‹ Journal d'un comedien. Illus. de Julian-DamazyChapitre 12 sur 17 · REPRESENTATION DE RETRAITE · texte numérisé non relu

REPRESENTATION DE RETRAITE

UmailSdd.

Le spectacle se composait du : Dîner de Pierrot, joué par M''-^ Bertiny et M. Truffier.

Cinquième acte de VEtrangère : M"""^ Barretta Worms,Pierson, Brandès^MM. Prud'hon, Lebargy, Leloir, Alb. Lambert, Samary, Hamel et Falcounier. Je jouais Clarkson.

Deuxième acte de la Mégère apprivoisée : M"'^^ Marie- Louise Marsy et Muller; MM. Coquelin aîné, Coqueliu cadet, Laugier, Leituer, Berr.

Troisième acte delinij Blas : M"^ Bartet; MM. Alb. Lambert, Febvre, Don Saluste.

Les Précieuses liidicuk's : M"''" Marsy, Legault. Alb. Lavigne, du Palais-Royal; MM. Coquelin aîné, Dailly, de TOdéon; Galipeaux, du Vaudeville; Lebargy, lîouclier : Un Porteur, Silvaiu ; t' Porteur, Paul Mouuet.

Troisième acte de VA mi Fritz : M""^ Reicbemberg,

Pauline Granger ; MM. Got (Febvre, Fritz) et MM. Coquelin cadet et Jean Coqueliu.

Intermèdes : M"'"^ Yvette Guilbert, Tliuillier, Leioir, Amel.

Pièce de vers, d'Armand Silvestre, dite par M''" Bartet, devant tout le personnel de la Comédie- Française.

C'est toujours une cérémonie un peu triste que celle d'une représentation d'adieu, une sorte de prologue de l'oubli, ce second linceul des morts, comme dit Dumas, dans Antony, et qui évoque, dans ma pensée, le souvenir de ce mot si navrant de M"'' Mars, le soir de sa représentation de retraite.

Après que le rideau se fût levé et baissé une dizaine de fois, alors ([u'il reloml)ait lentement, pour la dernière fois, la grande artiste, quoique à moitié morte d'émotion, eut la force de se tourner vers ses camarades et de leur dire :

« Eh bien ! mes bonnes amies, il me semble que cela peut passer pour un co}iroi de /"^ classe? »

La Comédie-Française garde encore le souvenir respectueux de la représentation de retraite de Monrosepère. Ce soir-là, rilluslrc Sriipin jouait le Hurhier de SrriUe : mais, sou état de santé avait e.vigé que le docteur lUanchc l'assistât toute la soirée.

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Diiprez, le créateur de Guillaume Tell, avait voulu chauter dans la coulisse la romance deLiudor, pour donner à son vieux camarade une preuve de ses affectueux sentiments.

Car, il existait, à cette époque, une camaraderie, disparue depuis... On s'estimait, on s'admirait même... On peut lire, dans les souvenirs du vieux temps, que Saint-Prix suivait Lekain à l'entrée et à la sortie du théâtre, et qu'il posait avec soin ses pieds, là où celui qui fut son modèle avait déjà posé les siens. On pouvait dire de lui, dans le sens précis du mot, qu'il avait marché sur les traces de son illustre devancier.

Plusieurs sociétaires, en ces derniers temps, renoncèrent à leur représentation : les uns, empêchés par la maladie, les autres, par un sentiment que l'on s'explique, quand on a passé par cette terrible épreuve.

^jmes Croizette, Madeleine Brohau, Nathalie, Jouassain, E. Riquier, Dinah Félix se sont dérobées à cette pénible émotion.

MM. Thiron, Barré ont quitté la comédie, sans donner au public la satisfaction de les applaudir une dernière fois. Hressant étant très malade, ce fui le coniilé (|ui organisa sa soirée dadieu. Le résultat fut beau ; mais, il l'eût été plus encore, si celui i)onr (jui se donnait la fêle avait i)U pi-eiulre

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part à la représentation, regrettant surtout de ne pouvoir plus mettre sur l'affiche :

Cotnniien onlnuiifc (Je l'Eiiipcreiir.

Ce titre, auquel il tenait tant et qui remonte à la date du 3 juillet 1804, ne disparut que vers 18 lo. La dernière soirée où Napoléon P'" vint à la Comédie- Française, le spectacle se composait dWthalie.

Je reviens à la représentation du 24 mai 1893.

Pendant que ma charmante camarade, M"" Bartet, de sa voix si pénétrante, prononçait V Absoute, d'Armand Sikestre, je me mordais les lèvres, dans mou coin, pour ne pas éclater en sanglots...

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