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la compléter. Dix mille ouvriers sont employés à la construction d'une énorme cale sèche do cent soixante et onze mètres, plus longue de vingt et un mètres que celle de Kouré.
C'est d'ici qu'on ravitaille l'escadre de l'amiral Togo non seulement en charbon, mais encore en munitions, en vivres et en effets. Sans compter les charbonniers et le paquebot-poste, trois ou qiiatic transports parlent chaque jour à destination du ce?'tain point où se tiennent les flottes combinées.
L'alimentation des dix-huit mille matelots qui en composent les équipages est l'objet d'un soin tout particulier. Voici leur menu : le matin, thé et pain frais; à midi, riz et poisson; le soir, viande de conserve, riz et pain. Un des affrétés quitte le port avec neuf mille pains d'une livre représentant chacun deux rations. Les boulangeries de la marine suffisent à ce service; l'État, en procédant lui-même à la fabrication, réalise une sérieuse économie, car le pain lui revient à trois sens et demi ; il en coûterait six, si l'on s'adressait à l'industrie privée.
Les conserves n'ont pas été adoptées sans difficulté par les marins. Déshabitués de la viande par des siècles de superstitions bouddhiques, les Japonais ont une aversion prononcée pour toute autre chair que celle du poisson. Les efforts des officiers ont pourtant fini par triompher, et le premier résultat
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(lu changement de régime alimentaire a été la disparition compIMe du hahke. Cette dangereuse maladie, comnume à tous les pays dont les habitants se nourrissent exclusivement de riz et de poisson, s'attaque de préférence aux hommes jeunes, robustes et bien constitués. Elle se manifeste d'abord par un engourdissement des extrémités, qui dans les cas graves se transforme rapidement en paralysie partielle. Le mal est souvent mortel et prive, dès les premiers accès, le malade de l'usage de ses membres.
On se rend compte du péril dont il menace les armées, d'autant plus qu'il sévit particulièrement parmi les grandes agglomérations humaines. Il a déjà paru, quoique sous une forme bénigne, en Corée, au commencement de la campagne, et a sensiblement diminué l'etrectif des divisions du général Kouroki. Dans la flotte, au contraire, aucun cas d(^ kakke ne s'est encore produit. L'état sanitaire des escadres est d'ailleurs excellent, ainsi que le démontre une statistique toute récente. La morbidité moyenne depuis le commencement de la guerre n'a pas dépassé cinquante-huit centièmes pour cent du contingent embarqué.
La boisson des équipages n'est pas, comme on pourrait le croire, l'eau distillée. Pour éviter le scorbut, on fabrique à Sassebo de la limonade gazeuse, expédiée à l'escadre par fournées de cinquante mille