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CHAPITRE VIL

29 Jakvieb 1848. — Discours helliqueux de M, do LamairHno wr la NaiUmalUé Italienne,

' Les abords du palais Bourbon étaient assiégés de curieux, malgré le dégel et la pluie. Les tribunes étaient combles longtemps araiil l'ouverture de la séance. Les étrangers^ les darnes^ les provin-

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ciaux se disputaient les places, et la Chambre ellemême était plus nombreuse encore que les jours précédents.

M. de Lamartine a proneiicéy d'mie voix faible

d^abord, à peine perceptible, un discours où son magique talent se fait sentir, sans doute, mais qui a néanmoins déçu respéranoe popiulaire. L'auteur des Oir&fiâins, parlant de V Italie et du Pape ! On attendait quelque chose de grand et de nouveau peut-être. M. de Lamartine a touIu parler à la Chambie, se reetrdndre au possible» et son discours a causé une yéritable déception. Pourtant il a fait preuve de tact en ne prodiguant pas ses palpitantes apostrophes, en refoulant ses aspirations, en repliant ses ailes à cette tribune des élus du cens. Les harangues du tribun électrisent le Ibrum; elles seraient au-dessus de ces intelligences bourgeoises qui dédaignent autant Tidéal que Tayenir, et le discours de M. de Lamartine, pour être plus positif, ^us actuel que ses discours de Màcon, (m) n^en éclipse pas moins ceux de la plupart des orateurs. Oserai-je l'analyser, le dénaturer F C'est à regret que je m'y résigne.

Il raconte d'abord les mouvements de 18^0 réfrénés par les baïonnettes autrichiennes, l'avènement de Pie ÏK, les espérances qui l'ont salué. Mais il ne peut partager ses espérances. — &i du ** combat,'' dit-il, " était sorti im homme, le dra^

peau de l'Italie fédérale d'une main, le drapeau ^ du progrès dans l'autre ; s'il avait héroïquement

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^< rallié autoat de lui toutes les forées pour rappekir

" ritalie à l'indépendance, le monde à la ferveur "que mérite la cause de la liberté et de Témanci- " patkm ; cet Homme, phénomène de rhistoire» eût «'soulevé des sympathies unanimes pour la sainte ** cause de la liberté. Il ne Ta pas osé, et vous « avez concouru à lui ôter ce courage. Il s'est ^'contenté d'être un Pape guelfe et d'extirper quelques-lins des abus de son gouyemement. Et " pourtant, sorti du conclave en prononçant le mot de liberté, que les éclios du Capitole avaient si longtemps oublié, le Pontife fut intronisé par les ** bras de tout un peuple. L'Italie tressaillit !•../* L'orateur examine la politique de la France Badicale: elle devrait rallier les mécontents du monde entier, se mettre à la tête de cette colonne incendiaire et prendre la responsabilité du sang qu'on eût fait répandre en Italie et dans toute l'Europe. Constitutionnelle, la France pouvait encourager les Italiens à s'unir, promettre de les 'protéger, et attendre les circonstances. Bétrograde, la France s'alliait à ses ennemis naturels pour opprimer ses amis, ses alliés. •* Telle a été votre conduite, et elle mérite toute notre indignation ! "

lei se place une analyse pressante, accablante, des dépêches mîmstérîelles, où *'le Gouvernement ** de la France, do la Révolution, de la fraternité, et de l'indépendance dans le monde, caractérise de diimérique et dangereuse cette régénération de l'Italie, dont elle a si souvent renoutelé depuis

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*' trente ans le témoignage et le martyre ! " La Bestauratîon avait offert son appui aux Italiena^ s'ib voulaient remplacer la Oonstitution démocra*

tique de Cadix par la Charte de Louis XVIII, et le Gouvernement de Juillet abandonne le Pape, et traite de perturbatems les che& de raristocratib et les prédicateurs de rîndépendance. Bévolutionnaires ! ce Toscan qui vante le gouvernement du Grand-Duc Léopold, cet Archevêque de Milan, vieillard de quatre-vingts ans^ qui proteste en chaire contre les assassinats des satellites autrichiens^ ce Comte Borromeo, possesseur do 500,000 livres de rente, et qui affronte les vengeances de VAquila Ori/agna, au point de déposer publiquement l'ordre de la Toison d'Or, souillé du sang de ses compatriotes. Vous les calomniez pour les abandonner.

L'orateur fait la courtoisie à M. Guizot de le croire au fond d'un libéralisme sincère^ respectant les idées et ne les craignant pas. — ^'D^oii vient done qu'il abandonne l'Italie, qu'il menace la Suisse ? Une peut douter que la nationalité italienne ne soit vivante ; la race italienne ne s'est pas mélangée avec ■es oppresseurs; les poignards, les plombs de Yenise, les souterrains du Spielbcrg n'ont éteint aucun souvenir, aucune espérance ; la langue est toujours pure. H suffit d'avoir vu un jour cette magnifique Italie pour sentir cette dernière pulsation qui annonce l'existence d'un peuple, quand on l'a désarmé comme l'arme de la nature et de Dieu qu'on n% peut briser dans ses mains! Ahl oomprenes cette

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fraisianoe des nationalités, alliez-Tons à FItalie, à

la Suisse, et vous ne craindrez rien des avalanches du Nord. Respectez les traités signés par la Proyidence et ratifiés par la nation ! Yotre alliance arec les puissances du Nord date des mariages espagnols ; mais rappelez- vous la chute du Directoire ! Ne mentez pas à votre origine, ne reniez pas vos principes on vous êtes perdus !

'^n TOUS a ûdlu dire en Suisse que le Sonderbnnd était national, et la Diète révolutionnaire. La Prance est devenue gibeline à Rome, autrichienue à Turin, russe à Varsovie. La France, mentant à ses afieotions, a plaqué son oreille à la porte des Oabinets étrangers ! J'ai dû prémunir la Chambre, le pays et l'Italie contre votre politique L • • .Quant à Tindépendance de l'Italie, je la vote avec le oflsar et les mains de laFrance. Espérez, crierai-je aux Italiens qui Teulent réaliser la fédération du Midi contre le despotisme du Nord. Espérez ! Sous lo Gouvememeut de la France, il j a la France qui salue avec l'ivresse d'ime sainte joie le drapeau de la régénération italienne !" (n)

M. Guizot a répondu sans oser avouer hautement sa politique rétrograde, mais sans éviter néanmoins ces déclarations impopulaires qui blessent, irritent et scandalisent toujours dans sa bouche les sympathies nationales. Ainsi, il s'est plu à répéter ses éloges à la modération de l'Autriche, à la bonne 9olonéé de Mettemidi ; et^ comme la Gauche se contenait mme, pour mieux la brayeri il a£Eeotait de

80 JpTJ9NA^ d'un CX^AIX^T :

vanter les traités de 1815, hase de Vordre européen et que la France a acceptés. — Dites que tous les ares tmbia" s'écrie M. Thieia. M. Ghdssot a maintenu ses paroles, tancé vertement la politique révolutionnaire de M. de Lamartine, taxé d'ignorancQ profonde et d'impudence qualifiée, tonte pen9(Se de changer le Statu quo,^ déclare qu'il ne cxtagodst rien pour la politique du Juste-Milieu^ ni du dedans» m du dehors F ■ . '

M. Mangnin, jadis orateor» n'a pu se ùin .écouter. . . •

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