‹ Journal d'un combattant de Février Précédé d'un fragment sur l'auteurChapitre 60 sur 63 · I.ETIBE IVANIŒ GBEPPO · texte numérisé non relu

I.ETIBE IVANIŒ GBEPPO

M x«ndrM, M Mars 18S%

** Chère Madame Faure, chère amie, , ^ Il y a quelques mois déjà que nous sommes à Londres, et tt je M TOUS a& pas éerit» c'est qu'en m'atiit dit ^le tous

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TÉM0I0irA.0£8.

aviei quitté Jersey. Pensez^yous y rester longtemps, et Vipenés oomme on l'est depuis quelques snnMt, tous y

este-t-il au moins des amis ? Mon Dieu que je voudrais '0U8 savoir sinon heureuse, (vous ne pouyex moralement pas .'être), maiâ au moins entoiirée d'aifection.

'* Pendant notre s^our en Portugal, Madame S m'a

écrit plusieurs fois, et avant mon départ ^e lui ai écrit une lettre d'adieu ; je lui parlais do voue et lui demandais qu'elle voulût bien écrire une lettre dont je me chargerais ; elle ne m*a pas répondu, ce qui m'a ftit supposer qu'elle n'était plus à Coïmbre. Coïmbre est à vingt lieues de Lisbonne, et je ne connaissais personne qui pût me donner sur elle des ren* seignements.

Quand après quatre annéea de Intfcea inoessantea en

Angleterre, nous sommes allés en Portu^, nous avons cru qu'en travaillant nous y trouverions au moms le pain quotidien, mais notre mauvaise chance nous a poursuivis jusque là ; car àpeiiie Jenny etmoiy étiona-nous anhrées que mon mariée trouyait mus emploi, la maison où il était ne peuTant pas continuer parce qu'elle manquait des fonds nécessaires pour cela. Nous avons cru lutter contre cette nouvelle catastrophe en &iiaat Tenir de Pkance quelques mardiandiaes, soit pourlee Tendre, amt pour eonfectionner des chapeaux, et de ce côté là nous n'avons pas eu plus de succès, il est bien difficile de faire quelque chose dans un pays où l'on n'est pas connu, surtout lorsqu'on ne peut pas s'établir de fa^on à attirer leé èUenti» Nous avons donc dû, après avoir épuisé ^ noe detnidKce ressources, revenir en Angleterre, oik au moins nous aTOna quelques sincères amis.

** En arrivant ici, Jenny s'est placée dans une maison de commerce, mais mon mari est resté sans emploi jusqu'au mois de Janvier ; c'est à cette époque seulement qu'il est rentré dans la maison de dorure où il était avant notre départ pour Xiisbonne.

*' Si je TOUS donne ces détails, c'est que vous me les ares demandés ; c'est que je sais que vous vous intéressez à tout ce qui nous touche, et c'est enfin pour que vous sachiez que nous gagnons strictement notre vie, mais que n(»us la gagnons.

** Nos santés sont heureusement bonnee ; areo cela noua avons toujours la même foi, la même espérance, tiovls pourrons encore lutter contre l'oraçe qui semble gronder autour de nous, car le sol qui tremblait hier sous les pas des proscrits ne nous ssmUe pae ralfeimi aujourd'hui, et ne le sera certainement pas demain. Nous ne croyons pas aux courtoisies des deux gouvernements, elles ne sont que pour la forme, et renferment au fond de cruelles menaces.

'*Noiia mna peu de nouTcUes de France ; noua aaTona ieoliOMBt que te tnpiUtiowi eont peimanentea, qiio oan»

an

toutes les pillés iM pciMms soat pleinet, et que la penr M telle qu'on n'o«e plus adresser un» lettee en Angl^ene «a

aux proBcrits des autres pays»

" Combien de temps encore 1m Uberté, la justice, sera-t-ellftcomprlmée par les tyrans ? Je l'ignore, mais ce que je i«is> c'est qu'ils ne parviendront pas à l'étouffer.

" Adieu, chère Madame Faure ; écrivez-nous quelquefois et recevez les embrassements bien sincères de vos amis.

♦* Nos amis, et en particulier les familles WeiUard et Clie* vassus me chargent de tous envoyer leur meiUeuxe amitié."

«• Londres, 19 Ifars IBM.

Uit's 8«naM/ Gotiran BmA.

'* Bien diàre madame,

2 ne vous émetCies d'avoir quelques mots Se moi. Lalssei-mioi 'abord vous remercier de la bonne amitié que vous m'aves conservée, amitié qui vous est bien rendue, soyez en sûre ; je pense à vous souvent, bien souvent ; et ce n'est pas Bans émotions que je repasse dans ma mémoîie tout ee qui a'iot paasé depuis plusieurs années pour nous tous. Je me plais surtout a me reporter vers ce temps heureux, si on le compare à celui qui lui a succédé, où nous étions à Éemem Street, Tirant toua en ftmille ; oe pauTse dier Philippe était Û partu^eant tontes nos joies, comme toutes nos peines ; aujourd'hui nous sommes tous isolés, cherchant à résoudre ce problème profond, à pénétrer ce mystère que la mort seule tMle i Tout est-il fini pour nous, quand noua aTona quitté cette terre ?

Je ne le crois pas, je ne veux pas le croire. N'est-il pas plus doux, plus consolant de porter en son cœur l'espérance de revoir ailleurs ceux qu'on a aimés ici-bas. Cette pensée TOUS aide à supporter la Tie et tous éTile de redouter la mort I " Vous vous rappelez sans doute Alix Herriez ; dans chacune de ses lettres elle me parle de vous et cela en termes tvès-affectueux ; elle vient de se marier il y a à peu près trois aemaînea. Fuisse-t-éUe être lummae ; elM le mérite Uon. J« me propose de lui envoyer votre adresse, elle se fera un plaisir de vous écrire quelques ligpnes^— «-elle auaai elle «ïina ^^ et eUe regrette votre fils

Je tomine en tous pliant do eiotre, bien «hteo madwinn Fauie^ que ce n'eat paa par indifliiVMa qu* je tow «i paa

Anne Gbbppo.

** C'est avec une joie bien sincère

rends au désir

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TÉMOIGKAGES,

écrit depuis si longtemps ; mais on. remet toujours d'écrire à 8M ma» quand on n'a que de tristes nouTélles àlevtr donner.

Adieu ou plutôt au revoir, bien chère Madame ; croyea à la ftinoère et tespeotoeuse affection de Totre toute dévouée,

**Jmàxixb Obstfo."

«'Londns, 18 AoAt 1868.

*' Chère Ixnme Madame Fanre,

"Nous avons rei^u a¥ee un indicible plaisir votre aimable lettre, ainsi que les deux charmants souvenirs que vous y avea joints. Comme tous êtes bonne, chère Madame, d'avoir malgré TOtre Tue qui ftiblit trouTé moyen de finir des ouvrages aniii jolis et aussi délicats ; ils nous sont doublement précieux.

'* J'ai serre votre petit sac dans la même boîte qui, depuis cinq ans, renferme le porte-montre que m'avait fait ma chère Isaure. Si ee porteaiiontre et Tunique lettte qu'elle m'ait jamais écrite, sont les seuls souTeniis matériels qui me restent d'elle, je garde dans mon cœur un bien bon souvenir de cette amie que j'ai dù regretter avant même d'avoir été en âge de l'apprécier comme elle le méritait.

*< Ayant peu de temps je tous écris en liftte, mais je ne Toulaia pas que la lettre de papa partît sans vous envoyer un not de remerciement et d'amité, un souvenir à Fliilippe.

Votre affectionnée,

" Jbanîte Greppo.

" Maman vous embrasse mille fois. Tous parlez de départ sans nous dire ah tous ailes.'*

USITEE D£ CH£VAâSU&

««LoadNSiftMt tm*

*' Madame Faure,

** Bien que Madame Greppo, cette excellente amie, ait bien Toulu nous associer, ma femme et moi, à l'expresrion de douloureuse sympathie qu'elle tous exprime dans la triste solitude qui vous est échue en partage, parla perte irréparable de votre bien aimé Philippe, je lui ai demandé la permission d'ajouter moi-même quelques lignes. Fuissent-elles, en tous portant l'assurante des regrets profonds que sa fin prématurée a fait naître ohoz tons ses amis, contribuer à adoucir l'amertume de votre désolation ! Tiaissez-moi vous dire encore combien

sa mémoire reste entourée de respect et d'admiration Tl

est tombé TaiUamment dans la lutte du devoir. Sa Tie a été un continuel dévouement à la cause de la justice et du droit.

'•Soyez fiôre d'un tel fils, et si la mort vous l'a ravi, songez qu'il vit encore par sa mémoire et que l'affection de tons set «mis tous lusCe à jamms acquise.

AFPBNDIOX

** Veuillez, ehAve ICadame, agréer «i nom de mes enfiuits, ea celui de ma femme et su mien» rexprwion la plue lincère d'im déToument inaltérable,

** B. Chbyàssus Fils."

UBZXBB PB OfBJJUfB.

« Paria, 23 Janvier 1856.

*' Je n'essaierai pas, Madame, de vous consoler, car je sens que cela est impossible, je comprends combien votre douleur est immense ; permettes-mm senlement de Tenir tous dire avec quel elieg^ nous avons ressenti la perte ai douloureuse que vous venez de faire, et permettez-nous d'associer le témoignage de nos regrets et de nos sympathies à tous ceux que vous deves recevoir.

** Nous ommaiiBionB trop celui que Tone pleures pour ne pas

l'aimer comme il en était digne.

*• On n'a pas plus de cœur, plus débouté, plus d'esprit; on n'a pas plus de noblesse et de délicatesse dans les sentiments ; je ne oonnaissaia rien an monde de bon et de dévoué comme lui : quel soin incessant il prenait d'être agréable aux autres et de s'oublier lui-même ; aussi, comme il était aimé de toutes les personnes qui avaient le bonbeur de le connaître. Quand en parle de lui ee n'eet que les louanges dana la bouehe et les larmes aiix yeux.

** Mais je m'oublie, Madame, en ravivant ainsi vos douleurs; cependant je n'ai pu m' empêcher de vous donner une marque de notre sympathie.

Venez, Medame, et vous venei oombien on Taimalt, tous tw m we a iÎBi bien dei cœurs pour vous compzendie et pletoer avec vous.

" Nous vous embrassons tendrement,

Votre toute dévouée,

•*C<8Lnni/

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