CHAPITRE XVI
19 FÉVRIER 1848. — Evénements d'Italie,'^ Oraison Jun^e tP O* Cannelle faiie à Not/re'Ikms fwt Lacor* daùre.'^JBanqueê CathoUgue à VJSiôUil Lambert,— iBr^^atiJs du Gauvememeni et de TOppoeitkm.
[Le "Journal d'un Combattant" présenta à cette date une lacune ooe nous remplÎMons en citant l'artide ■uTia^ toit par Pavixvb KoLAND, d'apfiès le* nofeM que Philippe enwjidt de Pme à VBMr6ur,1
" Les signes d'iui grand changement se pressent en
Europe.
La Révolution sicilienne a marclié. Le 12 Janvier, jour de la fête du roi, le peuple de Païenne s'était
insurgé, après avoir annoncé qu'il prendrait les armes si à ce moment-là les réformes auxquelles il aspirait n'étaient pas accordées.
Le 13, dès sept heures du matin, le tocsin appelait ans arme» la popuUlioii, et le bniit de la fusillade se élisait entendre. De temps en temps, dans la direction du palais, retentissaient des décharges d'artiUerie ; des groupes de (quinze à "vingt individus, armés de fusils de chasse, de sabres, de cannes à épée, et dirigés par des jeunes gens bien mis, parcouraient la ville aux cris de *'Vive Ferdinand II!" "Vive la Constitution de 1812!" A partir de ce jour, Pinsuirection ne fit que s'étendre et se fortifier. Après ime série de combats souvent meurtriers, l'autorité du gouvernement ayant tout à fait cessé d'être reconnue dans la ville, il s'est étabU par la force des choses une eiq^ce d'oi^iaiiiflatioii de ce çnoid soulèvement»
Le 15, îl a été institué différents comités auxquels les insurgés n'ont pas cessé d'obéir depuis : 1* comité de la défense de la ville, présidé par le prince Paatelleria ; 2* comité des finanees, présidé par le maïqnis de Radini; 8* emnité des approtidoonementB, présidé par le préteur de la ville, marquis de flpadeiatfco ; 4« comité des affaires d'Etat, présidé par le maréchal de camp en retraite Don Ruggero Sottimo, homme capable et jouissant d'une grande popularité. Parmi les mem- -farea les ph» iofloents de ces oomité^ on a distingué pirticuUècement MM. Stabila et Scaglia, le premier» négociant, le seeond, avocat.
Depuis le commencement de l'insurrection, les troupes royales n'ont pas cessé d'occuper 1^ positions suivantes : le palais royal, où se trouve le lieutenant du roi en Sicile ; le fot de CasteUamarey les easmea du Môle, la prison, située entra le Môle et la ville ; k palais des &iances sur la plaee de la Marine, an bas de la me de Tolède, et les casernes qui avoisinent le palais royal. Ces troupes furent renforcées par un corps de 6,000 hommes porté 6ur une escadre de neuf frégates à vapeur que le roi fit partir en toute hâte de Naples, et qui arrivèrent devant Palerme dans la journée du 16, à quatre heures de raprès-midi. Après un séjour de 24 heures, le comte d'Aquila, frère du roi, est reparti pour Naples avec deux de ces bâtiments ; deux auti*es bâtiments ont été détachés de l'escadre dans la journée du 17, et il est resté cinq frégates en vue de la ville.
Dès la nuit du 13 au 14 Janvier, le Ibvt de Castdlamm lançait des houlsts et des bombes sur la ville, quoiqu'il n*y eût encore eu que des engagements partiels et peu meurtriers entre les troupes et les insurgés.
120 aOUBNAL B'UN OOMSATIAKT
Aucun hyjBf auoim ngnal n'a^t aniumeè à k partie inoffeiinye de la populatioii le danger qui la menaçait, aucun délai n'aTait été accordé aux diTera cousuIb pour
avertir et pour mettre en sûreté leurs nationaux.
Les Palermitains se sont battus pendant cinq jours ; les Tapeurs en même temps que les forts ont bombardé la yiUe pendant floixante-douw heures. Les babttanta de Païenne l'oDi emporté. Lee troupes royales ont été
défaites.
Saleme s'est réyoltée le 17. L'insurrection s'est répandue dans les campagnes environnantes. La Ciq[)itanate, la terre d'Otcante» les Ahmsaes et la Calafaresont insurgées, dit^on.
Lorsque le roi de Naples eut appris la \'ictoire des Palermitains et les progrès de l'insurrection, il se décida à faire des concessions. Cinq décrets royaux furent publiés par le Journal des Deua-Sieile». Bs promettaient une amnistie, ils confimiaient la séparation administratiTe et judiciaire des Deux-Siciks, oomme Favaieut demandé les Habitants de Palerme. Par ces décrets la liberté de la presse était accordée moyennant les restrictions qui existent à Home, en Toscane et en Sardaigne. Les eommimes étaient émancipées ; elles devaient administrer éDes-mèmes leurs biens et élire leurs magis^ trats. Les conseils provinciaux, dont les actes seraient désormais rendus publics par la voie de la presse, avîiient à élire un comité de confiance pour administrer les biens de la province conjointement avec l'intendant.
Les Consultes de Naples et de Sioile recevaient le pouvoir législatif en ce sens que leur avis était indispensable pour la confection des lois et règlements, pour la formation des tan& de douanes, la conclusion des
DS FÉVBIBB. — ^19 VÊVBIXBL 1848. 121
tndiès de oonuamé, Tadoptioii de te«te mesuie finm. dèn, et la p rè i entation de oeitamt projet! mînktèride su eonseil des ministres. Enfin, la compositîon de la Consulte générale des deux royaumes était fixée ainsi que modifiée.
Le gouTemement napoUtaia espérait que mb oonoe»nom cahnenient VeSemaoeaioe générale en flatttftôaaot les esprits. Son. attente a été déçue. Les déerets royaux ont été déchirés aussitôt qu'affichés à Naples ; ses concessions ont été refusées par les Siciliens. Le Marquis de Spadelatto, préteur de la ville de Païenne, a répondu an nom du peiiple eida eomîté an lientenaat du roi en oes termes :
Le eomité, fidèle interprète de la ftnne résohitîon ** du peuple, ne peut que persister dans les idées déjà " transmises à votre excellence par mon intermédiaire, *^ à savoir, que les annes ne seront déposées, que les hostilités ne seront suspendues, que korsqua la Sieik, réunie à Palerme en parlement, adaptera à notre époque la oonstitntion que notre pays a possédée ** depuis plusieurs siècles, qui a été réformée en 1812 *' sous l'influence de la Grande Bretagne, et qui a été confirmée implicitement par le décret royal du ''11 Décembre 1B46."
n parait que les oonoessionsfidtesQnpentrop tard par Ferdinand de Naples, auraient satîsfidt les populations, il y a quelques mois. C'est bien différent aujourd'hui. On a été jusqu'à refuser l'amnistie accordé par ce monarque. Au milieu de l'irritation actuelle et du soulèvement général, queUe solution sera donnée par ka éyéneBMDts à tontes ces difficultés ? La réTolution ne .semble pas de nature à être &cilement comprimée.
JOTJBNAL 0*UN OOMBATIAIIT
QnelqvM oornupondanoes Tenues d'au-delà des MontI, la reprèseoteat eamme scniTemiiie. Paknne a on
gcmyemement prcmaoïre, et ses habitants olBreat Taspeet d'une multitude enthousiaste et armée pour la défense de ses droits. Malgré le calme apparent de la population napolitaine, le roi, inquiet sur ses dispositions, a demandé au eommandaat du fort Saint £lme a'fl powait compter sur k gamiaon. Le commandant a r^Madu en envoyant sa démission.
On assurait à Toulon, le 6 de ce mois (Fé^Tier), que l'ordre avait été donné à une division navale française de se lendie dans les eaux de Naples ; le eontre'«miral Tréhouart devait en prendre le eomniaiiâemeiit
Le danger était devenu tellement pressant pour le roi de Naples, qu'il n'avait plus qu'à quitter le pays ou à accorder à ses sujets de larges concessions. C'est, comme on le pense, ce dernier parti qu'il a pris. Il a promis une oonstîtiitioii calquée sur la GSharte française; il a renvoyé se» miniatres, et il a fbtmé un nouveau ministère composé d*lkommes ayant des idées libérales. Les insurc^és de Païenne se sont rendus complètement maîtres de la ville. Les troupes royales ont signé un armistice et se sont retirées à plusieurs milles dans la plaine. Messine et quelques autres villes importantes ont imité le mouvement de Païenne. Les ncuveUes de Naples ont produit dans toute l'Italie une proftmde sensation.
En, France, l'agitation se remarque jusqu'au aem des vieux eultea.
Au moment où, par le Vote du ^dosème paragraphe
de- l'Adresse, la Ch nnbre des Dépotés allait immoler sur l'Autel de la Peur, l'une des dernières libertés que
DB rtvBixB. — 19 vÉmnssL 1848. 128
naoB ait léguées la BéTolndoii, Ycki œ qui se paaaaii à une autre extrémité de Paris. Ce n'était plus clans
un palais législatif qu'avait lieu la scène, c'était dans une église ; la tribune s'était transfonuée en chaire. Cette chaire sert à un enseignement religieux, ce saut des fidèles soumis qui se pressent à TeatouTt non des adTersaires prêts à la discussion, non des hommes délégués par la natûm pour défendre et assurer ses droits ; de plus, l'orateur est un de ces moines Dominicains qui furent jadis les inventeurs de la Sainte Inquisition. Là, non plus qu'au Palais-Bourbon, sans doute, on ne rappellera donc les véritables prineipes révolutionnaires.
Restons pourtant ; car ce Dominicain, c'est YM)k Lacordaire, celui qui jadis, avec un autre ministre catholique, écrivant le journal V Avenir, avait arboré pour épigraphe les mots Dx£U et ljl Liberté !
De quoi sera-t-£L question d'ailleurs ? Une oraison funèbre doit être pcononoée ; le liéros de ce panégyrique, c'est 0*Connell, le libérateur, Vagttatetir de r Irlande, le défenseur d'une secte opprimée, l'homme enûn qui, pendant une longue vie, fut en Angleterre le promoteur, le chef de ces rcimions publiques qu'on veut aigourd'hui interdire à la France. A tous les mérites ordinaires de T^oquenoe incontestable de M. Lacordaire se joindra dans cette circonstance un mérite d' à-propos, fort rare dans les discours des organes des religions du passé.
L'auditoire est plus intéressant eneore que le prédîeateur; aussi nous nous occuperons du public bien plus que du discours. Nous pourrions d'ailleurs être d'un arô contraire à celui du Deminicam, Sans doute.
JOURNAL d'un OOHBATXANT
BOUS n'apprècierans pas de la même manière que Im
les feits et gestes du héros Irlandais, non plus que nous ne prenons dans Bossuet nos jugements sur les personnages historiques. L'oraison funèbre est flatteuse de ea nature ; ce n'est paa pour elle que fiit inventée cette maxime : On ne doU ans wtorU ^ne la vMU,
Mais essayons, a^ant de rendre compte de ce qtd se passe à Notre-Dame, de dire un peu ce que nous pensons de cette figure d'O'Connell, grandie outre mesure par les hommes de son parti.
Instrument de la Providence, mais instrument im- ' parfidt et aveugle, O'Conndl, tout en Tonlant l'affiranchissement des catholiques d'Irlande et le rétablissement de la nationalité irlandaise, ne sut jamais s'élever aux grands principes de la liberté, de la fraternité et de régalité humaines. Né par hasard dans une secte opprimée» il youlut raffiranchissement de cette secte, mais sans s'inquiéter de la liberté de toutes. Il n'eût, que nous croyons, serré cordialement la main ni d'un Juif ni d'un Idolâtre ; et, s'il eût été maître, à leur tour les Catholiques irlandais auraient opprimé les protestants, leur redemandant œil pour ceil, dent pour dent. Pas un seul de ses actes, pas un seul de ses discours n'indiquent qu'il senttt le Heu fraternel qtd unit tous les hommes entre eux, et ses paroles de haine ont longtemps poursuivi les révolutionnaires de France. Enfin, issu de race bourgeoise, l'esprit de l'inégalité fbt son lot ; et, dans l'aristocratique Angleterre, il ne commit jamais cette inconvenanoe d'avancer qu'un àomme est l'égal d'un autre homme, dans quelque rang que les ait fiût nattre le sort (yConnéll est jugé pour BOUS. Homme du passé, il ne tenta, n'accomplit que
DX WtVBXBM.— 19 FânoBE 1848. 125
des (Dame du passé. Il peut être» sons certains ttnj^ ports, un héros naU&fMÎ; îl ne sera jamais un des héros
de l'HuMANiTÉ. Or les nationalités ont fini leur temps, Tère de THumaniié est commencée.
Mais retoumoos à rassemblée de Notre-Dame. Cest le 10 de oe mois qu^a eu lieu cette solennité. L'homme auquel s'adressait particnlièrement du haut de la chaire le nouveau Bossuet, oe n'était ni Louis XIV, ni même le duc d'Orléans; c'était im mince avocat de Dublin, M. John O'Connell, pour la tête duquel se trouve bien un peu large la couronne civique que lui a léguée son père. ^MêÊâe obUge l En yertu de ce dicton, et par droit d'hérédité, M. John O'Conneîll se croit condamné à défendre enTors et contre tous les sectaires catholiques de la verte Erin, aussi bien que de demander avec acharnement le rappel {repeal)^ et une foule d'autres niaiseries, qui, amusant les Irlandais par un vain leurre, leur £ont négliger leurs intérêts TéritaUes. M. John O'Connell siégeait au hanc-d'œuvre, en compagnie de quelques auditeurs privilégiés ; puis venait le comte d'Appony, ambassadeur d'Autriche ; Tévêque de St.- Flour, qui présidait la cérémonie en l'absence de Monseigneur Affi-e, retenu chez lui par la grippe. La même indisposition avait éloigné M. de Montalembert, et, parmi les fidèles, plus d'un oeil égaré cherchait dea. yeux ce coryphée du chœur catholique.
Comme le dernier coup de midi retentissait à l'horloge de la cathédrale, un murmure qui parcourut l'assemblée annonça l' arrivée du prédicateur. Tous les regards étaient fixés sur la chaire avec une avide curiosité. L'àbhé Lacordaire, revêtu du costume de Dominicain, gravissait lentement les degrés, en a'appuyant sur la
126 JOUBNAL d'un œMBATTAKT
balnstcade. La pâleur de son visage, le son affiiibli de fla Toix aux pramim moto qu'il prononça, xéyélèrent Falténiiaii de m saaté. L'Olmlre prédîcateiir n'estpas encore Ternis d'tme affection de poitrine qui, pendant longtemps, Ta tenu éloigné de la chaire. Mais bientôt l'orateur a vaincu le malade, et c'est à grands traits, dans un style nu^^nifique, et avec une éloquence bien sapérieoie an si^et, que M. Laoocdaîie a fiiit le panégyrique de Voj/iMem.
La cérémonie s'est terminée par une quête en faveur des pauvres catholiques d'Irlande. On n'a point parlé ' des pauvres, catholiques aussi pourtant, bombardés à Païenne psx le roi très eatboHqiie de Naples.
Tant qu'a duré le discoors, l'attention de FassemUée ne s'est pas un instant démentie. MaÎB si, au sortir de l'église, quelques catholiques fervents se félicitaient dévotement, il était facile, à l'audition des phrases entrecoupées qu'on saisissait au passage, de reconnaître que la nia|ciire partie du publie était oon^poaée d'artistes, de Httémteurs, de journalistes, Tenus là oomme à un iq>ectad[e, à un exercice UttéTaîre, ou bien tout simplement pour voir où en est la doctrine, la philosophie du catholicisme. Une partie du groupe catholique, les gros bonnets, parmi lesquels M. Lacordaire, se rendit chez M. le prinee Caartoiydd, à l'hôtel Lambert, où ami été préparé un banquet offisrt à Jobn O'Comiell par les deux comités de la liberté religieuse et des secours pour l'Irlande.
Les honneurs de ce banquet étaient faits par M. de Vatimesnil, yiœ-président du eomité de la liberté religieuse, et par M. le prince CzartoryskL L'areherêque aivait accepté l'inTitBtion d'y proidre part ; et ne pou-
ywat a^y vendre» il i^teît iût reaphoer par IL de ki BoiiiDerie^ TÎceiie général dn dioeèie ^ Panoî
les convives, on remarquait M. le duc d'Harcourt, M. le marquis Barthélémy, M. le vicomte d'Andigné, pairs de France ; ia Chambre des Députés était représentée par M. le marquis de la Roohejacquelem, M. le comte de Cinié» M. Ckpier» M. lemarqiik de laGuiehe» M. Pei^ telie, H. de Falkniz. Beaucoup d'atairea pefaotmea de distînetioii étaient là : M. de Cormenin, M. de Champagny, M. Lenormant, de l'Iiistitut, M. de Kergorlay, noms fameux entre tous dans le parti catholique.
Certes, cette (ttiôsoii fimèbre, oe banqnet pooxraie&t donner lieu à de namfarenaea ffiriimM, avr rorataor, snrlesiijet du diaconrs, sur une aasemUée qtd, on. ne salirait le nier, soit lorsqu'elle commcuçait au sein de la cathédrale, soit lorsqu'elle se terminait au milieu des gracieuses magniiiceoces de l'hôtel Lambert, était forte* ment empreinte à'rm canolèie politî^pe. Nms novacontenterana d'uu aeule lemasqne. Cette révnloii, Mte en commémoratioii et pour aînai dize aooB l'inTOcation de Thonmie des banquets et des meetings, n'a-teUe pas l'air d'ime maligne épigramme ? Nos ministres auraient pu la défendre, comme ils ont défendu le banquet du r>Q««i^ft aczondissement ; ils auraient aimé peut-être à se rendre coupables de ce nouvel acte d'arbitraire ; l'éloquence parfois révolutîonnaîre du moine dominicaîn ne leur conyient guère plus que ne le ferait celle d'un S t. -François d'Assises; mais ils craignent les foudres de l'Eglise bien plus que les colères du peuple, ou même de ce corps électoral, qui leur envoie une Chambre ai &eile à eati^re. Que les CathoUquea se rassurent sur la portée du Tote du lOème paragraphe.
128 JOmSÀL I>!UN OaMBATTAMT
le» lob ne peimnt Im attdMbe, abrités qu'ils sont pnr le respect qu'inspire le clergé à im présideiit du conseil né protestant, mais fort ami des choses du passé. Cest
là ce qui sera respecté en eux ; cela, et non la liberté à laquelle^ dans l'état de dissolution où sont tombés aujourd'hui tous les cultes officiels de TEurope^ les seetes nouvelles devient aToir droite tout ttussi bien que cdles qui puisent dans un long passé leur raison d'tee.
Si le parti cathohque agite à sa manière, les autres partis n'agitent pas moins. La fsnnentation des esprits paraît anÎTée au dernier terme.
8it6t après k vote de l'Adresse» M. Enile de Glrarâin» député de la Creuse^ a envoyé à la CSiambre sa démission ainsi conçue :
" 14 révTier 1848.
Monsieur le président,
^ Entre la majorité intolérante et la mijoritl incon.* <*4iéquentey il n'y a pas de place poor qui ne wmpteûA ^ pas : le Pouvoir sans l'initiative et le progrès, TOppo-
sition sans la vigueur et la logique. J'attendrai les " élections générales. J'ai l'honneur d'être, monsieur le préflident» votre très humble et très obéissant serviteur,
Ekilb ds QimâxdxsJ*
Le Banquet du Douzième arrondissement aura lieu demain» Dimanche, 20 Février.
La Chutette de JVoims annonce que le comîté oigani-* sateur de ce banquet, comité formé de MM. Alfred
Mathey, Vemet, et A. Isambert, a décidé qu'il aurait lieu, non au Mont-Pamasse, mais à Paris, dans une propriété particulière, vaste terrain dos que M. le générai Thiars, député, possède aux Cbam|is Elysées ;
DB WÈnOMBL — 19 FÉVSIB 1848. 129
e'est là que les ouvriers travaillent en ce moment à construire un grand paviUen. Le Bamquet se eompoeera
de souscripteurs et d'adhérents.
Le même journal assure que rartillerie de Vincenncs sera toute attelée Dimanche, dès dix heures du matin ; et qu'un approvisionnement de mmgu Mi i â cartofuékes par liomme vient d'être frit dans les casernes de la garde municipale et dans eélles de la troupe de la garnison.
Le Constitutionnel annonce que l'on faitmarcher des troupes sur Paris ; il évalue de 60 à 80 mille hommes les forces que Ton peut y concentrer rapidement en employant les dmains de 1er.
Le CbumsT Jhmçietf dit qu'il y a en Mardi danuer ime grande réumon des cmnmiasaires de police de Paris.
La Méforme du 17 contient les lignes suivantes: — ** Nous avons dit que les casernes et les forts recevaient un approvisionnement extraordinaire. Outre les munitions et les vivres, on distribue aux régiments des haches, ainsi que des pioches et des pelles, soit ^ pour élever des retranchements, soit pour démolir les ** barrieades.''
Ainsi, en dépit des avertissements de l' histoire et des conseils de l'Humanité, le pouvoir se prépare à remploi de la force brutale. " Il est/' disait M. Guizot, des armes dangereuses !" Que M. Guizot se souvienne et qa*il prenne - garde."