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JOU&MAL D'UN OÛMBATIAST

Bans le &uboiirg Saint-Honoré» l'émeiite a'omne AMIS les eharges des dragons^ qui, le aabre an

fourreau, balaient la chaussée sans regarder les trottoirs. Les barrières de l'Etoile^ du Boule, de Oouroellea sont brûlées. Dans la grande avemie» les chakes aont amonoelées sur la "cbausiée par les gamins sans armes, qui se dispersent sous les charges pour se reformer aussitôt. Les gardes nmmcîpaiix les nuJtraiteiity les blessent sans les décourager. Oea malheureux enfimia sautent à la bride des chevaux ; un d'entre eux a la main coupée d'un coup de sabre, entoure le moignon d'un mouchoir, s'éloigne un moment et zeTÎent derrière la barricade jusqu'à ce que les forces l'abandonnent. Ils enlèvent le drapeau du Panorama,, courent au poste Yoisin, abandonné par la Ligne, lepoussls un moment par la garde mnm<p cipale, ils l'obligent bientôt à s'enfermer dans le poste, accumulent autour le bois destiné au chauffiige, et y mettent le feu. • • • Un détachement du 36ème de Ligne accourt l'arme au bras. Lesinsnrgés se précipitent au devant, criant : — "Vive la Ligne !" embrassant les sapeurs, se pendant à la selle du Commandant ; et les soldats dégagent le poste sans avoir à frapper ; mais aussitôt les gardes muniei^ paux se jettent sur les pauvres enfants : malheur à qui ne peut les éviter 1

Le poste du Qixque Olympique est pris et farûlé^ enprésMiee d'un bataillon de la Ligne, Tameau pied. On assure que les gardes municipaux de ce poste ont été fusillés par les insurgés !• • • •

m vÉTBXMi.~22 rtvsin 1848. 1S7

Pendant une partie de la nuit, l'émeute dispute le premier arrondisfiement aux troupes et à la garde municipala. Des feux de bivouac illuminent tous ces quartiers ; et là se cbauffent successivement les deux partis. Jusqu'à ce moment, les insurgés n'ont point d'armes. ...

{Minuit.)

La gauche a demandé la mise en accusation du ministère. Qu'importe ! Les Députés du centre ne sont lien pour nous» • • • MM. De Boissy^D'AlihoQ Shee, d'Hatcourt, n'ont pu se £Edie entendre à la Chambre des Pairs.

Le rappel de la garde nationale a battu ce soir. Peu d'hommes j répondent, et ce sont des Républicains. Les boutiquiers ne veulent pas se battre pour Louis-Philippe. La Ligne ne tirera quo si la garde nationale la conduit. ... On a enfoncé les boutiques de Lepage, de Devisme ; les fiosils sont démontés; jusqu'à ce moment nous manquons d'armes. Pourtant, les barricades s'élèvent dans les quartiers de rH6tel-de-Yille, des rues Sa^t-Dems, Saint-Martin, et Montmartre. • • •

Devant l'Ecole PolTteobniquey les ctis du peuple appelant l'Ecole au secours, ont amené une charge à la bayonnette. La 12ème Légion a mis en fuit© le colonel Lavocat au cri de Yiyela Béforme I "

Id8 JOURNAL ]>*UK OOMBATTANT

CHAFIT&B XX.

23 FÉTSiEB 1848. — Mercredi, midi.

Les 4oole8 ne desoenclent pas en masse ; mais de

moment en moment des étudiants et des ouvriers du faubourg Saint-Marceau descendent dans la idlle. On se bat dans tout le centre» Porte Saint- Denis» me de Oléry, me neuve Saint-Eustaclie, me du Cadran, rue du Petit Carreau, rue Montmartre, rue Mauconseil, rue Vieille-du-Temple, Des barricades sont élevées. On se défend avec acharnement iBontre la garde municipale. Les blouses sont admirables d'énergie, de sang-froid, de résolution. Dans les rues Saint-Denis, Saint-Martin, et dans toutes les petites mes qui les coupent» les barricades» disputées avec rage aux gardes municipaux» sont abandonnées devant la Ligne et relevées un moment après. Quelques gardes nationaux se mêlent aux combattants. ous pressons la 12ème Légion (quartier du Panthéon) de se mettre à notre tête. Dans les autres quartiers le rappel bat ; ici, on sait bien que le rappel ne réunirait que des insurgés. Les officiers hésitent ; pourtant il &ut se hâter ; on égorge nos frères !. . . . Malheur! la pluie tombe à torrents : le temps est doux» mais les averses se isuccèdent sans întermption.

(Deux heures.)

Le comiNit a repris malgré l'oiage. Place des

Petits Pères, la 3ème Légion a formé le carré devant les charges de cuirassiers et de chasseurs. Des

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piquets se portent sur le quartier Montmartre. La cavaleriey comme Tinfauterie de Ligne, les salue et 80 retire derant eux* L'armée est paasive presciiie partout. ... La 12ème Légion yeut se rassembler; les officiers sont cliez le maire, demandant Tautorisation de faire battre le rappel. La population ^impatiente» beaucoup descendent vers Paris. En Tain les ponts sont gardés. La Ligne laisse pai^ ser les combattants.

{DÙB heureê du «otr.)

Le combat a été sanglant entre les boulevards et les quais. On a &it marcher la Ligne pour

appuyer la garde municipale. Les soldats, pour la plupart, tirent en Tair, après avoir crié de fermer les fenêtres ; mais les insurgés ripostent avec fureur» et l'irritation oommenoe à gagner l'armée. Au marché des Innocents, à Saint- Méry, le canon a grondé ; la mitraille a écrasé les insurgés; les barricades ont été prises et reprises: les rues sont teintes de sang. Les uniformes de gardes nationaux sont devenus plus nombreux derrière les barricades ; des armes ont été données aux insurgés ; des Tivres» des secours de toute espèce leur sont prodigués. Le courage et la modération de tous ces combattants soulagent un peu le cœur des commerçants.

Les officien républicains de la 12ème Légion ont fait battre le rappel sans ordres supérieurs. Les gardes nationaux^ séparés du Peuple par la

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Ligne sur la place du Fànthéon» n'ea ont pas moins

crié : " Vive la Réforme ! "A bas Guizot ! " Le colonel Lavocat veut se dire réformiste, lui, le traitxe de Juin 1832, lui, le Tendu des Qobelins, Iniy l'ami de Eiesolii t Les apostrophes les plus violentes, les menaces Font fait reculer ; et, pour éviter les bayonnettes de sa Légion^ il a dû fuin Alors» la garde nationale a paioonra les faubourgs Saint-Jacques et Saint-Maroeau, suivie par le Peuple et par les quelques étudiants qui persistaient à les attendre. En quelques instants tout était sur pied« La Ligne stationnait toujours l'arme au pied, sur la place du Panthéon. L'avis du changement dô Ministère est survenu. On voulait douter d'abord. Les Journaux du soir sont arrivés. Sur les interpellations de H. Yavin» M. Ghiizot a déclaré que le comte Molé était aux Toileries, et il a ajouté! *' Jusqu'au moment où nous aurons résigné nos " pouvoirs, nous maintiendrons l'ordre, selon notre ''conscience» comme tum Pavané JkU /uêqu'à ce On apprend alors qu^une foule de gardes nationaux ont porté aux Tuileries et à la Chambre le vœu général de Faris, et que ces manifestations pacifiques, mais empreintes de fermeté, ont épouvanté le roi ! MM. Billault, Bnfaure, fxmt être ministres. Pourtant, M. Guizot est toujours au ministère.... Les gardes nationaux se retirent avec tristesse, craignant d'êtras joués. Lea étudiants et lePeuple se portent vers la Seine : arrivés à la place Maubert, quelques décharges de la garde muuici-

DE rtVtJMR. — 2^ FÉVBŒ 1848. 141

pale lepomteDt oette finile iiwnmM» miis. aans

aimes, et qui se croit d'ailleurs sûre de la Réforme!

Pour résumer cette journée, il faut rendre hom« mageàrhératmedesTm Eux»eiixfl0al% ont lepomBé oette féiooe gaxde mankipale, qui par* tout s'est vengée par des atrocités de la haine que lui porte la population. Entre les boulevards et les quais» Paris est coupé do quinze en quinze pas pav de formidaUes bankades, et lo Peuple voille dans les maisons voisines. La nouvelle du changement de ministère a répandu le mécontentement parmi les combattants. C'est un Uon sie^pim résultat pour tant do vîetimesl. • • • La garde natioBalo s'est dispersée, la Ligne est rentrée dans ses casernes, dans la plupart des quartiers. Est-ce ime tràToP.... Est-œ le triomphe du goumneaBientf

{Onze heures et demie du soir.)

Le tocsin !• • • • la réserve maroihesur Paris, (xj

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