‹ Journal d'un combattant de Février Précédé d'un fragment sur l'auteurChapitre 42 sur 63 · ADAM · texte numérisé non relu

ADAM

" Les écrits des Tliéosophes, à peu près nos seuls documents sur les premiers temps de l'histoire, s'occupent tous, dès l'abord, de la Création, et l'histoire delà Terre n'est qu'une suite, un développement de l'histoixe du Monde. L'homme lui-même, est un petit monde. L'homme est fait à l'image de Dieu, et comme lui, la nature manifeste le Créateur. L'histoire, pour être complète, embrasse donc la Création, ses rai^perts aveo IHeu, et la mission de l'homme sur la tetre. No croyez pas, cependant, que j'aie autant de systèmes religieux et scientifiques à vous exposer que d'écrits à consult^. Je n'ai pu encore examiner tous les livres sacrés des anciennes Théocraties, mais les cosmogonies des Indiens, des Etj^-ptiens, des Chinois, des Scandinaves et des Hébreux, concordent parfaitement, et l'on peut, sur certains points, y reporter c^cs des Phéniciens, et par suite ceilea des Grecs.

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Il noua suffît donc de connaître la Genèse, pour avoir "une idée précise des opinions des anciens sages sur la formation de 1 Univers.*

" Dans le principe, Dieu, l'Etre des Etres, avait créé en " Tirtualité l'existence des Cieux et l'eustenoe de la Tene."

CXMSHOGONIE.

** Il semble étrange à beaucoup de voir les anciens théosophea, à la fois pontifes, législateiirs et historiens de leurs peuples, cmm les annales de rHumanité en racoatant la eréation du monde. A quel but ? En quoi la formation des êtres a-t-elle rapport avec les événements qui ont signalé l'eadstence du genre humain } Et d'abord, comment peut-on connaître les phases de la eréation, à laquelle nul n'assistait, de l'aveu mrme de tous ces théoaophes, forcés de recourir à la Révélation Divine, pour nous donner quelcivies notions incomplètes et dont il est pour ainsi dire impossible do véri^ fier reacactitttde ? Lee philosophes Toma répondrcnt que les faits ne sont pas isolés ; que les érénements s'enchaînent dans la vie de l'Humanité comme dans celle de chaque individu. Pour comprendre l'histoire, il faut donc étudier l'enchaînement des actes de humanité, leur motaHté^ leur cause et knr but ; il faut remonter à l'origine des hommes, rechercher d'où sort le genre humain, d'où sortent les sociétés ? Ce qui revient à se demander comment a été créé l'homme et avant l'homme, la terre qu'il habite et dont il semble résumer en lui la vie, dans ce qu'elle a de plus élevé. Ces recherches conduisent nécessairement à parler des hypothèses sur la création du monde et sur le Créateur, pour pouvoir se rendre compte de la formation des êtres qui noue entourent ; et ces hypothèses, inspirées par -ane reli^euae révélation de l'espèce des êtres, et vérifiées autant que possible par la science, analysant les vestiges du passé, ces hypothèses se retrouvent SOU8 le nom de cosmogonie, au début de tous les écrits hériographiques de l'antiquité» nos premiers doonmenfts lûstaliques.

L'examen attentif des modifications qui s'opèrent de nos jours à la surface du globe terrestre sert de point de départ aux savants pour s'expliquer les transformations qui nous ont précédés, et dont nous retrouvons les traces sur les flaucs des montagnes ou dans l'intérieur des mines. On remonte ainsi, d'analogie en analogie, et toujoiirs en s' appuyant sur l'obser- ▼ation de. âdta incon t cstableB, jusqu'aux piremieacs ftges ^u ^ ■ — —

* Jo ne me servirai pas de la traduction ordinaire de Moïse, trop matérialisée, mais de celle d'un hosnme à qui la scienoe des lances oricntalPH a puissamment niâc- ^ trouver le sens sHégorique, GSÔhédsaMla lettre du Berœsliitii ^Fabre-d'oUvet).

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monde. C'est ainsi que, sans avoir assisté à la création, on

Sarvient à se faire une idée de sa marche géniale ; idée sans oute fort incomplète et fort obscure, mais que chaque découverte scientifique doit rendre plus nette et plus exacte.

Le but des études cosmogoniques, c'est de se rendre compte de la nature de l'homme et de sa mission sur la terre. Ces études inutiles et fostidieuses pour eeox qui croient les hommes isolés, sans lien moral entre eux, sans autre relation avec la nature que pour la satisfaction des instincts, ces études nous sont donc indispensables, à nous qui ne lisons pas riUstoiie pour ttuoser une stérile euriosité. Nous Tondrions découvrir dans les faits accomplis la notion de l'avenir ; nous voudrions savoir où va le genre humain ; nous exeiminons dans ce but, quelle direction il a suivie jusqu'ici. Commentons dés lora par tâcher d'spevoevoir son point de départ,

Il a été donné à peu d'hommes de discerner l'ordze de

la création à travers le chaos.

'* Avant la naissance du monde...." ainsi débutent les anciens théosophes, et malgré le ridicule on l'anathème jeté à

la fois par la science et la superstition sur ces études, nous essaierons de pousser nos recherches jusque dans cette phase de l'existence oCi

Le inonde, l'univers, tout, la nature entièn^

Etait ensevelie au fond de la matière.

Les éléments, le feu, Tair, et la terre, et l'ean,

Enfouc(''9, cnlassL'S, ne fui-sniont qu'un moncettU,

Une confusion, une masse sanâ forme.

Un désordre, un chaos, une oohue éuuriue.

"Unus erat toto natura vultus in orbe,

Q^em grœei dâxere cbaoê, rudi$ indigettaque moUi.

Racine a résumé dans ces ^ers" admirables de la comique

tirade de l'avocat dos Plaideurs^ les descriptions du chaos faites par Moïse et par Ovide. Le pontife Israélite et le poète Komain s'accordent dans leur description."

1ère QrESTiox. — Déjînition de l'Histoire^ ,çon objet. — Grandet divisions et périodes les plus remarquables de V histoire

"L'histoire est le récit des événements passés; pour être claire et intéressante, elle doit présenter les causes et les

conséquences des fidts qu'elle raconte, et l'on peut tirer de sa

lecture d'utiles enseignements pour .iiiger les faits qui se passent devant nos yeux. £lle a pour objet de nous faire

DE L'HISTOIBE.

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L HISIOI&E RELIGIEUSE.

connaître les générations qui ont passé sur la terre axant nous ; éUe doit boom inatmire des mœurs, àeê ooutnniea, des loix des peuples ; raconter avec impartialîtfft ks divers rapports qu'ils

ont eus entre eux ; dire les travaux des fî^rands hommes, leurs crimes ou leurs grandes actions ; elle doit signaler les progrès des connaissances humaines ; les tranefoniiatioDS sûmes par l'Etat Social. Enfin elle doit s'occuper de l'influence des croyances religieuses et pliilosophiques dans chaque siècle, et déterminer les variations et les dillérenccs des idées intellectuelles dominant aux diverses époques.

Il y s plusieurs manières de diviser l'histoire. Bossuet compte douze époques. D'autres parlent des sept âges du monde. Ordinairement on se sert de la division en : Histoixe Ancienne, Histoire du Moyen-Age, Histoire Moderne.

L'histoire ancienne s'arrête a la destruction de l'empire romain d'Occident par les Barbares du Nord ; on place le terme de l'histoire du Moyen-Age àla prise de Constantinople par les Turcs.

L'IUstoire ancienne, à partir da Dâuge, peut être divisée en

trois grandes périodes :

10 Les Temps Héroïques, où les faits allégoriques ne peiivent être distingués des laits réels, où les grands hommes sont totis Dieux ou demi Dieux, et dont la poésie et 1a tradition nous ont transmis le souvenir.

11 est trC>s difficile d'établir l'époque précise de démarcation entre deux périodes d'histoire. Lorsque nous trouvons les loix. de Lycurgue contemporaines de la fondation de Carthaee, lorsque la fable d» Romulus, les exploits d'Ariatom^ea, les loix de Solon sont à peu près de la même époque, comment déterminer l'histoire et l'allégorie î L'histoire n'est positive qu'à partir du moment où elle est écrite ; et, comme on peut jusqu'à un certain point contester aux écorits hiérographiques la réalité des faits que l'on croit y trouver, on pense que Cette dernière époque ne doit s'arrêter qu'à Hérodote.

2o Après Hérodote, l'histoire nous retrace les luttes des peuples pour la domination ; les guerres continuelles de peuplade à peuplade, de nation à nation, sont le caractère distinctif de cette époque, où des nationalités distinctes se constituent en Europe. La forteresse de ilome parvient à soumettre les peuples et les rois.

3o La mission de Jésus-Christ, la stabilisation de l'empire romain, commencent la troisième période. Les peuples anciens, énervés par le luxe, abrutis par le sauvage despotisme de leurs souverains, déchirés pas l'anarchie militaire, livrés à la démoralisation que le maténalîsme toujours croissant avait amené à sa suite, tombent atix mains des peuples barbares^ indisciplinés, mais plus jeunes dans la vie sociale.

L'Histoire du Moyen-Age aussi peut se diviser en trois périodes.

▲rP£NDIO£.

D'abord lesBarbares yainqueiUB se disputent ets'anachent les lambeaux de Tempire. jLe Christianisme, penécateur aussitôt qu'il triomphe, détruit et remplace le Polythéisme.

Clovis et Charlema<2;nc tentent de constituer l'Europe ; mais leurs successeurs, contraints de lutter contre la désorganiâation à l'intérieur, contre deux peuples guerriers et de oroyanees difKrentea, à Textérieur, laissent écrouler l'édifice que ces deux grands hommes avaient essayé d'élever. En môme temps, les guerriers qui s'étaient partagé les terres des vaincus veulent tous se rendre indépendants de leurs €^e&. C'est aloxs que le Chilstiaiiisme» enrôlant sous ses drapeaux les Normands, seotateurs d'Odiii, les oppose aux Musulmans, ces fanatiques ennemis du nom chrétien. La Féodalité s'établit, règle les rapports des vassaux avec leurs suzerains. La France, l'Allemagne, l'Angleterre voient leurs dynasties renversées.

2o Hugues-Capet, le représentant de la Féodalité, monte sur le trône de France, et avec lui commence une seconde période, pendant laquelle les souverains s'efforcent de centraliser les masses de volontés diverses agglomérées sous leur domination. La civilisation est livrée à des oscillations qui la mettent souvent à deux doigts de sa ruine ; telles que les invasions répétées des enthousiastes sectateurs de Mahomed, la fieffooche croisade contre les Albigeois, qui étouifii la Langue-d'Oc ; et les guerres des Gueîphes et des Ghibelins, qui arrêtèrent l'essor de l'Italie, et maintinrent l'anarchie en Allemagne. La terrible lutte de la Puissance Lnpériale contre la Papauté, fbtigiia l'Eurc^e, et empêcha ces denx pouToixs de réaliser la pensée de Cuiarlemagne» qui aTaît oru consolider son nouvel empire par leur union.

Mais ces secousses ne purent empêcher les efforts des rois de France, les Croisades, et l'afi&anchissement des Communes, de porter leurs fruits.

3« Dans la troisième période, les Hois parviennent, par la ruse ou la force des armes, à réduire leurs grands vassaux. Les villes renversent les coutumes féodales, et commencent à compter dans l'Etat. Les traTaux des moines amènent des découvertes scientifiques importantes. Les peuples affranchis, éveillés par les chocs et les luttes des princes et des rois, commencent à s'occuper d'idées intellectuelles. L'invention de la poudre à canon change l'art de la ^erre. L'imprimerie donne un immense moyen de communication à la pensée. Le dernier débris de l'empire Romain s'écroule devant une nouvelle invasion da Barbares. Les Turcs s'établissent en Europe .... mais hientôt une nouvelle route pour les Indes, un nouveau eonti&ent, sont découverts. La religioa Chrétienne est divisée par un schisme terrible qui jette au jugement des •laïques les questions théologiques jusqu'alors soigneusement enveloppées par les arguties de l'Ecole.

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L'ÉCUaBSUB. 195

L'esprit humain prend un nouvel essor ; la Barbarie est définitivement vaincue. ... et l'Histoire Moderne commence. Depuis le ftehîsme de Luther, l'Hiftoixe a présenté trois

phases.

lo Dans la première, les querelles religieuses et politiques ont eniiammé tous les esprits ; la Féodalité se débat sous le ioug, et cherehe à retenirle poofoir que lui enlève la Koyauté secondée par la Bourgeoisie.

2o La paix de Westphalie apaise les guerres religieuses, et la Noblesse, à la cour de Louis XIY, abdique toute indépendance.

La Royauté absolue commande en Europe; mais qu'elle se hâte de jouir. A deux fois, ses représentants montent sur

l'échafaud, après jugement. . . .

30 Les Révolutions renversent le trône et l'autel, remplacent la Noblesse par la Bourgeoisie, jettent l'Europe dans une voie de réformes qu'elle veut en vam éviter, et introdidsent étOlM l'état social un nouveau pouvoir. . . . L£ PEUPLE."

NOTE {Ihis),

L'ÉCLAIKEniL

Page 37 : Ooisp d*CBil tur la tUuath» de la France et de VEwrope. A Pibbbis Leboux, rédacteur en chef de L'Eékdrewr du Ckwtre (1)^

M. Victor Borie, l'ancien rédacteur de V Eclairent, ayant quitté ce journal, Pierre Leroux en prit la direction, et étendit sa publicité à tous les départements du Centre. Le numéro du 1 Mai 1847 annon^ ce changement aux abonnés. On lit dans ce numéro, après un article où se trouve commentée l'éloquente prière des condamnes de Buzançais : •* Grâce, "messieurs les Bourgeois! "la Correspondance Parisienne qu'on -vient de vdr en tête du "Journal d'un Combattant de Février," et qui Inaugurait la collaboration de Philippe à VBclaireur,

KOTB (m).

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