‹ Journal d'un combattant de Février Précédé d'un fragment sur l'auteurChapitre 6 sur 63 · PHILIPPE FAURE · texte numérisé non relu

PHILIPPE FAURE

Verrai-je partout des tombeaux, et tout ce rivage est- il peuplé de souvenirs funèbres I

Voilà l'endroit où j'ai serré, pour la deniiêre fois, la main de PmLiPPB Faurb.

Tous voyez ce chemin tortueux qui, du rocher où je suis, mène à la ville par Colombene ; o'est laroutedeSaint-Glémisnt. Hé bien, à une portée de fbsil d'ici, je montrai à Faure le nom de La Mennais, écrit à Tangle d'une rue qui débouche sur cette route : La Mennais Place,

Ah I comme il a été bien inspiré celui qui, profitant du droit que chaeun a de nommer comme il veut les constructions qu'il élève, se trouve avoir ^ donné à cette rue un nom qui lui restera. 0 ami, ami illustre ! Ta tombe n'est pas ici, et ta charité n'a Toultt d'autre tombe que la fosse commune, le grand gouffre où disparaissent les pauvres de Paris; hé bien, soit I mais tu auras ici, du moins, un céno-

IX BOCHBR OB8 PBOBCBnS.

taplie. Cette rue est jm exemple poar ton pays

Breton. Ont-ils pensé, de l'autre côt«'î du détroit, à faire ce que la main d'un étranger a fait ici, depuis longtemps, pour toi ? *

Nous dîmes cela ensemble d'un commun accœrd, moi, vieux, qui ai vécu des années dans le commerce de La Mennais ; lui, jeune, mais depuis longtemps l'ami et le disciple de ce maître vénérable, • • • •

Et puis, nous nous dîmes adieu, nous nous séparâmes. • . • ce fut un dernier adieu. » • .

A quelques jours de là, il mourut. • • . H mourut en quelques beures dans les bras de sa mère. . . . Ah ! pauvre mère. . . .

Elle m'a envové ce matin demander les Paroliis b'vn CBOTAiiT ; elle veut mettre, sur le tombeau qu'elle fait ériger à son fils, ces strophes de La Mennais :

" —Jeune Soldat, où Tas-tu ?

** — Je vais combattre pour la Justice, pour la sainte cause des Peuples, pour les droit»

l sacrés du Genre Humain.

** — Que teft armes soient bénies, jeune soldat.

«< j6ime Soldat» où Tss-ta ?

"~-Je vais combattre, pour que tous aient au ciel un Dieu et une Patrie sur la terre.

•* — Que tes armes soient bénies, sept fois bénies, jeime Soldat.*^

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