‹ Journal d'un combattant de Février Précédé d'un fragment sur l'auteurChapitre 7 sur 63 · PHILIPPE FAURE · texte numérisé non relu

PHILIPPE FAURE

Jamais épitaphe n'aura mieux convenu au mort. OK ! cette mère a bien choisi. Elle coimaisaait bien «m fils, son trésor perdu. Elle et son fils ne &iBttieat qu'on. Us n'avaient qu'un cœur, qu'une Âme.

Comme on a raison de dire que la mort achève de tracer la vraie figure de notre vie ! Je vois maintenant la vte de Philippe Faure bien plus

clairement, quoique je l'aie toujours sentie et comprise. C'était un chercheur de la Vérité, sans doute ; mais il lui fidlait une action, une réalisation, n était consacré.

Ouï, il était vraiment consacré comme un Nazaréen.

Semblable à ces mères antiques qui oonsaoraient leurs fila au Seigneur pour toute la vie, sa mère

l'avait consacré dès sa naissance.

Cette mère avait connu, aimé Fabre d'Olivet, une grande intelligence égarée dans les rêvés des sci^ees occultes, dans les mystères de Paldiimie, et trop portée à s'envelopper des nuages de Tésotérisme. Il voulut, au milieu d'un monde idéalement afirancbi, réédifier un temple secret ; il se fit prêtre à la façon antique, mêlant FEgyptianisme au Christianisme. Mais il fut frappé d'apoplexie à cinquante ans, sur les marches de son autel, au moment, je crois, où il célébrait sa messe.

Que fera-t-eUe de son fils, maintenant que rini« tiateur n'est plus, quel'Epopte qui devait lui ouvrir les yeux a lui-même fermé les yeux ; que l'Hiéro-

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pliante a disparu, sans laisser de sneoeeseur P Elle

ne peut que lui transmettre, de souvenir, les enseignements qu'elle a reçus, et que la reconnaissance a gravés dans son Ame; car hors de oe culte de la mémoire, quel autre secours lui reste>t-il F line lueur faible, incertaine, et qui semble enveloppée à dessein^ se montre à peine dans des ouvrages inacheTés. C'est une marche à travem robscunté des sinnenz «sentiers des Pyramides, ayant d'arriver à la salle où s'achevait l'initiation et où brillait la Imnière.

!N 'importe, il est consacré. Elle le destina, cette mère héroïque» aux pLas nobles dévouements. Dès Fige de huit ans, elle le conduisit à Sainte-Pélagie, dans la prison de Jeanne. L'enfant se lia avec le prisonnier ; et Jeanne, emmené de Paris à Ham chargé de fers^ écrivait sur les marges d^une lettre que Philippe lui avait adressée L'amitié et

les paroles naïves de cet enfant me consolent '* dans ma captivité." (a) Plus tard» après la mort du martyr républicain, Philippe reçut des mains du père et de la mère de Jeanne la croix que celui-ci avait gagnée en Juillet. Cette croix, Philippe la porta» quinze ans après, sur les barri* cades de Février.

Les visites de Fenfimt à Bainte-Pélagie hd firent dès ce temps connaître Godefroy Cavaignac et Marrast. Un de ses parents le leur présenta. Philippe alors fut séduit par leur conviction républicaine.

(mj Four oe renvoi oi pour tout Im fuivants, voir rA|vp«DdiiM»

PHILIFFE FAUBSc

Mais QtodBbùy mourut, et Marraat trahit.

Bemm hamme, Phil^pe diecefaa, • « •

n s'apfiroeha de nous 3 s?Be aouBé . . •

Mais il trouva le plan trop vaste, il y avait trop à méditer, il fiallait trop de patience, la vie a'y eonsumendt. • • • O dëair de réaliwttion, eomUea ta ea as égalée I

Alors il entendit La Mennais s'écrier : — " Seigneur, ils sont là gisants ; mais ils n'y s^nt ' pat étemellemeat I lîneore irok jimr$, 0tld m»tai *' aaorilége aem brisé ; et ceux ^ui dommt so " réveilleront, et le règne du Christ, qui est Justice et Charité, et paix et joie dans TEsprit Saint, oommencem,**

Et Philippe répéta, après La Mepnaia ; — jiînsi

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Oh ! je me souviens de cette nuit (c'était Payant-veille du 22 Féyxier) où Ton me conduisit, ayec quelqiie mystère, à cause des embûches de la police, dans ime maison destinée à être démolie, au centre du quartier le plus populeux de Paris. Dans une chajnbre déjà abandonnée, à la lueur d'un lampion, je yis nne £bale de figures qui toutes me connaissaient. — '* Que faut-il fSure ? La Bourgeoisie prépare une émeute ; mais si nous nous en mêlons, ce sera \me Béyolution." — Ce fut Philippe qui posa ainsi la question* Et quand j'eus parlé, qui fut mon contradicteur P. • • • Ce fut lui«

LE BOGHEB DES PB06GBII8.

Le surlendemain, en effet (qu'il en ait la gloire), habillé en Montagnard des P3a-énées^ et remarquable par une énergie que ea faiblesse corporelle . &isait encore ressortir» sur la place de la Bévolxt- TiON, il transformait une émeute de la Bourgeoisie eu Révolution!

La Mennais aura donc fiiit Tépitaphe de celui qu'il aima ! de celui qui porta peut-être au plus haut degré la foi dans ses prophéties et le caraetère de son école.

C'est à merveille! Mais que dirais-tu, mère infortunioy si, lorsque tu iras visiter le tombeau élevé par tes larmes, au-dessous de ton inscription tu lisais ces paroles de celui que La Mennais adora longtemps comme un Dieu :

« Quiconque tixm Tépée, périra par l'épée." (bj

PIEiiEE LEBOUX.

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