CHAPITRE XUL
15 F£tbi£B 184S. — Cimwd é^u» pairioU. — loiiiêê' dknU, Ua (mvrierê ^agitmt, — Brmti â^imwneeHtm m
Italie,
Voici, mon cher Auguste (n), des renseignements impubliables tels quels^ nuds dont tu peux tirer Iiarti pour ÏEckmrewr.
Les patriotes affluaient au oonToi de Oanssidière
père, l'un des employés de la Réforme. Us témoignaient leur sympathie pour l'affliction du fils de
100 KfOÏÏBML a^UK mtMVTêm
oedéAiMiirda peuple, déjà si onielleniflnt éprouvé
par les persécutions que lui avait attirées son dé- Youemeat pitriotique* La foule recufiiUie auivait le Mttige esoovt^. sonreHlé» par k tmpe wom Um amm. La Polioe ne glissait dans ka langs. TTae fleur, signe de reconnaissance, se distribuait en échangeant une parole, un getike, pour ne paa riaqiwr de domier la jnain à nn momAatd.
J'avais emprunté un uniforme de garde m^icmal pour avoir le droit de suivre jusqu'au cimetière si, comme on en était menacé, le po«y<Hr, toi^ovrs iaqmt» tei j o Ma méocntent de oea témoignagea. publics qui ne loi sont pas adieaséa» ùÀaait disperser la foule.
On a'entretieBËt des événements présents ^de ceû qpB Fen aent piroehea. L'initation» qui
depuis un mois s'augmentait à chaque découverte d'une malversation de haut fonctionnaire, à chaque lefiia de &îie justice de quelque abus de pouToir, semblait prda d'écbteir et de défier le gouverne^ ment de s'opposer au banquet où ron devait réclamer la réforme électorale. — " Qui est-ce qui connaît Louis Blanc F'' demande-t-on dans la foule. " Qui pourrait se cbarger de lui dire que ** nous sommes nombreux et dévoués ; prêts à " défendre les droits du peiq;de et à nous mettre à la disposition des hommes qu'il a ehmsis pour ses représentants^ et qui serrent d'orgaiieB à ses réclamations. Nous suivrons les députés au " banquet» et nous aeroas là pour les défandrc^ si
m vtvsiBB.«-lff vÈmssL 1848. 101
l'on envoie contre eux la polioe et la forœ " brutale.". . . .
' Ses jemiM gm^ étmdkntey mrrieÉB, plarieim iwvêtn de Ptmillonue de garde nationaly se demandaient comment correspondre avec les chefs ?. . . .
Moi, connu de Louis Blanc et des rédacteurs de la Réjbrmê, je fhs chargé de transmettre à l'histariea de Juillet cet hommage de oonfianee de la fiart de ces jeunes gens.
Louis Blanc (o), comme ta penses, s'est montré satis&it de osa énatipqQttB dispoeitkniB de la jeumesse et du peu^dte.
L'insurrection de Naples et de Sicile est très sérieuse» et a» en Italie, plus de retentissement qu'ea ne le Tondrait au Tnikries. Je n*ai pdnt encore détaib : ce que je sais fort \Ataif c'est que, à Turin, les portraits de M. Guizot ainsi que les exemplaires de son discours du 28 Janvier dernier ont été brûlés en place publique, et que, en même temps, chacun lisait avec enthomiasme le discours prononcé le lendemain par M. de Lamartine, discours traduit par la Concordûi, et publié en supplément par ce JoumaL
102 mmsAL jfm amBATTAior
mu
GHAPITRË XIV.
16 FéYRiKa 1S4S. — L'offitctUon au^fmente,^Opimon de LamenncM sur la rémtance, — Dîseunùm dédêio^ m$ MMi de la réwnim êoeiaUHe,^^Opmia» de Bierre Ler<m» sur le mowmêeni eteur êe§ euUeê pouiMeê. —
JPhilipjpe Mmre fOuHent le principe de la résistance I et ran^e à son avis la réunion.
Tu es inquiet de Pierre et de Desages, mon cher Auguste. Kassure la famille, je les ai vus. . . «
Tu ne peaz f imaginer la fermentation des esprits. On s'inquiète, on murmure, on s'agite. Le pouvoir rît et menace. Il médite de s'opposer au banquet du Douzième.
S'il lefûty il en résnltero de grayes érénemeotsw Pins de soixante députés doivent se rendre à ee banquet. Les pairs de la Gauche, d'Althon Shee, de Boissy, de la Moskowa, et plusieurs autres se proposent de se joindre à ces eourageux doutés ; ils sraont suivis des principaux rédacteurs des journaux de l'opposition, delà jeunesse des écoles, des ouvriers intelligents et patriotes, de la légion du Douzième* • • •
Odilon Barrot aurait, dit-on, annoncé qu'il ne voulait s'y rendre, lui et son opposition dynastique^ qu'autant que Ledru-Eollin s'abstiendrait d'y paraître. Ledru» pour ne point £edre manquer cette démonstration, aurait consenti à s'abstenir : —"Mais à une condition," aurait-il ajouté ; " voilà
la troisième fois» M. Odilon Barrot» que vous me
DB FÉVBIBR. — ^16 FÊVBIXB 1848. 108
** joues im pareil tour. Yous alrasez de ma con- *' descendance ; mais cette fois, vous marcherez,
ou je vom lâche par le% jambes trois mMe indmdm ** qui voue firont courir pkte vite que voue ne
tevouâret.**
J'ai été voir Lamennais. " Si ce conflit," lui ai-je dit, " fait renoncer nos chefs à se réunir au
Banquet éleotoialF. • • — Alors, le droit de ** réunion vous sera enlevé, et avec celui-là tons ** les autres. ... et il ne vous restera aucun moyen
de réclamer, de conserver aucun droit ! " — " Hais si les députés, les ohefii de Toppositiosi
s'abstiemirat tous, la jeunease de toute condition ** ne peut-elle s'assembler au lieu du banquet, et *^ protester en faveur du droit de réunion électo-
raleP"— ''On Tcms opposera la force armée. • •
Que faire? faut-il alors marcher au risque des ** événements ?
Lamennais jeta un regard de tristesse sur sa débile personne, perdue dans sa vieUle redingote noire, et sur ses pauTres petits pieds frissonnants dans ses pantoufles, appuyés sur les chenets : — " Je ne puis vous donner de conseil, car je ne puis
marcher le premier.''— AI0189 j'inteiprète
votre silence ; je penserai que vous marohez en ** avant, et je vous suivrai comme mon chef ! "
Nom avons eu hier soir, je devrais dire cette mdt» une réunion. Je ne t'aurais pas voulu là» parce que je sais trop bien quel parti tu aurais conseillé d'adopter. Voici ce qui s'est passé :
IM JOUBNAL Vfm CCfMBJLT£AW£
On s'était donné lendez-yous dans une maison destinée à être démolie, et déjà abandonnée des loeataires. Tu te n^^IIes nos Cours; mais les anoMDS oeirtrea de oea réanions étnent des pahia auprès de la grande chambre nue, délabrée, et mal éclairée où nous étions toua rassemblés. On ne se rayait pas, mais on échangeait de TÎTea intov pellationa et la disciMMdon a^animait.
— " Resterons -nous spectateurs de la lutte qui " va s'engager F" demandait Tun. — " Mais," disait on antre, jawa^t-ilimelutteF tona lea dépotés
s'abstiennent, ainsi qne tous les hommes in- ^* fluents." — " C'est à nous," répondais-je, **de ré- " clamer au nom du droit attaqué. — •* Ce serait" dit H, • • ''une émente de la Bourgeoisie.'' — — '' Ooi, mais si nirasiiaiis en ]iiâiDii% il en sortira
une Révolution !"
Tu Yois à quel ton on était monté. Edouard H.... qni, depms ton départ dirige généralemenà lee imvanx, insiste sur la néoosstté de diseater à fond
ce point important, à savoir quelle conduite nous devons tenir nous, socialistes religieux, dana la eiroonstanoe. On se tait, on écoute ; H. . • • dé- Teloppe son opinicm. H est pour la non résistance absolue. (J'ai su depuis qu'il s'était entretenu avant la séance avec une personne très connue de toi» et que ta vas voir paraitn toiil-âul'heiae.) Selon Ivif c^est ponr nous un principe de ne point nous mêler encore à la politique active ; il expose tous les périls^ tontes les ohanees funestes d'une
D£ Févsiss. — 16 sÉYBm 1848. 1Û5
l»Ke iaégal^ à laqurile m n'eitt poinl ptéptai et dont le tnooda, si douteux, n'amènera pioMble-
ment aucue réforme salutaire. Il termine à peu 'près aina. : — £11 fin, nous sommea une élite, nous ^poctonBeniiouBlaMdarayeDir; nouflaonmiea le germe du Progrès, devona^BOia «xpoaor, om» promettre tout cela !
Parlez pour vous," lui .eiiai*je» moi je ne ma 4mia pas ai pBéeianx." Et j'alhîa eoiUâniiM'; maia à Faïaira beat de la salle, un homme prend la parole, et dès les premiert mots captive l'attention. Sa voix grave et aoomtaée ne' m'était pas inoonime ; l'euaeiiiUe de aa physionomie-— je ne pouvais avec mes mauvais yeux distinguer ses traits — me rappelait un souvenir oonfua. U appuie l'opinion de Tabstention, mais aveo nne fcioe de logique^ une pnissanoe^ vne &cilité d'élocutîon qui nous impressionnent tons. Je n* ai pas sténographié son discours; en voici pourtant la fiubstanoe:—'' Sachons, chers amis» qui noua sommes et ee que noua voulona. Si nous étiona> avant tout, des hommes p(ditîqnes, nous n'aurions point & discuter ici ; notre rôle serait marqué d'avance dans la résistance qui se prépare ; maïs si nous sommas ka hommea de Viïé^ les sarvitsnm d'une ''doctrine» notre devoir est aujourdlrai ce qu'il " était hier; il consiste à enseigner, à propager ce " que nous croyons la vérité. Notre idée de soli- '' darité, la théorie d'organisation vraiment répn- ** Uioaine qui en découle est bien au fond des évé^-
106 jrouBNAL d'un oombattast
^'nfloieiiti aetoels; mais je n'ai pas besoiii de toqs
" dire que ce ne sont pas nos principes qui font agir les hommes de l'opposition. Loin de là, s'ils ^'piMmiaat nous eatendro ici, s'ils se dootaieQtqiM ^'dfls Soeialiities songent & les siayre, oela suffirait " certainement pour les empêcher de marcher. Et ''dès à présent, penseo-TOiis que nous BO&ospoDa "foat nea dans les tergivmatioiis de oas am1)i« " tieux ? Agiter pour pousser leurs chefs au minis- " tère, pour faire tomber Ghiizot et Duchâtel, cela '' leur irait, sans doute; mais si leur agitation devait émouvoir jusqu'au Peuple; si, oomme on le dilait " tout-à-l'heure, leur émeute devait donner nais- '* sance à une Kévolution, ils seraient les premiers '' à se repentir» et à tout faire pour restaurer la ''monarchie avec le prmier mctarque venu. Et " le Gouvernement le sait bien ; il compte plus sur " leurs craintes que sur ses soldats et sur ses canons. '' U ranemUe à grand Imit seami^rens de d飫^ '' mais tout bas il fidt dire auzebefii del'oppositioii: ** — * Prenez garde ; la société est minée par les " 'mauvaises doctrines ; si vous êtes véritablement '' 'amis de Tordre, Inen loin de vous tourner contre " 'le ministère, agissez aveo lui, afin de déKvrer la " ' France des Socialistes.' — Vous vous indignez " des hésitations d'Odilon Barrot et de ses amis, " sojez persuadés qu'elles n'ont pas d'autres motift " que ceux que je dis. Oeoî d'ailleurs vous explique " la conduite du pouvoir. Pourquoi les poursuites "contre CabetP Pourquoi les persécutions déjà
m vivBiER.— 16 FÉVBiBs 1848. 107
<'o(uim«iie^ contre nos ainisP Flourquoi l'ordre
" avait- il été donné de nous arrêter à Limoges si nous ''nous rendions au banquet ? (p) On espérait une ma-
nifiBBtatkmhoetUe^aalieadelafêtereligirafleqiiia
ea lieày et Pon s'était préparé, nous en aTÎons reçu " Favis, à faire des arrestations en masse et un grand
procès. M. Dachâtel n'avait-il pas dit : — * Il est <<< temps d'agir contre ces dootiines; antranent " 'nous aurons bientôt donise millions de Oorama- " * nistes/ — Croyez- vous, amis, que si la Bour-
geoisie était aussi bien renseignée à œt égard que " M. Duohâtel» nn seul de ses oheb, un seul même ''de ses jonmaUstes, fût-il répnblicain comme on *' l'est au National f voulût marcher devant vous P
Non, n'imaginez pas cela. On agitera^ on mettra
tout en train ; puis le moment -ram, tous seres " laissés seuls en face dn danger. Nos amis seront " tués, massacrés, on en arrêtera des multitudes " pour £Eâie le procès-monstre dont on a besoin ; '' ety en apprenant les opinions des accusésy yob ^ chefs de la veUle seront les premiers à applaudir "au triomphe du gouvemement. Ne faites rien
avec de pareils alliés. Laissez les Bourgeois ré« '' entre eux knrs différends. S'ils tous Toient
entrer derrière eux dans la lutte, ils se retir e r o nt
et vous serez écrasés. En somme, selon moi, c'est " une St.-Barthélemi qu'on prépare — une St.-Bar- " thélemi du Peuple. Mais j'admete rautre hypo-
thèse: que la Tictoirevienne à l'insurrection. £h' " bien^ dans cette supposition, je ne vois point de
70inurAL d'on oombattamt
mobidnt daiigers. Le Peuple aura Taiiiea, ma»
" qui profitera de sa victoire P Ce n'est point vous, ce n'est pas le Peuple, ce n'est pas la cause du Petqde^ oe sera oette fraction de la Boargeoide qui iMige le NatUmàl et qui partage les sentie
** ments de cette feuille. Ne les connaissez- vous
''pas, ces Républicaina-là F Ne savez-vous pas eomme ils détestoit tentes les id^ qui nom sont
'* ehères P comme ils ont peur de ces idées ? Ah !
" les plus grands ennemis du Peuple et du Socia-
« lisme, ce ne sont pas ceux qui sont au pouYoiry oe aont ceux qui y arrivearaient. Yoioidoiiioltia
*' conclnsion : Notre devoir comme doctrine s'ac-
** corde avec notre vraie politique pour la nonintervention : restons ce que nous sommes^ des hooiBMa youës à l'idéaL Oontinuons à prooMer
" par la voie du Progrès, par le travail lent et certain de rassociation» par la propagande, non par une action réTolntionnaixe infailliblement suivie d'une rfoction. L'emploi de la force d'ailleurs est si contradictoire avec nos principes que nous
" ne devrions y recourir qu'à la dernière extrémité. Fussions-nous même aujouxd'liui réduits à cette
« dernière extrémité, il ne nous restmit que le martyre ; car nous ne saurions combattre, n'ayant point avec nous de soldats, c'est-à-dire d'hommes
* ' transibnnés par nos idées et résolus à les déf^idie.
" Beaucoup ont été sollicités, ébranlés, c'est déjà un immense résultat ; attendez pour agir qu'un plus grand nombre adopte nos principes, et ne
PB ¥ÉnaaL—l6 févuir 1848. 109
** oomprameMes pas Vwsmét pour ywàoii trop tôt
" le rendre présent ! "
L'orateur dominait noa amifl ; je le sentais ; je les vis tous ébraaliéa ; jmsqiie tensy oonvaineas» dlaient se retirer. Neos laissioiis ainsi le ehamp
libre au pouvoir. Plein encore de mon entretien du matin ayec Lamennais, je les interpolai à non tour; je Um peignis l'état où noos allions tonber, prrrés de. tont metym de réolamatimi Comment, leur dis-je, former des associations, si l'on ne peut se réunir et s'entendre même pour le eheix d'un dépoté P Quelle propagande possible^ si rennepents'éelairer, se soutenir mutndknieni f ** 8*îl suffit au pouvoir, pour obtenir le silence de " la résignation, de sappnmer un droit consacré par la Ohartei et d'opposer la foroe tunitale^ la forée armée à une protestation pacifique P Où ** en serons-nous alors ?. . . . En ce moment de crise, s'abstenir, rester inactif, céder à Tarbi* ^< traire» n'est«ce pas se xendra eompKoe de l'injns- ** tàœ ? (q) s'ôter jusqu'au droit de se plaindre, de " se défendre ? On nous parle de doctrine, le moyen de chercher en la vérité, si la liberté
" de réunion nous est absolument xaftnée P La Bcorgecnfiie, nous dit-on, onant les Socialistes. " Personne n'en doute ! Mais que nous font les terreurs de la Bourgeoisie P Au-dessus de toutes Iss classes, il y a le droit. Qr le droit est attaqué. ''La Bourgeoisie le sent aussi bien i]['ue nous» Si uu reste de dignité la dispose à la résistance.
110 roUBNAL D'UN OOMAAXXANT
àffmohmmB lui refoier notre ^ppoi» notre ooncours ; quand œ ooneours même peut nous Atre
*' un puissant moyen de la pousser en avant? Elle yifie àim changement de porte- feuilles, elle agite dflnBlebutdemetteàlaphcedeGiiiiotdMitelle ne Teut plus, Molë ou peut-être Odilon Barrot ; agitons avec elle, et, à la place de Louis PhilippCi nous aurons la EépaUiqiie I. • • • Erreur, Taine illnsiony noua objecte-t-on ; ces g«na-là voqb ** laisseront seuls en face du danger ; vous serez " écrasés. Pour moi je ne puis le croire ; ils sont *^ trop engagés déjà ; mais qmmd même novs devrions être lâchement abandonnés, noasdevons " à la France, nous devons à nos idées de progrès, " nous devons à nous-mêmes de protester contre l'attentat qui se prépare. Oui t résister à cet " attentat» ce n'est pas nn aofo de parti, nn de ces actes dont on peut toujours discuter la conve- " nanoe et l'opportunité, c'est xm devoib, ! Et si la " £*rance était déchue à ce point qu'un tel abus *^ de pouvoir dût passer sans autre protestation que la mienne, je protesterai seul ! . . . . Mais on . va plus loin ; on suppose que le combat ait lieu et qu'il nous donne la victoire: dans ce cas même» ^ nous dit-on, tout est à craindre encore^ car le pou- ** voir tombera aux mains d'hommes à qui les idées de progrès sont odieuses. Je réponds: Oui, ces hommes seront à craindre, s'ils font «Mt^hiBévo- " lution ; mais si nous luttons avec eux, si nous marchons en avant pendant 1^ lutte» ne pouyons-
DB VÈVBOM. — ^16 FÉVBIXR IStô. 111
Bons poufiser en ayant la yiotoiieP Si ces hommes
sont un danger, combien ce danger sera-t-il plus " grand s'ils âont seuls au gouvernement P Com-
battons donc ayeo euxaujoud'liui afia d'avoir
demain le droit de les diriger, de les reprendre, ** s'ils font mal ; de les encourager, de les soutenir, " s'ils avancent ; de les remplacer, s'ils reculent. Le
citoyen qui vient de parler disait en terminant
que nous avions avec nous trop peu d'hommes ;
il s'en présentera ; ils surgiront de tous côtés : ** marchons, nous serons suivis. Toute la France 'Vist lasse du régime aotueL Quelque soit celui que
nous mettions en place, nous serons approuvés,
soutenus de tous. II n'est besoin d'être ni républi- ** eam, ni homme de progrès pour être dégoûté des " oorruptbms dont nous sommes témoins depuis tant "d'années. La vue de ses actes honteux met toutes " les sympathies de notre côté. Jamais moment
plus opportun ne se présentera. Le parti conser- " vatear est en désarroi» toutes les opinions sont en '^confusion; au milieu de leurs luttes, si nous *' savons agir à temps, nous disposerons de tout,
nous entraînerons tout le monde, et alors quel " champ» quel vaste horizon pour les hommes de
l'avenir. H n'y a pas de progrès qu'on ne puisse ** attendre d'un pareil mouvement. Où, en effet,
im peuple arraché tout à coup à une si longue " et si honteuse, léthargie ne peut-il être entraîné f .
A nous de devancer le torrent à la course» à nous
de maintenir le flot soulevé, de préserver notre
11^ JOUBNAL D'UN OOMBàTtAm
fliiste eme des exoès qui ne doiTait point la
" souiller ni la compromettre. Tout nous porte à nous joiiulre au mouyement. Si nous nous ahrte» mm, nous abandonncniB nos denuèies Ubextés, nous donnons libre oarrièie à tons Iob abus, à " toutes les iniquités du régime actuel ; prenons part à la résistance et nous arrachons la France à ce régime odieux, et noneenfontcmsie mondB " entier dans la voie du Progrès. Oui, citoyens, " tout m'en donne Teapoir !• • • • nous atteindrons notre bot ; le but aaqad nous avonatoos consaoré notre TÎe ; et nous veifona kdre sur la I^anee, " le règne de JusHoe et de Vérité, , /'
Je m'arrêtai, étonné moi-même d'avoir parlé si longtemps J'étais animé, encouragé par les mur* mnres approbateus d'Edmond, de «m frère Obarilm
de M , de D , de B , de Célestin
P , de J , et de plusieurs de nos vieux
amis placés ptès de moi. Je eœtw à la fin qae je remportais et que ions on presque tons s'étaient rangés à mon avis.
On se forme eu groupes, on continue à s'entretenir ohakmeiiseBMnt. Un jeme homme anÎTO jusqu'à moi, me prend amioalement la main,, • • . c'est Luc Desages.
Je ne Tavais pas reconnu de loin, à la lueur 'vacillante de la chandelle placée sur Tétahli de mendsier qui neos servait de table»
— Vous ici ! depuis quand donc à Paris P et sans doute cet homme giave^ imposant» qui vient
DB rÉTRisK. — 17 wtvjaxB, 1848. 113
*' de parler, c'est Pierre. Ah ! si j'avais su ! et moi qui me suis pennis de le combattre publique- '•ment."
I^allai lui ftiie mes ox eaB OB >— Pouiquoi dcDO
m'a-t-il répondu avec une charmante bonhomie.
Nous ne sommes pas du même avis, voilà *'toat. Yous TaTOB emporté; oda devait être,
c'est ropinicm de la jeunesse; mais quel sera le *' résultat P"
J'ai été touché de sa bonté^indulgente. Ce n'est pas à mon âge que je me serais permis de contredire ainsi un homme de cette importance et de ce caractère, et dans une assemblée ! Maudite vue basse qui ne me permet de rien reconnaître à deux pas. £t pourtant» lorsque je pense à quoi tiennent souvent les plus décisives déterminations, je suis tente de me féliciter de n'avoir pas reconnu Pierre Leroux.