LETTBE DE LOUIS GREPPO
•« lAuidres, Mai 18^6.
^ Chère Madame Faure, ♦« Je ne veux pas laisser partir la lettre de ma fbmme sans voua remercier de m'avoir choisi parmi les amis de votre bien wme
Philippe, pour me remettre les papiers politiques qu il a légués ; sans vous dire que quelque soit la distance qui nous sépare, la même amitié nous liera, et que de loin comme de piea, nous penserons souvent à vous et à celui que tous nous avons aimé. Rappelez-moi au souvenir de ceux de nos amis qui vous entourent, et recevez l'assurance de notre afTection.
Lovia GiiBPPO.**
ATTIBB UBTTRB DB LOUIS OBSPBO.
«Londrea, le It Ao&t IBM*
** Madame et chère amie^
Ayant appris que vous ikites imprimer le Journal d'un Combattant de Février, et que vous devez mettre a la suite des lettres, témoignages d'amiUé qu'avait tt "S *2 méite le caractère de mon digne ami Philippe, je «mxaaa
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APPENDICE
manquer à rm devoir sacré, si je ne Tenais m'associer à les nombreux amis pour rendre nommage à ses vertus démo«
cratiques et civiques. Oui, je puis lui rendre ce témoignage ; Philippe Faute était l'im des hommes les plus complets que j'aie connus dans nos rangs j intelligence supérieure, persé- T^ance dans la lutte» d'un caractère fSenne et coucuîant, cherchant toujours et partout à réunir les démocrates en un seul et même faisceau, bien convaincu qu'il était que la discorde et l'isolement ne pouvaient que perpétuer le règne de la tyrannie*
** Combien de fois m'a-t-il dit : Si nous savions nous unir la révolution serait faite ; car il n'y a pas d'obstacle que ne puissent franchir des hommes voulant sérieusement et sincèrement la justice et l'équité."
** Oui, madame, votre généreux fils avait ralaoB | car 11 n'y a que l'union et la tolérance dans les ranges démocratiques qui puissent permettre aux républicains de ressaisir la place perdue et d'assurer ainsi le tnomphe de leur cause. Aussi laxai-je tous mes efforts pour imiter mon brave ami Pliiliiipe, comme lui je dirai toujours en toutes circonstances, unissons nous, c'est le devoir de tout homme sincèrement ami de rhumanité ; penser et a^ différemment c'est se rendre complice de ceux qui opprunent les peuples et étouffant toiite liberté.
*• Pour vous, madame et amie, je ne chercherai point à faire ce que n'a pu faire le temps, à vous consoler de la perte de notre cher Pmli^pe s mais si les sympathâes d'un de see Txaîs amis peuvent «pporter quelque soulagement à vos douleurs, croyez, madame, que vous les possèdes toutes entières.
** Lons OniFFO."
LEIIBES P'ANimB OBEPPO A MADAMB FAUBB.
«Londres, 6 Avril 1856.
7, GibBon Sqnart^ lifflÉgteii.
*' Chère Madame Faure,
** Nous avons été nous-mêmes tellement accablés
par votre malheur, que nous n'avons pu trouver une pardie
de consolation à vous apporter J'ai voulu voiries persones
qui aimaient votre fils et qui s'intéressent à vous ; toutes m'ont chargée de vous exprimer leurs regrets et l'amitié qu'elles vous oonseryent..... Après avoir eu d'amicales relanons l'on se trouve dispersés, sans savoir quand et en quel lieu l'on se retrouvera. Nous-mêmes après avoir lutté pendant plus de quatre ans dans un pays qui nous a constamment refusé le pain quotidien en échimge de notre travail» imos nous soyons
TÊX0IGNAa£8. 3dl
obligés de T abandonner. Mon mari est parti depuis on mois ; et. TBES le milieu de Juin, noua îroma le i<||oindre. C'est à
Lisbonne que nous plantons de nouveau notre tente. Sera-ce notre dernière étape avant que la liberté nous ouvre les portes de la France } Je l'espère.
«Adieu, ma elièie Madame Fanxe^ croyes que quelque part que le destin bous conduise, le souTenir de votre fils et le vôtre nous suivront, et receves 1» emhrassements que J&mj et moi nous vous envoyons. ^
M Lisbonne, 28 Jviillet 1836,
Chèie Madame Pâme, chère amie.
«'Que Je regrette, que sous legrettous toas fue le destim
&0U8 ait pousMs si loin de ceux que nous aimons et que la 4ifllculté de correspondre rende rare le seul plaisir quinous reste. ....Pourtant ie vous aurais écrit plus tôt, si je n'avais attaBdm que BOfos itasuoDS installés, afin de pouvoir ma donner une iidresse pour nous éerire.
"En arrivant ici j'espérais pouvoir remettre moi-même la lettre ' ' - ^ -
mais qu'el]
J'ai pris le parti de la lui envoyer par la poste, aussitôt que j ai pu lui donner notre adresse, la priant de m'écrire quelques mots aussitôt qu'elle Taurait reçue. H r a de cela presque deux semaines, et elle ne m*a pas répondu. Nous avons vu Don Estevào. Nous lui avons paiié d'elle: il paraît savoir savoir peu de choses sur sa position actuelle, et nous a dit qu u en attendait prochainement des nouvelles par quelqu un qm devait la Toîr A son couvent. Je regrette vraiment beaucoup qu'elle ne soit pas à Lisbonne, c'eût été poux moi un bien iprand plaisir de la voir.
Vous aves trop vécu avec les Portugais pour que je voua donne des détaila de Liabonne. Le tableau a dû vous en être fait par des personnes qui tous l'ont mieux peint que je ne saurais le faire. , ^ ,
Mon mari est toujours occupé dans une fabrique ; sa rétribution étant médiocre, Jenny et nun penaooa y Bupplêer par un peu de travail | maia dans ce moment il amit diibciie ae s'en procurer. ji «m
«* Les fortes chaleurs et l'apparition du cnoléra oans »«» mws ont fcit ftnr à U campagne tous ceux qui ont position riche ou aisée. Je crois qu'on s'effraie au de la au mal, car le Docteur Barbier, que nous voyons «l^^^^^^V^ nous dit que la peur fait presqu' autant de Boal que la a^aiaoïe
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Adien, dik» miMlamt Fam, ^iqiie hkn. éloignés nom eoniiervons l'espoir de ton» xmir, et ifont e&Tojoni no* «incèrea cmbraiêemenU.
** Votre amie,
Amix Gasrro."
ïiVCSBE DB jBinnr obbppo.
LUtonaa, M Oetokct
'* Merci, chère Madame, du petit souTenir que vous m'aves eavoyé ; Il m'est doubUanent ptrédenz puisqu'O snit été
e<mmiencé par cette douce et bonne Isaure, et que tous aTes eu l'extrême bonté de le finir quoique accablée et torturée par la douleur. Merci encore et soyez convaincue que je suis bien sensible à cette marque d'attachement.
M Ce matin enoore je rdisais Totre bonne lettre. Merci dès bons conseils que vous me donnez. Vous me dites aussi de ne pas oublier votre cher enfant ; non, bonne madame Faure, je n'oublierai jamais mon ami, il m'avait inspiré ime affection trop sincère et trop vive pour que la pierre d'un tombeau mâle puisse l'effacer de ma mémoire. Ce que je regrette seulement, c'est de n'être point auprès de vous, non pas pour TOUS consoler, il est des plaies qu^e se guérissent pas, mais pour pleurer avec yous celui qni est à juste titre regretté de tous ceux qui l'ont connu.
'* Je ne vous dirai rien de Lisbonne, je ne la connais que bien imparfaitement ; ici les femmes sortent très peu, jamais seules ; ea un mot les habitudes mauresques prévalent encore sur toutes antres en ee pays. Le ciel est beau depuis six semaines, pas un nuage ne l'obscurcit, mais la verdure est entièrement grillée par les ardeurs d'un soleil tropical ; elle ne xeriendra que dans deux mois.
** Adieu, au revoir, chère et bien simée madame. Puissionsmnia être réunis plus tôt que nous ne l'espérons ; quoiqu'il ailTienne, comptez-moi toujours au nombre de ceux q\4 Tiras aiment sincèrement et qui seraient heureux de vous le prouver.
** Adieu enoor^ je tous embraiie du fond du cceur.
" JnKinr Gaam."