‹ Journal d'un combattant de Février Précédé d'un fragment sur l'auteurChapitre 54 sur 63 · LA CANNE DE RABAN · texte numérisé non relu

LA CANNE DE RABAN

Page 134 : La canne à lance de Kaban a revu le combat (9)."

Raban était boBia et de petite tidlle. H portait «ne eamie

2u'il avait achetée, je crois, pour faire son tour de Fnnoe. !eux qui ont connu Raban se rappellent ce voyage, qu'il entreprit en sortant de Doullens, dans le but de faire con* yerget les efEbrts de tous les républicains. L'inTcntion de Daguerre était récente alors ; Raban, un appareil sous le bras, allait de ville en ville, faisant des portraits pour vivre. Il visitait les journalistes, les hommes influents du parti, les simples citoyens ; il les inTitait à s'unir dans une aotum com« mune. On sait quel fut pour lui le résultat. Après avoir ainsi sondé les idées et les hommes, Kaban revint à Paris socialiste, c'est-à-dire, persuadé de la nécessité d'une doctrine générale, seule capable d'associer les bras après aT<^ éclairé les intelligences.

n mit au service du Socialisme naissant toute l'activité qu'il avait déployée naguère en faveur de la conspiration républicaine. Il mourut en Octobre 1845, occupé de notre propagande Socialiste, et nous bénissant tous, nous autres jeunes genS| qu'il voyait décidés à servir l'idée nouvelle.

Philippe, libre de son temps, put soigner Raban durant sa maladie ; il reçut de lui oette^ moue canne à lance qu'il porta en Février, et qui le servit bien moins encore que son sang froid et son intrépidité.

Le fragment suivant, daté du 22 Septembre 1845, nn mois

Avant la mort de Raban, est tout entier de la main de Philippe ; c'est une ébauche du Cours qu'il allait commences et aux premières séances duquel Raban assista :

** 22 Septembre 1845.

** aVJUTXOMS PBOfmTES DB LA SOCTEUIK DE L'HUMANHA.

** Intboduction : Considératians wr la Société actuelle ; Mêi^ éê syMlMM<-4BMSiMMr Isa UmUmee» éémœratiqme éi philoeophiques de f^gogmê^'^Mm «hs mtot, préparer Co¥r9 s» partant dû /mUê pour rmmiUtr mm prkteipee*

qu'est-ce que l'jiomme ?

** Vre Question, — De la nature de l'hiomme.

•* L'homme est «ensa/ ton — sentiment — connaissance înâivîsîhTe» nient unis dans une manifestation une et trinaire à la fois. Une» par la prédominance dans chaque acte ; trinaire, par le concours nécessaire dea troîa»

** La vie de l'homme est une aspiration indéfinie, se manifestant par sa nature trinaire; c'est par cette nature qu'il influe Biir le monde extérieur ou en est influencé. La vie de l'homme est donc une communion néceflsaûre arec ses sen- Uables, avec la Nature, avec Dieu.

ov'bst-cb «os la tix SB x/kqmkm }

** 2ème Question. — La vie de l'homme est une communioa niécessaixe avec ses semblables, avec la Natnxe, avec Dieu : en

tant qu'être, il doit communier avec tout ce qui est ; en tant qu'individu htniuiin, il doit surtout communier avec C Huma'^ nitêf qui est son ubjet^ et dont il est le sujet, parce Qu'il est uni à cette Humanité. Vie eli^ective et auldectiYe^-^ânitioiia à donner.

'* timê Ousietb».— Qu'iST-OB ami L'HoMAHiri }

Réfuter les fausses notions données sur l'homme indiTidu on universel seulement, et dire :

L'Humanité, c'est l'homme-humanité, un être idéal se réalisant à travers le temps et l'espace par des êtres particuliers appelés hommes. Donc, tout homme est l'Humanité & l'état virtuel et dans une manifestation actuelle et particulière» ^ Donc, enfin, les hommes sont solidaires.

" ième Qi/es^ton.— Q.u*E8T-CB qxtb la. Solidarité ?

• ** Réfuter les fausses notions du droit et du devoir considérés séparément. Montrer leur indivisibilité. Le droit et le devoir réunis en action, constituent la solidarité. La vie étant à la fois sul]{jective et objective, et tout homme étant THumanité, le droit et le devoir ne peuvent exister séparément : votre droit, votre devoir sont les miens. Donc tout homme est égal à tout homme. Donc l'organisation actuelle est mauvaise, parce qu'elle est fondée sur la sépantioa du droit et du dereirt sur l'égoïame et le sacrifice.

1>B LA SoCII:TÉ }

" Combattre les notions en vertu desquelles la Propriété, la JFamille et la Cité ont été et sont organisées.

*' li' homme est sensation : il a besoin de propriété poiu giltrantir et développer sa sensation.

•* L'homme est «entiment ;. il % besoia de iMOle^

* ai

lOCSIN,

'* L'homme est connaissance : il doit participer augouvemejment de la cité. ; ** Ces trois olioBeB organisées en Tue du fini, Toilà le nul dans

la société.

*• Ces trois choses devront être organisées en vue de la nature indéfinie de l'homme, et être telles que l'homme puisse j vivre et s'y développer.

'* Introdnetiott à la dême QaesHtm.

** Distinction du ciel relatif bt du ciel absolu. L'absolu, c'est Dieu, c'est l'être^ le xéUtif^ c*est la partie que nous en Atteignons tous le» jours. ,

«< eème Qmtiion.^'PBOQBiB dams x/msiFiNz. .

*' 7imê QtMt^.— Db Bbvaiwahob iiÂm l'Huillnit6."

LE TOCSIN i : .

Page 141 : Le tocsin. . la réaerve marche tur Paris (j;)." .

<* ]£on clier Auguste,

Je me reporte à cette nuit terrible 06 le bourdon de Notre*

Dame, les fusillades et le tumulte lointain m' arrivaient avec les rafales de ro\na.:;in qui courbait nos peupliers jusqu'à faire entrer les branche» pur les feiiêtres ; le roulement des canons,

. le rappel, la marche des soldats, les fourgons pour rartmeiie et pour les vivres, tous ces bruits sinistres me semblaient plus sinistres encore après un court silence... Enfin Philippe rentra:

-je lui ils part de la sollicitude de ma soeur et de Mme. Zoé

I< qui s'inquiétaient pour lui au point de vonkàt envoyer

le chercher dans Paris, tout en me rassurant sur la <raii* quillité rétablie depuis le renvoi de M. Guizot. Je ne pensais pas que l'on se contentât de cette concession, et depuis que j^étais r e s tée seule, le nombre de troupes, de battanti €t de munitions que l'on dirigeait vers le quartier aux bmicadea me disait trop bien qiril ûdlait a'attendxe à de nouveaux combats.

** Bn etifet, Philippe était venu itour quelques instants seulement. Il me raconta la descente du faubourg Saint-Marceau. Le Peuple ! le Peuple agité depuis plusieurs jours s'était enfin ébranlé, et il était descendu. Hommes, femmes, enfants, comme au temps des barbans t à la luear det tocehes, Ils .deseendaimt psiaibleiBent par toutee les rues qjui t'en vont

AFPBHDICS»

yen la Seine ; chantant la Marseillaise. Les femmes portant leurs enfants dans leurs bras ; les enfmts plus grands chantaient et cammient à trarers cette masse formidable qui devenait plus oompacte et s'engouAait dans les réseaux de ces mille petites rues qui s'entrecroisent aux environs de Vllôtclde- Ville. Bien loin de s'effrayer à l'aspect de cette masse humaine, les habitants descendaient de leurs maisons, les boutiquiers apportaient d'eux-mêmes aux insurgés des yiTnt* des rafTaîchissemcnts» leftisant le paiement qiie leur oftalent les moins pauvres.

Philippe me quitta de nouveau : je cosEmtai la troisi^e Itatterie de réserre qui sortsit du champ de Ifmrs, et tetoecia •t ût spteadro l "-^N^U 4$ la mire tU P h O^v ^ J

VOTE (g),

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