AU POND
"Je pressentis l'existence d'une grande Unité, source éternelle d'où tout découle, et je vis clairement que les
" hommes ne tout pas aussi loin de la irânté qu'ils le croient •* généralement. Leur plus grande erreur est de la chercher " là où elle n'est pas, et de s'attacher aux formes tandis qu'ils ** devraient les éviter, au contraire, poiir approfondir l'essence» *' (surtout en considérant que ces formes sont le plus souvent "leur propre ouYxage.) «•JPABBBo'OLTVST."
^'TTne grande diyeinté de cultes, semUlBbles poiur le fimd»
** mais variés dans leurs formes, sont manifestés par la volonté ** de l'Etre Suprême. Les uns suivent un culte, les autres ** s'attachent ù l'autre : tous ces adorateurs sont puriûés de ** leurs offenses par leur culte particulier. . . .Dieu est le don " de Charité, Dieu est roffirande. Dieu est le feu de l'Autd ; ** c'est Dieu même qui fait le sacrifice, et Dieu sent obtenu '* par celui qui fait Dieu le seul objet de ses œu^Tes.
BH A(i WAT-GHITA.**
"TTn philosophe Pytagoricien ne reconnaît pas ces bar- *' rières redoutables qui parquent les nations, les isolent et '*les rendent plus qu'ennemies. Les Dieux des peuples " sont à ses yeux, les mêmes Dieux, et ses dogmes cosmo»
polites ne condamnent personne à la damnation étemelle. *' Il peut, d'un bout à l'autre de la terre, faire fumer
1 encens sur l'autel de la Divinité, sous quelque nom, sous *' quelque forme qu'elle soit adorée^ et lui rendre le culte M pubUc étabU par la LoL ** LYâlS."
— ^' Tfltfcosonni bv BftrftLÂTnuBt, eto."
** Environ quatorze ou quinze siècles avant notre ère, trois «•bommes extraordinaires parurent sur la terre: Ozpbée, ches
** les Thraces ; Moïse, chez les Egyptiens, et un troisième *' Boiidha, chez les Hindous .... Ces trois hommes qui partent ** également de la même vérité, mais qui s'attachent plus partienlièrement à en ttàn ressortir une des Ibces, s'ils avaient " pu être réunis, seraient peut-être parvenus à faire conns^tre
** la Divinité absolue : -Moïse, dans son insondable Unité:
'* Orphée, dans V Infini de ses facultés et de ses attributs ; «* Foë, dans le principe et la fin de ses conceptâoPB.** Ittt MoJ; p. 816.
— " MOÎC SEUL ESPOIR EST DANS TINS ACTION mOTlPBN Ti IIJ » » » DANS UNE TBANSrOJiMATlON ABLIOLBUSS POUB B.kOKNiîB»» lA lOCIKTÉ."
•* n fallait im culte nouveau dont les dogmes inaccessibles à la raison et les formes inflexibles soumissent également la .Volonté de Thomme et dominassent le Destin. C'était \m immense effort de la Frovidenoe. I«'hoiiiiiiequ'«Ue»ppei&poux
remplir cette terrible mîMion deTait sans doute être plus qu'un csr nm honme tel qu'il «ût été, eût ployé sous l'énomift
fiordeau qu'elle lui donnait asoutenir. Cet homme divin se nonu malt Jésus, c'est-à-dire Sauveur. Il naquit parmi ces mêmes Hébreux auxquels la garde du Htpher de Moïse avait été confiée quinze siècles auparavant, et, parmi ces hommes d'un caractère inflexible, dans la secte des Nazaréens» la plus rigide de toutes. La force montnlo de Jésus, son exaltation intellectuelle, sa vertu animique n'avaient eu rien de compa,rable jusque-là. Il n'était point savant selon les hommes, mais la science du monde ne lui était nullement nécessaire pour son ceu\Te ; elle lui aurait nui au contraire ; il ne lui fallait que de la foi ; et nul, ni avant ni après lui, n'a porte aussi loin cet abandon de la volonté qui s'élance résolument devant elle. U comment sa mission à trente ans, et la finit à trente-trois. Trois ans lui aulBient pour changer la face du»monde. Mais sa vie, quelque longue qu'elle eût été, de quelques miracles qu'il l'eût rduplie, n'aurait point suih. Il fallait qu'il voulût mourir, et qu'il eut la force de ressusciter. Admirable ef&Hrt de la nature humaine aidée par la Providence ! JESUS LE VOULUT, et trouva en lui les moyens de se livrer a mort, pour en braver les horreurs, et en dompter l'indomptable puissance. Ce Roi des épouvantements ne l'épouvanta pas. .. . Je m'arrête. Des enthonsiastes ignorants ou fanatiques n'ont que trop servi par leurs vaines exaspérations à détruire l'acte le plus beau dont l'univers ait été témoin." f . d'O.
— Paboohnb» Dimr Jfcsvs."
L'honune de bien, paînUe au momnnt qu'il expire, Toumo sur ccf bourreaux un œil rolifpicux.
Et bénit jusqu'au bras qui cause son martjre : Tel l'arbre de Sandal que fin^pe «n furieux.
Couvre de ses parfiima le fir qui le déchire."
Ces mots expliquent toute la pensée de Philippe. Comme
on l'a \u plus haut, dans ses études historique?, son but principal était de pénétrer lu cause des schismes rcli;:;ieux et politiques, et l'influence qu'à travers les siècles, ils exercent jsnoora eur noms ; de se rendre compte des intérêts, des vérités, que représentaient les persécutés de toutes les époques, et de mettre en lumière les découvertes scientifiques condamnées
Êar les prétendus orthodoxes comme contradictoires avec les ms sacrés tels que cet mtenea orthodoxes les axaient traduits.
Il aimait iV retrouver, dans le oarnctère du père Alexis, de Hpiridion, quelques-uns des traita de son maître Lamennais.
DisoiPLBs 9B L'EVANGILE KTEEKEL.'
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^ l'évangile éternel. * 209
TTn jour, comparant lea Commentaire ajoutés par Lamennais
à sa traduction des Evangiles, avec les derniers chapitres de Spiridion, où les révélations de Joakim de Flores, de Jérôme de Prague et de Jean Uuss, apparaissent comme fi)niiant le lien de la tradition cbrétimne et de la BéTéhitkm Socialiste moderne, Philippe nous dit : Lamennaia fait revivre Joakim de Flores." Nous nous rappelons que" nous ne lûmes point de son avis à cet égard. Si nous eussions eu à caractériser Lamennais, nous l'eussions comparé plus volontiers au moine Dominicain mais patriote Savcmairole.
Plus tard, Philippe fit des recherches historiques nouvelles sur le Moyen- Age et sur rinsurrection religieuse de la Bohême. C'est alors qu'il écrivit Ulrich de Uutten^ feuilleton que le lecteur trouvera dans la suite de cet Appendice. Comme Philippe n'a pas eu le temps de terminer les Etudes générales dont l Irich de Hùtten ne devait être qu'un fragment, nous donnons ici, d'après nos conversations avec lui, et d'après nos propres redierehes, un rapide résumé de ces Etudes.
L'histoire du Christianisme nous révèle l'existence dans son sein de trois Sectes dont l'une se rattache plus particulièrement à l'apôtre Pierke, et a fondé, sous son invocation, l'Eglise de Borne ; dont l'autre obéit à la voix de Tapôtre Paul, et a donné naissance à la Réforme ; et dont la troisième, qui reconnaît l'évangéliste Jean pour son fondateur, a produit ces grandes inspirations qu'on a appelées les hérésies du Moyen-.^e, depuis Abeilard et son disciple Arnaud de Brescia (1144), jusqu'aux chevaliers de l'Evangile Eternel (1156), jusqu'à Jean Huss a419), à Jean de Leyde (lô35), à JsAN Huniadô* et au faroucne taborite Jbak Ziska ^1424.)
* N'oublies pas ls bhaye Jeam Sobixski, dans cette évocation de grands, hommes du nom de Jxam, aae tous faites d'après les notes recueillict par Philippe pour les travaux historiques qu'il préparait. Ce nom est vénéré
dans notre fainille. Colni qui le portait nous a un souvenir (jui lui
survivra longtemps. Ceux de nos cnlunts qui l'avaient à peine entrevu, ne pouvaient l'oublier ; ceux qui n'Otaient venus au monde que (It'i uis f-a mort, apprenaient à respecter sa mémoire. Fréquemment, une rencontret nn hazard, nous révélait quelque trait de ce nohle earactère dont î'éneri^e» la probité et le patriotisme étaient rehaussés par une bravoure stoïque et dévouée. Philippe, dt^s qu'il sut lire, recherchait si tous ccvix du nom de
Jean, étaient dib'nes de porter ce nom Un soir, il écoutait ut\c de ci »
lectures qui remplissent les soirées de famille : il s'agitait et suivait «wvo
invasion de Barbares. L'Allcma^e était ravagée et les souverain» de l'Europe, trop occupés de Iciirs propres dissensions, ne songent même pas à istminr contre l'ennemi commun, l'inepte «npereur, détesté de t*>u«.
VlBllHB VA BVOCOMBSR, LS OSOMSAKS VA ÊTRB AasOBS BVB I-A TOVR PK
fiT.-ETianini Philippe s*élaiim en eoarant par le salon, en brandiP^ani.
son "sabre," et s'écriant : "Le brave Jean! le voilà! ^^^f,,'' f-jî SoBiESKi 1 VivB LA FoLoass, ç'est elle oui a sauvé l'Europe . m*aTalt4as 7 ans.)
210 APPEXDICE. ^
Philippe, le 22 Férrier 184ê, au moment de partir au eookbvt, éffouye le besoin de justifier par un principe la détermination qu'il prend ; de rattacher à une tradition la cause qu'il va défendre ; mais comme il sent bien qu'il ne g' agit plus d'une réforme purement politique, ni même purement nationale, U n'invoque point les grands nomi de 89 et de 93 ; il remonte plus haut, ou, si l'on veut, il creuse plus
Srofondément dans la société et dans l'histoire ; il s'appuie sur i Révélation, mais sur la Révélation progressive, et il invoque les héros, let martyrs qui ont "voné leur irie «a aerfiee du Peuple et à la défense de la grande Doctrine destinée à réaliser sur la terre la Liberté, la Fraternité, et l'Eçalité.
Or cette doctrine, avant de s'appeler le Socialisme, a eu un nom dans le Moyen-Age ; éOe a en nom rBrAHOiLs
EraBHBL.
Au sein de la Secte des Johannites, vers la fin du Douzième Siècle, une Commimauté de Frères-Mineurs mit en vente à Paris dans l'Eglise Notre-Dame nn livre intitulé YEvanffUê BUnuk Ce livre contenait vne prophétie annonçant que les successeurs de Saint Pierre seraient renversés sous peu, et que dans l'Eglise s'élèverait une nouvelle puissance, sous le patronage de Saint Jean, puissance qui devait faire disparaître complètement les partisans du Siège de Rome. Le pape Alexandre lY fit brûler ce livre en 1256 par la main du bourreau, etlamème année l'Inquisition fut établie à Paris.
Ce livre n'attaquait pas seulement la Papauté ; il remontait jusqu'au Dogme et posait, en &ce de la Doctrine manichéenne de la Chute originelle, la grande idée du Progrès religieux et social. Dans la pensée des Johannites, auteurs de ce livre, la Révélation devait avoir trois époques répondant aux toois personnee de la Trinité. La prameie de ces époques avait fait connaître Dieu le Père (loi de Moïse) ; dans la seconde, le Fils s'était manifesté (mission de Jésus) ; la troisième, qui commençait selon eux, au Treizième Siècl% devait inaugurer le règne dtt Saint-B^^ (Paradet), c'està-dire que le Paradis devait se réabser sur la terre, et que toutes les distinctions arbitraires, toutes les inégalités sociales, toutes les castes qui séparaient les Hommes et les classaient en Clercs et Laïques, en Gouvernants et Gouvemét, en Riches et PauTres, allaient disparaître.
Les hommes les plus instruits et les plus purs soutinrent cette Doctrine de l'Evangile Etemel, et se la transmirent d'âge en àse ; elle eut ses Chevaliers, ses Poètes et ses PrêclUrars ; eue ptésîda à la eréatiosL des ordres mohastiqnes et militaires les plus célèbres ; sous son inspiration mystique •e fondèrent des sociétés secrètes qui subîsistent encore de nos jours ; et enfin repoussée par l'égoïsme et par l'igiionuice des populations occideataies, vaineue m Mltea au
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