiest pas vrai.** ' M. E. DE GiBARDiN : — " M. le Garde-des-Sceaux, ^ avec cette urbanité qui le caractérisey me dit :—
uiyiii^ca L/y GoOglc
74 1017BNAL D^mr OOHBATTAIIT
" Ce n'est pas vraî. — Je réponds : Cela est vrai ; le Siècle seul coûte 48 francs ; avec le Muaée Litté- **rmre, il en. coûte 60. Cela est clair «fe net! Hais passons à d'antres fidts. J'avais dît qu'on avait voulu acheter 1,200,000 francs un projet de ^''loi. Le Gouvernement a traité cela d'ineptie.
Youlez-Yous savoir les noms des maîtres de poste ? '* (Le Centre : * Aux voix I aux voix I ') Ce sont " MM. Dailly, David, Faucher et Duclos ; le projet a "été passé dans le Cabinet de M^. Joux. (Le Centre: ''Aux voix! anxvoixl) Et si je prouvais que M*. *^ le Gazde-des-Sceaux a eu connaissance des fidts " relatifs au troisième Théâtre Lyrique. Le notaire ''qui achetait pour ce théâtre le Cirque Olym- " piqne était oUigé^ pour avoir Fargent nécessaire^ de vendre sa ckarge. H présenta son snocessenr "à la Chancellerie. On fit ks objections les plus graves. M. le Garde-des-Sceaux ne voulait pas de "suoceBseuTy lorsque..... un fonctionnaire alla à la V GhanceUerie, et fit si bien que le successeur de ^ M. Morin fut nommé. M. nébcrt dit n'avoir " nen su ; je ne lui dirai pas : Ce n'est pas vrai, ^mais: Ce n'est pas rigoureusement exact." M. Hébert essaie de se disculper ; affirme qu'il n'était pas encore Ministre lorsque ces faits se sont passés. M. de Girardin reprend la parole, et, malgré les damem du Centre, parvient à faire entendre ces mots : — Il y a plusieurs expressions pour dire : " H corrompt il n'y en a qu'une pour dire : " Il •ment." — "J'atteste de nouveau que M. Hébeit
DE PÉVRIEB. — 29 JANVIER 1848. 75
" était Ministre lorsque M. Legendre succéda à «M. Morin!"
Yonv Toyez, mon ami^ où desoeDd la représentation nationale. On ne discute pas Torganisation intérieure de Tétat^ les rapports des Communes et da pouToir central, le contrôle des finances pobliqncBy rédnoation morale de la nation. Non, on discute la probité, la loyauté personmlle de nos gouvernants, et, des réputations jusqu'à ce jour intactet» il reste à peine le souvenir I En vain M. Dnfirare a voulu faire reprendre à la discussion sa portée politique. Les passions qui agitaient la Chambre la rendaient inattentive ; on attendait impatiemment le moment de voter. L'amendement de M. Billault, qui blâmait les fiêneeiea exempiei donnés au pays par les hommes du pouvoir, a été rejeté. M. de Lamartine a demandé la remise de la discussion au lendemain. Le Centre exigeait qu'il pBûAkt de suite pour nBpmperdrê un moment . . • • Après vingt minutes de clameurs et de tumulte, li Président lève la séance. >