VERS DOKKS DI^S PYTHAGORICIENS
TRADUITS EN VERS EUMOLPIQUES rRANÇAlS PAB
FaBEE-D' OlI VET.* "
** Rends aux Dieux immortels le culte consacré ;
Garde ensuite ta foi : révère la mémoire Des Héros bieniaiteun, des Esphts deaii-Dieuz.
* Les vers dorés de Pifthagore, expliqué», et traihiitê pour la première fois en vers eumolpiques français : précédés (Vnn Discours êur Venence et lafonne de la poésie^ chez les principaux peupleê dû
FABBB-D*OLXt£T.
FUBIFICAXIOir.
" Sois bon fils, frère Juste, époux tendre et bon père. Choisis pour ton ami, 1 ami de la vertu ; Cède à ses doux oonadls» instruis-toi par sa \ie, Et pour un tort léger ne le quitte jamais ; Si tu le peux du moins : car une loi sévère Attache la Puissance à la Nécessite.
Il t'est donné pouitaiit de combattre et de vaincre Tes folles passions ; apprends à les dompter. Sois sobre, actif et chaste ; évite la colère. T!n public, en secret no te x>crmets jamais Kien de mAl ; et surtout respecte-toi toi-mCme.
" Ne parle et n'agis point sans avoir réfléchi.
Sois juste. Souviens-toi qu'un pouvoir invincible Ordomie de mourir ; que les biens, les honneurs Pacilement acquis, sont faciles à perdre.
Et quant aux maux qu'entraîne avec soi le Destin, Juge-les ce qu'ils sont : supporte-les ; et tâche, Autant que tu pourras, d'en adoucir les traits : Les Dieux, aux plus cruels, n'ont pas livré les sages.
«< Comme la Vérité, l'Erreur a ses amants :
Le philosophe approuve, ou blâme avec prudence ; Et si l'Erreur triomphe, il s'éloigne ; il attend. Ecoute, et grave bien en ton cœur mes paroles ; Ferme l'œil et l'oreille à la prévention ; Crains Texeinple d'autrui ; pense d'après toi-même : Consulte, délibère, et choisis librement, liaisse les Ibux agir et sans but et sans cause. Tu doij> dans le piébcut, contempler l'avenir.
Ce que tu ne sais pas, ne prétends point le âlze.
Instruis-toi ; tout s'accorde i\ la constance, au temps.
Veille sur ta sauté : dispense avec mesure,
Au corps les aliments, à l'esprit le repos.
Trop ou trop peu de soins sont à fuir ; car l'envie,
A l'un et l'autre excès, s'attache également.
Le luxe et l'avarice ont des suites semblables.
H faut choisir en tout, xm milieu juste et bon.
la Terre, adressé à la eUtSêe de la lAingue et de la Littérature françaises et à celle d'Histoire et de Littérature ancienne de Vinstitut impérial de France : par Fabre-d'Olivet. Avec cette épigraphe : Je vais parler au Sage : éloignez les pn^luei*" (tws de Pvthagore tonaenré par Stobé^ Seno. 89.) Paru, 1918*
AFFXHDIOZ.
P£B£SCIION.
" Dès l'instant du réveil, examine avec calme. Ce qu'il te reste à fietire et qu'il faut accomplir.
** Que jamais le sommeil ne ferme ta paupière, Sans t'être demandé : Qu'ai-je omis ? Qu'ai-ie fait i Si c'est mal, abstiens-toi : si c'est bien, persévère. Médite mes conaesU ; aûne-Ies ; suis-les tous :
Aux divines vertus ils sauront te conduire.
J'en jure par Celui qui grava dans nos cœurs La Tét&adb Sac&êe, immense et pur symbole, Sonxce de la Nature, et modèle des Dieux.
Mais qu'avant tout, ton âme, à son devoir fidèle, Invoque avec ferveur ces Dieux, dont les secours Peuvent seuls achever tes (cuvres commencées. Instruit par eux, alors rien ne t'abusera :
Des dtres différents tu sonderas Tessenee ; Tu comnaStras de Tout le principe et la fin.
Tu sauras, si le Ciel le veut, que la Nature, Semblable en toute chose, est la même en tout lieu : En sorte qu'éclairé sur tes droits yéritables, Ton eœur de vains désirs ne se repaîtra plus. Tu verras que les maux qui dévorent les hommes. Sont le fruit de leur choix ; et que ces malheureux Cherchent loin d'eux les biens dont ils portent la source. Peu savent être heureux : Jouets des passions, Tour à tour ballottés par des vagues contraires, Sur une mer sans rive, ils roulent, aveuglés, Sans pouvoir résister ni céder à l'orage.
" Dieu ! vous les sauveriez en dessillant leurs veux. . . . Mais non ; c'est aux Humains, dont la Baoe est cuvine, A discerner l'Erreur, à voir la Vérité, La Nature les sert. Toi qui l'as pénétrée, TTftmmo gage, homme lieureux, respire dans le port. Mfus observe mes lois, en t' abstenant des choses Que ton âme doit craindre, en les distinguant bien ; i&i laissant sur le corps r^ier l'intelligence : Afin que, t'élevaut dans rjBtlier radieux, An sein des Immortels, tu sois un Dieu toi-même I "
Ces vers contiennent l'exposé d'une doctrine que Fabred'Olivet considérait comme basée sur toute la science antique, et qu'il a cherché à servir toute sa vie sans la dévoiler entière* ment. Voici en quels termes il raconte lui-même les immenses travaux auxquels il fat conduit par l'étude de cette doctrine.
fabsb-b'oliyet.
Les extraits suivants sont tirés de VBkU Social de FHammêf ourrage en deux -volumes publié deux ans arant sa mort.
" Je me dis : Puisque le Sépher de Moïse, qui contient la cosmogonie de cet homme célèbre, est évidemment le fruit d'iui génie très élevéi conduit par une inspiiation divine, il ne peut contenir que des principes Trais. Si ce génie a quelquefois ené, ce ne peut être que dans renchaînement des conséquences, en franchissant des idées intermédiaires, ou en rapportant à une certaine cause des etfets qui appartenaient à l'autre ; mais ces erreurs légères, qui tiennent souvent à la promptitude de l'élocution et à l'éclat des images, ne font rien à la vérité fondamentale, qui est l'âme de ses écrits, et qui doit se trouver essentiellement identique dans tous les livres sacrés des nations, émanés comme le sien de la source unique et féconde d'où découle toute Téiité. Si cela ne parait pas ainsi, c'est que le Sépher, composé dans une langue depuis long-temps ignorée ou perdue, n'est plus entendu, et que SCS traducteurs en ont volontairement ou inyolontaire* meut dénaturé ou perverti le sens.
** Après avoir foit ce raisonnement, je passai de suite à son api>lication. J'examinai de toute la force dont j'étais capable ITiébreu du Sépher, et je ne tardai pas à voir, comme je l'ai dit ailleurs, qu'il n'était pas rendu dans les traductions vulgaires, et que MolûM ne disait presque pas \m mot en hébreu de ce qu'on lui fiiisait dire en grec ou en latin.
" Il est complètement inutile que je répète ici plus au long ce qu'on peut trouver entièrement développé dans l'ouvrage que j'ai composé exprès sur ce sujet ; * qu'il me suffise de &e, pour l'intelligence de celui-ci, que le temps que j'avais destiné pour écrire l'Histoire de la Terre, après que j'en aurais rassemblé les matériaux, fut presque entièrement employé à
afin que oe monument d'une irréfragable authenticité ne contrariât pas, par son opposition foimelle, l'ordonnance de
l'cdifice, et ne le fît pas crouler par sa base, en lui refusant son appui fondamental. Cette explication même, faite à la manière ordinaire, n'aurait pas suffi. Il fallait prouver aux autres, avec beaucoup de trayait et de peine, ce que je m'étais assez facilement prouvé à moi-même; et pour restituer une langue perdue depuis plus de vingt-quatre piècles, créer une grammaire et un dictionnaire radical, appuyer la traduction verbale de quelques chapitres du Sépher d'une multitude de
* La Lamous Hâa&AÏauK luesTircés, etc., 2 voL in-4to., dans lesquels on trouva la oosmoffonto de Mobe, téUe Qu'elle est contenue daas les m. pre» mim diapitm m Ssaanii% valgaminsBt dit&à Ontek
expliquer un seul des
i les contenait en jpartie.
APPENDICE
notes puisées dans toutes les lang:ues de l'Orient ; et, pour tout dire enfin, élever vingt pages de texte jusqu'il la hauteur de deux Tolumes in-quarto d'explications et de preuves.
** Ce ne fut pas tout : pour tirer ces deux Tolnmee de robecurité de mon portefeuille, où ils seraient restés infailliblement, faute d'avoir les moyens de subvenir aux frais considérables de leur impression, il fallut attirer les regards sur eux ; ce que ie ne pus faire sans me mettre moi-même dons une sorte d'évidence qui déplut à Napoléon, alois toutpuissant, et qui me rendit la yictime d'une persécution sourde, a la vérité, mais non moins pénible, puisqu'elle me priva des eculs moyens que j'eusse de subsister.* Mes deux volumes fîxrent, il est vrai, imprimés, mais plus tard, et par un concours de circonstances particulières que je puis bien, à juste titre, regarder comme providentielles.
** L'impression de mon livre sur la langue hébraïque, loin de me donner les facilités sur lesquelles je comptais pour poursuivre mon dessein sur l'Histoire de la Terre, parut achcTer de me les ravir, au contraire, en me livrant a des discussions métaphysiques et littéraires qui, se changant en dissensions, portèrent leur venin jusque dans l'enceinte de mes foyers domestiques.
** Cependant le temps s'est i>assé ; et puisque fiiTorisé, de toute la force de l'âge, j'ai vainement essayé de remplir un dessein peut-être hors de proportion ave'c mes moyens physiques et moraux, dois-je espérer davantage d'y atteindre sigourd'hui que l'automne de ma vie en laisse tous les jours évaporer les liBux? U y aurait de la présomption à le croire.
*' Mais ce que je n'aurai pas pu faire, un autre le pourra peut-être, placé dans des circonstances plus heureuses que moi. Ma gloire, si je puis en obtenir une, swa de lui «voir tracé et aplani la route. D^à je lui ai donné, dans ma traduction du Sépher de Moïse, un inébranlable fondement. Si je puis jamais en terminer le commentaire, je montrerai que la cosmogonie de ce grand homme est conforme, pour 1 essence des choses, avec toutes les cosmogonies sacrées reçues par les nations. Je ferai pour elle ce que j'ai fait pour les Vers (hn'.t de Pythagore, dans les Examens desquels, j'ai prouvé que les idées philosophiques et théosophiques qui y sont contenues avaient été les mêmes dans tous les temps et chez tous les hommes capables de les concevoir. J'avais auparavant indiqué l'origine de la poésie, et fait voir en quoi son essence diffère de sa forme : ceci tenait toujours à l'Histoire de la Terre ; car les premiers oracles s'y sont rendus
* Voyez une petite broehare intitnléè : Konovs sva u siiii i» Vovïm, ete., ÙMJu laquelle U eat p«rlé en détail de ces tracasseries.
FABBE-d' OLIYET.
en vers; et ce n'est pas à tort que la poésie a été nommée 1« langue des Dieux* ** Panni les morceaux que j'avais tnmdllés pour entrer
dans le f^rand ouvrage dont j'ai parlé, ceux qui m'ont paru le plus dignes de voir le jour sont ceux qui ont rapport à l'état social de l'homme, et aux diverses formes de gouvernement.
Quand même je n'aurais pas été pontté à les publier ponz
fournir des matériaux utiles à ceux qui voudront se livrer aux mêmes études que moi, il me semble que les circonstances imminentes dans lesquelles nous nous trouvons m'y auraient déterminé. Tout le monde est occupé de politique, chacun reve son iitopie, et je ne vois pas, parmi les ouvrages innombrables qui paraissent sur cette matière, qu'aucim
touche aux véritables principes J'ai bien longtemps
médité sur ces principes, et je crois les aToir pénétrés
''Nous allons nous entretenir de THomiib ; et cet être ne sons est encore connu ni dans son origine^ ni dans ses facuUés^ ni dans V ordre hiérarchique qu'il occupe dans l'univers.
**Le connaître dans son origine, c'est4Udire dans son
principe ontologique, nous est inutile pour le moment, puisque nous n'avons pas besoin de savoir ce qu'il a été hors de l'ordre actuel des choses, mais de connaître ce qu'il est dans cet ordre. Nous pouTons laisser à la cosmogonie, dont l'ontologie cmistitue une partie, le soin de nous enseigner l'origine de l'homme, comme elle nous enseigne l'origne de la terre. C'est dans Moïse et dans les autres écrivains hiérographes que nous pouvons apprendre ces choses.
**Mais nous ne pouvons nous dispenser d'interroger la science anthropologique, si elle existe, ou de la créer, si elle n'existe pas, pour nous instruire de ce qu'est l'homme en tant qu'homme, quelles sont ses facultés morales et physiques, comment il est constitué intellectuellement et coiporeÛement, de la même manière que nous interrogerions la science géologique ou géographique, si nous voulions nous 0CCU|>ar des formes intérieures ou extérieures de la terre
** L'homme n'est ni un animal ni une intelligence ; c'est tm être mitoyen, placé entre la matière et l'esprit, entre le ciel et la terre pour en être le lien. Les définitions qu'on en a données pèchent toutes par défaut ou par exc^s. Quand on l'appelle un animal raisonnable, on dit trop peu ; quand on le désigne ootame une intelligence servie par des organes, on
dit trop Si j'étais interpellé de donner moi-même une
définition de l'Homme, je dirais que c'est un être corporel élevé à la vie intellectuelle, susceptible d'admiration et d'adoration ; ou bien un être intellectuel asservi ù des organes , et susceptible de dégradation
APPENDICE
" LitflROgeons les archives sacrées du Genre Humain.
** En ouvrant les limt sacrés des pins inoiennes nations du monde, osnx des Chinois, des Hindoux, des Hébreux» ou
des Parses, on voit que le règne animal existait tout entier avant que l'Homme existât. Lorsque l'Homme parut sur la scène de l'univers, il foxma à lui seul un quatrième rèsne» le Hèffm Heminal, Ce règne estnonuné Pan-Kou par les Cninois» Pcunu par les Branmes, Kai-Omordz ou Meschia par les seetateurs de Zoroastre, et Adam par les Hébreux et par tous les peuples qui reçoivent le Sépher de Moïse, soit qu'ils s'y rattachent par l'Évangile comme les Chrétiens, soit qu'ils y remontent par le Coran et l'BTangile, comme les Musubians .
*'Au moment où l'Honmie parut sur la Terre, les trois règnes qui en forment l'ensemble et la divisent existaient. Le règne minéral, le végétal et l'animal avaient été l'objet de trois créations suoeessiTes, de trois apparitions ou de trois déTéloppements ; l'Homme^ ou plutôt le règne homfnal, Ait le quatrième
** L'Homme, destiné à être le nœud qui unit la Divinité à la matière, fut, selon l'expression d'im moderne naturaliste, la chaîne de communication entre tous les êtres. Placé aux coniins de deux mondes, il devint la voie d'exaltation dans le corps, et celle d'abaissement dans l'esprit divin. L'essence élaborée des trois règnes de la nature se réunit en lui à une puissance volitive, libre dans son essor, qui en fit le type "nTant de runivers, et l'image de Dieu même. Dieu est le centre et la circonférence de tout ce qui est : l'Homme, à l'imitation de Dieu, est le centre et la circonférence de la sphère qu'il habite ; il n'existe que lui seul dans cette sphère qui. soit oonmosé de quatre essences: aussi est-ce lui que PTthagore dângnait par son mystérieux quaternaire,
Immense et pur symbole,
Source de la li^ature, et modèle des Dieux.
** La notion de toutes choses est congénère à rhomme ; la science de l'immensité et de l'éternité est dans son esprit. Des ténèbres épaisses lui en dérobent souvent, il est vrai, le discernement et l'usage ; mais il su^t de l'exercice assidu de ses fteultés pour cbanger ces ténèbres en lumière, et lui rendre la possession de ces trésors. Bien ne peut résister à la puissance de sa Volonté, quand sa Volonté, émue par l'amoiir divin, principe de toute vertu, agit d'accord avec la Providence
M L'Homme appartient à une nature triple ; fl peut donc vivre d'ime triple vie : d'une vie instinctive, d'ime vie animique, ou d'une vie intellectuelle. Ces trois vies, quand elles sont toutes les trois développéesi se confondent dans une
FABE£-d'OLIY£T.
qtiAtrième, qui est la yie propre et volitiTe de cet être adminble, dont la 80uxce immortâle est dans la yie et la volonté
divine
" Dès que le premier mouvement est donné à l'être humain en piiissance, et qu'il passe en acte par un effet de sa nature, ainsi déterminée par la Cause première de tous les êtres, le foyer instinctif atore et développe les éléments du 001^ ; le foyer snimique orée Vûme, et rinlelleoliiel élabore Vesprit, L'homme se compose donc de Corps, d'Ame et d'Esprit. Au Corps appartiennent les besoins ; à l'Ame» les poêtionê ; à l'Esprit, les hispirations
'* Quand je dis qne l'homme est ainsi, cela ne doit s'entendre que de l'Homme en général, considéré abstractivement dau la possibilité de son essence. L'homme individuel est très rarement développé dans toutes ses modifications mentales, même anjonrd'hm qne le règne homSnal jotiit d'une grande puissance dans la nature. Dans l'enfance du règne, la masse de l'humanité était loin d'être ce qu'elle est à prisent ; la vie instinctive était dans l'individu la vie prépondérante, l'animique ne jetait que de faibles lueurs, et l'intellectuelle
n'existait encore qu'en germe TTn homime particulier est à
une grande nation, comme une grande nation est au règne en général. Qui sait, par exemple, combien d'hommes avaient fourni leur carrière depuis la plus faible aiuore de la vie jusqu'à son extrême déclin, çaxmi les peuples d'Assyrie ou d'Egypte, durant la longue existence de ces deux peuples ? et qui sait combien de peuples semblables sont destinés encore à briller et à s'éteindre sur la scène du monde, avant que l'Homme Universel arrive à la caducité ?
« En traçant le tableau métaphysique qu'on a tu, j'ai considéré l'homme dans le plus grand développement qu'il puisse atteindre aujourd'hui. Ce développement même n'appartient pas à tous les hommes ; il n'appartient pas mêmeàla plus grande partie d'entre eux ; il n'est 1 apanage que du petit nombre. La nature ne fiit pas les liommes égaux ; Icâ âmes diffèrent encore plus que les corps .... L'égalité sans doute est dans r essence volitive de tous, puisque cette essence est divine ; mais l'inégalité s'est glissée dans les facultés par la diversité de l'emploi et la difiérence de l'exercice .... L'égalité animique est donc, dans l'actualité des choses, une chimm encore plus grande que l'égalité des forces instinctives du corps. L'inégalité est partout, et dans l'intelligence encore plus que dans tout le reste ; puisqu'il v a parmi les honmies existants, et •urtout parmi ceux dont la cmlisatlon n'est qu'ébauchée, un grand nombre d'hommes dont le centre intellectuel n'est pas même encore en voie de développement. . . . L'homme est ime puissance, mais une puissance en germe, laquelle, pour manireeter ses propziétési pour atteindre a la hauteur où ses
A7P£lfDICE.
destinées l'appellent, a besoin d'une action intérieure évertuée par une action extérieure qui la réactionne. C'est une plante céleste dont les racines attachées à la terre doivent y pomper les forces élémentaires, afin de les élaborer par mi travail particulier ; et qui, élevant peu ù peu sa tige majestueuse, et se couvrant en sa saison de fleurs et de fruits intellectuels, les mûrisse aux rayons de la lumière divine* et les oSce en
holocauste au Dieu de l'univers
Mais si l'homme n'est d'abord, comme je viens de le dire, qu'une puissance en germe que la civilisation doive développer, d'où lui viendront les principes da cette culture ?
"Je réponds que ce sera de deux puissances auxquelles il se trouve lié, et dont il doit former la troisième, selon la tradi> tion du théosophe 'eblnois. Ces deux puissances, au milieu desquelles il se trouve placé, sont le Destin et la Fbovidencb. Au-dessous de lui est le Destin, nature nécessitée et naturée ; au-dessus de lui est la Providence, nature libre et naturante. n est, lui, comme règne hominal, la volonté médiatrice, la force efficiente, placée entre ces deux natures, pour leur servir de lien, de moyen de communication, et réunir deux actions» deux mouvements qui seraient incompatibles sans lui.
*' Les trois Puissances que je viens de nommer, la Pnovi- OBHOB, rHomB considéré comme règne hominal, et le Bxstiv constituent la TERNAIRE UNIVERSEL. Rien n'échappe à leur action ; tout leur est soumis dans l'Univers ; tout, excepté DIEU lui-même qui, les enveloppant de son insondable unité, fonne avec eux cette TéTSAns sacrée des anciens, cet immense quaternaire, qui est tout dans tout, et hors duquel il n'est rien, * "
Pabre-d'Olivet n'avait pu voir la Trinité dans l'Homme et dans le gouvernement de. l'Univers, sans la voir dans la Divinité. Aussi lit-on dans ses Sxamena det Vtn Dorés, le pas- "âge suivant, dans lequel ce 'dogme de la Trinité conduit l'auteur à une yi» synthétique sur les différents cultes de la teixe :
*'•••• Le but de tous les cultes étant également de conduire à la connaissance de la Diviidté, ils ne difiorent entre eux que par
la route qu'ils tracent pour y parvenir ; et cette route dépend toujours de la manière dont la Divinité à été envisagée par le fondateur du culte. Si ce fondateur l'a considérée dans son intelligence, il a vu la Divinité dans ses modifications universelles, et par conséquent triple, comme rUniyers ; s'il
* De l'Etat social de riTomme ; ou -vues philosophiques sur l'IIistoize du Genre Humain.—ruris, 1822, Dissertation lutroductÏTe, pages 8-49.
Digitizco by Ljo^j^ii.
fabse-d'olxtxt.
Va. considérée dans son entendement, il l'a vue dans ses principes créateurs, et, par conséquent, double comme la Nature; s'il l'a considérée dans son instinct, il l'a vue dans ■et ftenltés et dans iei attributs, et par oonséquent inlbiie comme la Matière ; s'il l'a considérée enfin, dan» sa propre unité volitive agissant à la fois dans ses trois modifications, il a TU cette même Divinité selon la force ou le mouvement de sa pensée» ou dans son essence absolne on dans son essence universelle ; c'est-à-dire. Une dans sa cause, ou Une dans ses effets. Examinez bien ce que je viens de dire, et voyez s'il existe un seul culte sur la face de la terre, que vous ne puissies rapporter à l'une des espèces dont j'ai indiqué
•'J'ai dit que la Divinité, considérée dans l'intelligence humaine, se montre sous l'emblème du ternaire universel ; de là, tous les cultes où dominent trois Dieux principaux, comme aux Indes (Brahma, Vishnou et Rudra), en Grèce et en Italie (Jupiter, Neptune et Pluton) ; trois modifications principales dans le même Dieu, comme en Chine» au Japon, au Thibet et panni les nombreux sectateurs deFoë ou de Bouddha. Ce culte, qu'on pounait appeler celui des Tri* théistes, est un des plus répandus sur la terre, celui qui se mêle le plus facilement aux autres. Il plaît à l'imagination, et donne de grands moyens à la sagesse pour s'élever aux vérités intelligibles.
J'ai dit que la Divinité, considérée dans l'entendement humain, se manifeste sous l'emblème des deux principes naturels : de là, tous les cultes où paraissent deux êtres opposés, comme dans le culte de Zoroestre. Ce culte, qui se rencontre rarement aussi pur que chez les anciens Parscs, ou parmi les sectateurs de Manès, se mêle volontiers au trithéisme, et même au polythéisme : il est très-reconnaissable en Egypte et chez les Scandinaves, et beaucoup plus enveloppé chez les Indiens, les Grecs et les Latins. On pourrait regarder ce culte comme une Dyarchie naturelle, et appeler ceux qui le suivent des Dyarchistes» Le jugement et la raison s'en accommodent fort bien ; aussi Toit-on ordinairement les profonds raisonneurs et les sceptiques, y incliner malCTé eux. * Son abus conduit ù l'athéisme ; mais il otiic de grands moyens, quand on en sait laire un b<ni usage, pour pénétrer dans l'essence des choses, et paryenir à l'explication des phénomènes naturels.
" J'ai dit encore que la Divinité, considérée dans l'instinct, se présente sous l'emblème de l'infinité matérielle : de là, tous les cultes, où par un mouTement contraire, l'intelliffible devient sensible, et le sensible intelligible ; comme quand les
* Cela est frappant, surtout daos Ba;le.
Digitizeu Ly Cju^.'^il
attributs et les faculté? de la Divinité se particularisent et se persûuniiient, et que le& agents de la nature, les parties de rUniveii et les ètn» indinduelB eux-mêmes, se mrâieeiit. Ce culte, auquel j'ai donné le nom de Polythéisme, est partout sous diverses formes et sous divers noms, lo partage du yulgaire Son abuA précipite les peuples dans l'idolâ-
trie et la superstition ; son bon emploi évertue les talents, et donne naissance aux vertus héroïques. On devient altiste OU horos par l'exaltation du Polythéisme ; savant ou philosophe par celle de la Dyarcliie ; et sage ou théosophe par celle du Trithéisme. Ces trois cultes, soit purs, soit aiyerseanent mêlés, sont les seuls dont la transformatUuk aolt possible ; c'est-ti-dirc qui puLsscnt être revêtus de formes ostensibles et renfermés dans un rituel quelconque. Le quatrième culte,
Î[ui se fonde sur l'unité absolue de Dieu, n'est point traas» ormable. Voici pourquoi ;
La Divinité considérée dans l'unité volitive de l'homme, agissant à la fois dans ses trois facultés principales, se manifeste, comme je l'ai dit cnân dans son essence absolue, OU dans son essence universelle. Une dans sa cause, ou Une dans ses effets : de là, non plus, tous les cultes publics, mais tous les mystères secrets, toutes les doctrines mystiques et contemplatives ; car, comment représenter au dehors ce qui n'a de ressemblance avec rien } Comment rendie sensible ee qui est au-dessus de toute intelligence ? Quelles expressions 0<mviondront à ce qui est inexprimable, ^ ce qui est plus îneâable que le silence même } Quels temples élèvera-t-on à ce qui est incompréhensible, inaccessible, insondable } Les théoaophes et les sages avaient senti ces difficultés ; ils avaient vu qu'il faut supprimer tout discours, éloigner tout simulacre ; renoncer à toute enceinte, anéantir enfin tout objet sensible, ou s'exposer à donner de fausses idées de Tessenee absolue d'un Etre que l'espaee et le tempe m peuvent contenir. Plusieurs os^^cnt l'entreprendre. On sait, en s' enfonçant dans une antiquité très-reculée, que les plus anciens Mages de la Perse n'élevaient aucun temple et n'érigeaient aucune statue. Les Druides en usaient de môme.* Les premiers invoquaient le Principe de toutes choses sur le sommet des montagnes, les seconds, dans la profondeur des forêts. Les mia et les autres jugeaient indigne de la Mi^esté divine de l'enclore dans une enceinte^ et de la représenter par une image matérielle. H paraît même que les premiers Romains partageaient cette opinion. Mais ce culte entièrement intellectuel et dénué de formes, ne saurait subsister longtemps. H faxki, au peuple, des olHets sensibles sur lesquels ses idées puissent se reposer. Ces
PeUouUer, HuTOias ou Qsltm^ U y* o. S«
Digitiz
FABBB-d'Q£ITET.
objets s'insinuent en dépit même du législateur qui cherche à les proscrire. Les images, les statues, les temples se multiplient malgré les lois qui les défendent. Alors, si le eulte n'éprottTe pas une xéfbrme salutaire, il se change, ou en un grossier anthropomorphisme» ou en un matérialisme absolu : c'est-à-dire, que l'homme du peuple, ne pouvant s'élever jusqu'à r Unité Divine, l'abaisfie jusqu'à lui; et que le SATant ne pourant la comprendre et croyant néanmoins la saisir, la confond avec la Nature.
*• C'était pour éviter cette catastrophe inévitable, que les sages et les théosophes avaient fait un mystère de l' Unité de Bien, et l'avaient cachée au fond des sanctuaires. Ce n'était qu'après des épreuves multipliées et lorsque l'initié était jugé digne d'être admis au sublime degré de l'autopsie, qu'on soulevait à ses yeux le dernier voile, et qu'on livrait à aa contemplation le principe et la £bi de toutes choses, r£tre des êtres, dans son insondahle unité. «'*
Nous n'avons pas la prétention de faire connaître par quelques extraits tronqués l'œuvre si importante de Fabred'Olivet ; nous avons voulu seulement en marquer le caractère et la direction, et expliquer par là l'influence que cette œu^Te exerça sur Philippe Faure. Si la postérité, appliquant la loi d'amitié qui inspira à Saiut-Just ses institutions, exigeait, avant de se prononcer sur les travaux de Fabre-d'Olivet, qu'il se présentât au jugement avee aes amk intdleetnéla» il est probable qu'il ne demanderait ce suprême secours ni à Talma ni à Napoléon^f à qui les drconsCancéi plutôt que l'amitié l'unirent un moment ; mais qu'il iavoqunatt l'appui de GouBT DB GiBBLur, et de celui qu'il appelle le Philosopha Inconnu, SÀOiT-MABXiir*
Saint-Martin avait résumé dans son livre sur IHeu V Homme et VUniver», la tradition mystique de Swedenborg, de Jacob Boebme, et 4m extatiques français. On sait quelle action ces mystiques eurent, à la fin du Dix> Huitième Siècle^ BUT la Franc -Maçonnerie, et par suite sur la société européenne et sur la Révolution Française. Au milieu des orages de cette Kévolution et des terribles guerres de l'Empire, le Philoioph^
* Tns DoBÉat Szamen 27, pages S58-866*
f Os ne Ait que pendant les Cent Jours et griM à GHrnst» cas ïlstar»» d'oiivct put faite iinpKiHMr la CwiiOctOMU sa MioIbb (LàMemi tkÈnjawm
aiaxiTuiB.)
APPEKDIOX.
Inùownu STftit tenté de consenrer les principes et les institutioos secrètes du Mysticisme.
De son côté, Comt de Gébelin, cherchant dans la science cette unité que la Bévolution n'avait su ni pu réaliser dans la politique, avait essayé de découvrir les origines de la race humaine, et commencé dans son Monde Primitif , ses recherches sur l'ethnographie et sur le langage, qui furent ^our les philologues modernes la source de tant de beaux travaux et de si fécondes découvertes.
Enflammé de l'enthousiasme du premier, excité par la soif de connaître qui dévorait le second, un penseur unit en lui leurs deux tendances : il chercha à faire aboutir les spéculations du Mysticisme à des conclusions scientifiques et à des applications utiles; il s'attacha aux sciences occultes, mais pour y trouver la clef des mystères antiques, et pour pénétrer, à l'aide de cette clef, dans les plus profonds arcanes de la coimaissance humaine ; ce savant en qui rexaltatikm de Stint-lCsxtizk B'alUa si puisssmment à l'éruditûm de Court de Oébelîiit oe fiit Fabbb^d'Ouyzt.
KOTE (g), BÉKANGËR.
Page 14 : Bèranger a pu te comixnmiquer son
" idée de la patrie, (g) mais, etc."
LES IHDTCIPALES OBCAKSONS DE BÉRàKOEA.
^Extrait d^un recueil d'études littérairee écrit par Philippe Faure,)
— >*< Lb rùitPTvetot, gaie, satirique, aux vers coupés &efle-
ment et bien chantante. — Le Sénateur, qui fit rire Napoléon. — Roger Bontemps, douce critique des ambitieux, éloge joyeux et un peu triste des bons enfants. Janvier 1814. — La GaudriolCf un peu folle, et qui se termine par un trait fort comique ; (au prêtre qui l'exhortait.) — La mère aveugle, peinture spiri« tuelle des mœurs villageoises et des intrigues de la chaumière. —L* éducation des Demoiscllfs, critique aujourd'hui siu'année. ^Charles F//, belle romance, inspirée par l'invasion ; la première chanson qui mérite le nom d'ode. — Lee ^ueuxp I» detcenie au» enfer», où perce la raUUiie du Fhiloeopbe.— Xs
i:oin de V Amitié, prétentieuse romance de Demoiselles. — Xd vieux célibataire, critique de mœurs fort amère et fort juste.
^L»B Chmt&it 0t lêt Fnmeê, appel aux annea et à l'uiikNi des partis pour la défense du sol ; ode pleine d'images po6tiquea et d'aiiuaions sublimes aux faits historiques :
J)* Attila MiiTaiit la Toix, etc.
Le bon Français^ protestation modeste dont le mérite, outre les allusions historiques, consiste dans la circonstance qui l'inspira. — La mordante satire contre les nobles : Rcguête dea trient dê quatiié; — Vieux habitf, frieux palotu, caatn hm girooettee et les vendus ; — Les adieux de Marie Stuari, poétique élégie, admirable de versification, de sentimflnt mélancoliqiie, et d'amour pour la France.
—Le ettré, digne de Rabelais ; — Le eari U o tmeur , attaque plus yive encore contre le Clergé. — La vieilleiêe, jOebim w sentie ment, de calme et de gaîté douce :
Mm ÊBÛÊ, te n'est pas vicOBr !... ...
— Prisonnière et chevalier, charmante imitation des romaaMB du temps. — Antoine Arnault, sévèrement jugée par Béranger lui-même, et qu'il ne publia que pour rendxe hommage à un proscrit.
—Traité de Politique, timide conseil donné à rempesenr dans les Cent jours. — L'opinion de ces Demoiselles, \este et mordsAte épigramme contre les hommes vendua au pouvoir.
— Pbie de Politique, tendre plainte sur les malheurs de Waterloo, ode pleine de sentiments patriotiquea, exprimés en vers harmonieux. — ^^a vocation, plainte sur sa destinée, et jtistification de son rôle, qu'il juge encore a\\jourd'hui si modestement.
Le bon Dieu me dit : chante^ Chante, pauvre petit.
— Le vilain, protostation contre les nobles et les Boureniia de la féodalité. — Le nu'nétrier, jolie chanson de yiUage*
Los oi?oaux que l'hiver exile Eevieutlront avec le printemps;
qui ranime l'espérance du Proscrit.
—Les DBxrx Souas de CuAxa/kf admirable et philosophique
leçon adressée aux dévots, peinture touchante et picnsc de la vie de la Samr, tendre et douce de la vie de l'Actrice, et dont le reiraia si beau résume la morale évangélique.
Dieu lui-mômo Ordonne qu'on aime ;
Je vous le (lis en vérité :
Sauvez -vuus par la charité.
—Le Marquis de Carabas, ce portrait ridicule des absurdes prétentions des émigrés. — PaUlasse^ joyeuse épigramme contre
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les poètes courtisans qui sautent pour tout le monde ! — Mon âme, pleine de triâtesse et dont les vers poëtiq^ues sont sublimes d'images et d'aUusicms :
** Voua avez vu tomber la gloiro ** I>*tm Ilkm trop insulté *' Qui prit l'Autel de la Victoire " four l'Autel ds la Liberté."
— Le Juffe de Charenton, épigramme trop jtiste contre le parquet. — Les Champs, idylle gracieuse. — La Cocarde Blanche, satire déguisée, mais mordante, contre les Bourbons de lHl5»'-^Mon Habit, éloge noble et joyeux de la pauTxeté.— La Sainte Alliance, parodie fort énergique des traités de Vienne, — V Un-mite, qui contient quelques vers charmants. — Mon Petit Coin, l' Indépendant, protestation contre ceux qui le p w ss aio at de renoncer à sa position médiocre. — La Bonne vUittê, touchant appel à la postérité, — Catin, leste peinture des Rcntimcnts patriotiques de l'armée. — L'Exilé, cette élégie qu'on ne peut analyser, tant elle est pleine de sensibilité. — M, Juiat, dirigée conti% la police et les agents proTocateurs qui faisaient tomber les têtes de Didier, Caron, Berton, les quatre sergents de la Rochelle. — Le Dieu des bonnes gens, expression calme et douce du Déisme, animée d'ailleurs par le patriotisme. — Brennu», allusion à la gloire de nos armes. — Si fêtais petit ùUeau, ode gracieuse et touchante, qu'il serait curieux de comparer avec le Vœu de V. Hugo ; l'une tendre et affectueuse, l'autre rêveuse et passionnée; Béranger désire chanter pour les autres, V. Hugo diuis son Vœu ne pcnsait-il qu'à lui :
SI j'étais la ftoiOs que nml^ ele. P
— Daignez êourire atm eftOMOMt iTtui VMOard, apologie de ses chants.— Ifo^Awnn Brtmeau, satire mordante contre la
Koyauté. — Cinquante écus de rente, excellente plaisanterie. — Le Retour dans la Patrie, poésie dont le titre indique assez le seutiment, pleine de mouvement. — Le Ventru, les Mission» fM«rm, FEnrkuiné, etc., continuent le feu roulant dirigé contre la Restauration. — La Faridondaijie, double Halte-là, plaisanterie malheureusement trop vraie, contre le système des interprétations. — La Sainte Alliance des Peuples, appel pacifique à l'unioa de la hmm humaine, à la Liberté, à rEgaUté.
— Le Champ d^Asyle, ode magnifique, l'une des plus belles. — Les Enfants de la France, appel énergique à la Patrie qui s'endort. — £«• JioM^mob, xomaaoe tendre et mélancolique, un petit chef-d'œuvre oe sentimentu— £it étoiles qui jfilent, douloureuse élégie, inspirée par une superstition poétique. — Le Temps, Ma lampe, toutes gracieuses, toutes sensibles, et qui onnent un singulier contraste âTee la cbaason presque in^ie
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dont les traits spirituels et les coups de fouet sont mis dans ]a bouche du Son Dieu, — Les regrets nobles et patrlotiinies du
Ftfi» Drapeau, xésument toute l'irritation des soldats de l'empire et annoncent le prodigieux efiet que prodnisinnt les nobles couleurs, en 1830.
Mm «Asr DuptU, est un trait de courage ; Chrittophe^ une ^igramme burlesque contre les alliés. — Louis XI, offre un contraste coloré de la vie paisible des champs et des fonnijdables angoisses du Tyitui. — Les deux Cousim, peignent en yen touchants et firondeors les rereis des grandes dynasties. Tin* constance des hommes : Napoléon II et Henri Y. VOroge, qui cîcvicnclra la ronde de nos enfants, leur apprendra nos désastres et les fera rétlécliir sur l'avenir. — " Le cinq Mai, est une chanson de génie/' a dit Tissot ; et c'est là que Béranger a, en effet, résumé les images poétiques les plus grandioses prodiguées par Byron, V, Hugo, Lamartine et 0. Delavigne ; c'est là que lui-même s'est montré le plus érudit, le plus harmonieux, le plus original, et certes, le plus grand des poètes du giède»
Laprffàiê dê est modeste et satirique tout à la fiois."
Il est à regretter que Philippe n'ait pas eu le temps de poursuivre son analyse. Nous aurions eu son sentiment sur les derniers recueils de Béranger, recueils supérieurs encore, comme mérite littéraire et comme portée politique, philosophique et religieuse, à ceux que Philippe avait sous les yeux quand il frisait l'étade qui précède. A définit d'un jugement écrit de sa main sur rensemble de TcBuvre du poëte nationaly on nous pennettra de placer Ici quelques détails que nos propres souvenirs et nos entretiens avec la mère ds Philippe nous fivnmissent» et qui montrent toute l'influence qu'a eue sur lui cette poésie miment firançslse.
" D^s le berceau, Philippe chantait les odes patriotiques de Béranger qu'il appelait : Les chansons, A 9 ans, il revenait du cimetière de l'^rt, recueillant dans sa mémoire, parmi les
souvenirs que tant de noms inscrits sur les tombes, avaient évoqués, le nom de Bt'ranfjer pour lui inséparablement lié an nom. de Manuel. Il murmurait :
Pour honorer sa tombe.
Prêtes secours au patrrre chansomûer !
De retour à la maison, il prend une plume et d'abondance de cosnTi il célèbre^ à sa manim, Vamitie de ces deux hommes ;
Sur les débris de la Patrie eu cenâseï,
Koui nous étions rencontrés touslss 4noL...«.