‹ Journal d'un diplomate en Allemagne et en Grèce: notes intimes pouvant servir a? l'histoire duChapitre 25 sur 40 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

lallation rue du Slade. — M. Rlially, ancien président et ministre. — Retour au Pirée des combattants de la Crète. — Dîner chez le oi. — La légation d'Angleterre. — M. Phipps. — Les mines du /■lurium. — M. Hilarion Roux. — L'Acropole.

Athènes, 20 janvier 1867.

La rue du Stade est une des grandes rues d'Acnes; elle n'est point animée et commerçante mme les rues d'Éole et d'Hermès. Elle commence X champs, traverse la ville et aboutit au palais du i, ce qui, toutefois, ne veut pas dire qu'elle soit ague; on lui donne cinq cents mètres, c'est beauup. L'hôtel de la légation d'Angleterre et celui de légation de France sont situés rue du Slade. C'est os de là qu'on m'avait indiqué une petite maison unétage^ à trois fenêtres de façade. L'ayant troue suffisante, nous l'avons louée, moyennant une lantité raisonnable de drachmes.

Il m'a fallu, le jour même de notre débarquement, aclicter les meubles nécessaires pour garnir ce modeste logis; grâce à des tableaux, à des objets d'art rapportés de France, des tapis d'Orient, de^ divans recouverts de perse, notre installation est très-coBvenable pour un diplomate sans importance. La vie n'est pas coûteuse à Athènes, il est vrai que la chère y est fort maigre. Ici, il faut un peu se considérer comme aux bains de mer ou en villégiature.

Athènes offre moins de ressources qu'un simple chef-lieu de canton du beau pays de France. Tout vient de Tricste, de Marseille ou de Livourne; aucune industrie, aucune fabrication. Il y aurait, à ce propos, bien des choses à conter, mais j'ai pour le jeune souverain des Grecs un trop profond respect pour vouloir critiquer son peuple.,.

Le surlendemain de mon arrivée, après une promenade dans la ville, je rentrais chez moi, lorsqu'en pénétrant dans la chambre de madame d'Ideville, j'aperçus, grimpé sur une échelle, un Vieux bonhomme en manche de chemise, occupé à clouer et déclouer mes tableaux. « Eh ! mon brave, fis-je, qui vous a chargé de cette Besogne? » — « Je ne veux pas qu'on abîme mes murs », fit le quidam de mauvaise humeur; « qu'avcz-vous besoin d'accrocher tant de choses? je vais vous donner un conseil... » -:-'« Ah! vous êtes mon propriétaire, très-cher monsieur, fort bien ! Je n'avais pas le plaisir de vous reconnaître, mais faites-moi la grâce de descendre au plus vile

de votre échelle et de vous retirer chez vous. J'ai loué votre maison, je suis maître du logis; nous réglerons à mon départ les indemnités. »

Le bonhomme descendit et replaça en maugréant son échelle sur son dos ; le trouvant aigre, je devins amer, lorsque tout à coup, il me jeta avec douleur ces mots stupéfiants : c< Mais, monsieur, vous ne savez donc pas que je suis grand officier de la Légion d'honneur ; vous ne me parleriez pas ainsi ! » — a Comment ! fis-je ; que signifie cette plaisanterie? » — « Rien de plus vrai cependant ; j'ai été ministre de la justice, président du conseil, président de la Cour des comptes et du conseil d'Ktat. » — « Ah! mon cher propriétaire, mille pardons, j'ignorais ces détails ; alors vous devez, certainement, vous connaître mieux que moi en fait de décorations ; je vous laisse donc carte blanche! » Nous nous quittâmes les meilleurs amis.

Mon propriétaire, en effet, M. Rhally, était un grand personnage du temps du roi Othon. Homme honorable et fort intelligent , il habite la maison voisine de la nôtre, mais son intérieur est des plus modestes, mon propriétaire n'ayant de commun que le nom avec les richissimes Rhally de Londres. Il a deux filles charmantes et deux fils distingués, qui font leur droit à Paris. Cette simplicité de mœurs m'a surpris, mais peu à peu je m'y habituerai; on coudoie a Athènes tant d'anciens ministres et tant de présidents du conseil, que Tauréole qui environne le pouvoir finit par s'effacer d'une singulière façon.

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Athènes, 21 juiTier 1867.

Hier, à minuit, j'étais chez M. de Gobineau^ quand Tamiral est arrivé précipitamment duPirée. Grand émoi ; les nouvelles sont graves. Un navire de notre escadre, la Salamandre^ venait d'entrer au Pirée, escortant deux frégates turques chargées, comme la Salamandre^ de volontaires crétois traqués, affamés, découragés, qui s'étaient remis, armes et bagages, aux mains de notre consul à Candie pour rentrer en Grèce. Les Turcs, qui auraient pu si aisément transformer ces infortunés ea prisonnière de guerre et les traiter comme tels, avaient, au contraire, aidé les Français à cette œuvre d'humanité. Les volontaires, au nombre de 400 environ, étaient toujours à bord de ces bâtiments,' et Pamiral venait prendre les ordres de la Légation pour opérer leur débarquement.

Il était une heure du matin quand le ministre des affaires étrangères et Photiadis-Bey, le ministre ottoman, arrivèrent, mandés par nous, chez M. de Gobineau pour recevoir, l'un la triste, Taulre la bonne nouvelle. Le cas était grave : on s'attendait, en effet, à une réception au moins froide de la part des liabitants du Pirée.

Ce matin donc, mon chef m'a envoyé au Pirée, à bord de la Renommée^ pour m'entendre avec Taini-

ral Simon et assister aux événements. Voîci ce qui s'est passé : à peine les premières chaloupes et embarcations de la Salamandre eurent-elles déposé à terre les volontaires, que la population se rua sur eux pour les massacrer à coups de pierres, à coups de couteaux. Un grand nombre de ces malheureux furent jetés à la mer et nous aperçûmes même des bateliers sauter sur leurs canots pour jeter un lacet autour du cou de plusieurs des volontaires; Tun d'eux fut ainsi traîné, noyé sur le quai.

En un clin d'œil, des embarcations françaises et russes se précipitèrent vers le théâtre de la lutte dans le but d'arrêter ces atroces vengeances. Elles recueillirent ainsi une vingtaine de victimes. Les autres eurent le temps de se réfugier dans une maison de la douane; la foule les suivit en hurlant, mais quelques soldats en gardèrent l'entrée. Pendant ce temps, pour tromper les émeutiers, on débarquait ailleurs, sur un autre point isolé, un promontoire de la côte. La population s'en étant aperçue, d'accourir ; on allait également, de ce côté, faire un mauvais parti aux prisonniers et les refouler vers la mer, lorsqu'un piquet de cavalerie, appelé en toute hâle du Pirée par l'entremise de l'amiral et du ministre, gravit les escarpements et refoula les hordes de patriotes.

Tous ces mouvements étaient fort intéressants à suivre du haut de la frégate où je me trouvais. A bord de la Renommée^ je dois le dire, l'exaspération était à son comble, et nos braves matelots fran-

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rais n'avaient pas d'expression assez énergique pour exprimer leur indignation contre ces violences. C'était le comité Cretois qui avait préparé cette sauTage manifestation; la nuit, des allées et venues présagi^aient les scènes de la matinée, et les meneurs avaient ameuté la population du Pirée, généralement facile à exciler. Voulant imiter leurs ancêtres et les héros, leurs pères, les Athéniens trouvaient que ceux-là méritaient la mort, qui ne rentraient pas victoiieux. Les vojontaires, à les entendre, devaient revenir triomphants dans leurs foyers ou placés sur leurs boucliers. C'était bel à dire; mais les malheureux combattants, exténués, découragés, malades, à la suite de privations et de fatigues surhumaines, méritaient peut-être un autre accueil de ceux-là même qui, sans courir aucun danger, les avaient expédiés à la mort.

Cette rentrée, il est vrai, manquait d'éclat, il faut en convenir; la magnanimité ou la naïveté des Turcs, ramenant eux-mêmes leurs ennemis laissés libres , avec armes et bagages , ajoutait encore à rhumiliation. La vantardise, la vanité, Tamourpropre dominant, dans la vie privée comme dans la vie publique, tous les actes des Grecs, la leçon était passablement dure.

Lorsqu'au point du jour, h s embarcations de , la Salamandre avaient débarqué, pour remettre les armes à la municipalité, ainsi qu'il en avait été convenu, cette nuit, à la légation, le mouvement avait commencé, l'agitation était devenue croissante, et

s'était passée alors la scène que je viens de dire. Le ministère est fort ému ; car il est évident que le Comité est maître de la situation, et dirige les esprits à son gré. J ai vu tout à Theurc le ministre des affaires étrangères, que j*étais chargé, de la part de M. Gobineau, d'interroger sur ce qu'il comptait faire des volontaires que la Salamandre allait de nouveau, peut-être, recueillir et f amener de Crète. « Nous ne vous demandons pas de les prendre, dit-il; ces gens-là étaient partis pour se battre, et ils devaient rester pour protéger ceux qui sont en Crète. La responsabilité incombe à ceux qui les ont ramenés. Ce que nous vous supplions de faire, c'est d'embarquer les familles pour les soustraire aux horreurs de la guerre. — Mais, répondis-je, monsieur le ministre, n'est-ce pas d'abord siir ceux qui ont expédié les volontaires en Crète que doit retomber la plus grande part de responsabilité? »

Cette insurrection de Candie qui s'alimente chaque jour, grâce aux comités, menace d'être perpétuelle. L'Épire et la Thessalie peuvent se soulever, et serait-elle en état de contenir seule un mouvement? En revenant du Pirée, dans l'après-midi, j'ai trouvé la roule sillonnée de voitures, d'hommes à pied, quelques-uns en armes, qui se rendaient en toute hâte sur le théâtre des événements. Des groupes fort animés encombraient les abords d'Athènes.

L'amiral Simon, qui commande en chef Tescadre du Levant, a son pavillon sur la frégate la Renommée. C'est le plus grand navire que je connaisse ;

environ quatre cents hommes d'équipage, une nuée d^officiers, de lieutenants de vaisseau, d'aspirants^ deux capitaines de frégate, etc. Excellente musique, assez bonne table. L'amiral est le meilleur et le plus simple des hommes. Il est père de dix enfants, mais, comme il navigue toujours, c'est à peine s'il les connaît. M. Yrignault, capitaine de vaisseau, commande le navire, puis viennent MM. Guépratte, chef d'état-major, les lieutenants de Loris, Alègre, Mahouet, etc. Nous avons, en outre, deux corvetles : le Forbin, la Salamandre^ dépendant de la station, qui circulent de Smyrne à Athènes, à Bjzance, et font sentinelle sur les côtes.

Athènes, 22 janvier 1867.

Malgré les désordres du Pirée, désordres qui ont ému le peuple et le gouvernement grec bien moins que je ne m'y attendais, dîner chez le roi. Le ministre de France, de Las Cases et moi, avec la maison de Sa Majesté. La table royale est exquise ; tout y vient de France, est-il besoin de le dire? Le service, des plus élégants, de très-bon goût. Le roi a élé rempli d*amabilité pour moi; j'étais placé à sa gauche, et pendant le repas nous avons parlé de Turin et de Paris beaucoup plus que de Rome; le jeune souverain paraissait enchanté des détails que je lui donnais sur son grand frère, le roi d'Italie, Victor- Emmanuel.

Après ce repas, étiquette assez rude; pendant une heure nous sommes restés debout, Sa Majesté ne s'asseyant pas. J*ai causé fort longtemps avec un aide de camp, M. Stamatcllo, homme intelligent, ruse et d'excellentes façons. Il a longtemps servi «n France, dans la marine, et connaît tout notre annuaire. Le paisible baron de Guldenkroce, le gendre de M. de Gobineau, dîne alternativement chaque jour à la table royale, avec un autre officier danois, M. Funck; le roi aime certainement les Grecs; mais il ne veut pas oubh'er le Danemark, sa première 'patrie. On ignore ce qui peut arriver.

Athènes, 23 janvier 1867.

Grande fête à la légation d'Angleterre! Tamiral Simon et ses deux officiers généraux, le commandant Vrignault, le chef d'état-major, M. Guépratte, M. Tricoupis, miuistre des affaires étrangères, M. Braïla, ionien désigné pour représenter la Grèce à Londres. Ce dernier est un homme sage, modéré, intelligent, qui jouissait d'une grande autorité dans les îles Ioniennes au temps de l'occupation anglaise, si regrettée aujourd'hui. Les autres convives étaient M. de Wagner, ministre de Prusse, et le commandant de la frégate anglaise ; enfin M. Constantin Phipps, secrétaire de la légation d'Angleterre, et madame Phipps, le comte de Las Cases, madame d'Ideville et moi.

Au moment He (|uittcr Paris, j'avais reçu de Londres une lettre du prince de la Toûr-d'Auvcrgne me parlant longuement d'un jeune ménage anglais qu*il connaissait beaucoup et que nous trouverions à Athènes. Notre cher ambassadeur ne nous avait point trompés. Phipps est un garçon très-spirituel et de caractère aimable; il a été élevé en France et adore les Français. — Quant à sa femme, elle est tout, simplement ravissante, aussi gracieuse, aussi bonne que belle. Elle m'a rappelé madame de Casliglione avec plus de charme et de douceur dans la physionomie. — Les Phipps, prévenus par le prince de notre arrivée, nous ont accueilli comme si nous étions de vieux amis. Nos deux ménages sont déjà intimes, et, grâce à celte liaison, nous supporterons très-patiemment les ennuis du séjour.

L'hôtel de la Légation britannique est beau, spacieux et bien plus confortable que la demeure du ministre de France. — J'ai longuement causé avecTricoupis et M. Braïla, de Rome, de Corfou et du prince de la Tour- d'Auvergne, qu'il va retrouver à Londres. L'absence du ministre de France était assez remarquée ; je ne sais pourquoi, M. de Gobineau avait décliné l'invitation de M. Erskine. Madame Erskine et madame de Gobineau sont toutes deux absentes d'Athènes; elles ne sympathisent point, paraît-il ; mais les deux ministres sont officiellement en bonne relation. C'est l'important.

Athènes, 23 janvier 1867.

ases me conduit à travers les racandrcs de ille : le tour en est bientôt fait; visite à ieri, italien de Rimini, fils d'un députe au !nt, et agent principal des mines du Lauriuni )ciété Roux. M. Hilarion Roux, riche banquier eille, et propriétaire de mines de plomb imis en Espagne et en Sardaigne, est un per- I fort redouté ici. Il a acheté, il y a quelques des terrains sur les côtes de Grèce, à Temnt même où se trouvaient, jadis, les mines b exploitées du temps deThémistocle. Ces terntiennent des minerais de plomb argentifère 3ories, débris de minerais extraits dans Tan- M. Roux et ses associés anglais et italiens é sur cette côte aride une vraie ville : mais il iter que, depuis le jour où nos braves Franmis le pied en Grèce, il n'est point d'entraves, isseries, de menaces de chantage que le gouînt helléniquQ et ses agents subalternes employées pour lasser M. Roux et sa Société, ifois, notre Phocéen lient bon. C'est un ternit énergique, persévérant ; il est impossible outrer un homme meilleur, de façons plus ;es, d'un esprit plus gai, d'un caractère plus dame Roux et ses charmantes filles ont passé

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l'hiver dernier en Grèce. Celait, alors, la nnaison la plus agréable d'Athènes. Tout le monde les regrette.

Las Cases me conduit ensuite chez madame Dragoumis. M. Dragoumis, ancien ministre du roi Othon, est resté dévoué à cette infortunée monarchie. C'est une des meilleures et des plus honorables familles d'Athènes. Les deux jeunes filles, qui sont simples et aimables, ont reçu une excellente éducation à Paris, ainsi que le fils Marc Dragoumis, garçon de valeur réelle. Il va partir dans quelques jours pour Saint-Pétersbourg en qualité de secrétaire d'ambassade. Intérieur calme et d*une grande simplicité. La petite maison Dragoumis est située dans le quartier de l'Agora.

Alhènes,27 janvier 1867.

Je retourne à l'Acropole, c'est notre promenade favorite. Le ciel est couvert, et l'atmosphère brûlante. Les montagnes ont des teintes presque sombres. A travers les colonnes des Propylées, on aperçoit la mer éclairée par le soleil, et au delà les hauteurs de Salamine. Quel spectacle grandiose, il faut bien en convenir ! En descendant, visite aux fouilles nouvelles; bas -relief intéressant, c'est le seul que j'ai vu à peu près complet. Ce qui m'attriste, dans celte terro classique et ce qui met des bornes à mon

admiration pour les antiquités grecques, c'est l'état de mutilation dans lequel se trouve tout ce que possède Athènes. Nous avons beau reconstituer par la pensée, Timagination, et d'après leurs débris encore fort imposants, ces temples, ces portiques, les yeux des simples mortels non archéologues ne peuvent s'habituer à l'absence complète de la réalité. Je suis las d'entendre dire, ici, qu'il faut admirer de confiance.

Quand je songe que depuis mon arrivée, il ne m'a pas été donné d'entrevoir uneseule statue entière, une seule œuvre intacte ! 11 est sans doute fort bien de se pâmer devant la poésie du mouvement et devant les draperies des petites victoires avec ailes et sans ailes; mais, pas une seule tète ne reste sur les épaules de ces divines images. A Rome, au Vatican, dans les villas Ludovisi etBorghèse, au Capitole, nous avons embrassé tout ce que renfermait jadis le Parthénon et les temples de Grèce. Car c'est seulement à Rome que l'on peut jouir , sans être obligé de les reconstituer par le souvenir, des vrais chefsd'œuvre d'Athènes. Ici, c'est uniquement l'architecture des grands siècles qui doit exciter l'admiration. Mais avec la meilleure volonté du monde, je ne saurais m' enivrer d'enthousiasme devant un tronçon de Minerve ou devant les débris mutilés d'un jeune dieu.

L'impression que j'éprouve devant ces morceaux de chefs-d'œuvre, est une impression pénible; c'est une irritation perpétuelle contre les barbares de tous • 15

les temps, sans en excepter lord Elgin, qui, dans un but fort patriotique, sans doute, a fait enlever du Parthénon ces admirables frises que Ton peut contempler seulement au British Muséum. Après tout, si lord Elgin n'eût pas transporté ces trésors de Tart à Londres, qui peut dire ce qu'ils seraient devenus aujourd'hui?

Athènes, 26 janvier 1867,

Mon propriétaire, l'ancien ministre de la justice, M. Rhally, me racontait qu'à Athènes les domestiques considéraient leur position comme tout à fait transitoire et songeaient, presque tous, à devenir ou députés, ou ministres. Ils aiment à servir les étrangers , aOn d'apprendre le français et l'anglais et pouvoir plus tard manier aisément ces langues, lorsqu'ils seront arrivés aux grandes charges de l'État.

Notre roi n'est pas apprécié comme il le mérite» On lui reproche d'être trop simple, de sortir sans escorte, de se promener à pied dans les rues. En effet, il oublie trop qu'il n'est plus en Europe, et que nous sommes en plein Orient ; il faut frapper les yeux et l'imagination des Grecs, sans quoi ce peuple de héros est bien près de dédaigner le souverain qu'il ne peut craindre. Afin de plaire à son peuple, le roi Georges va bientôt, dit-on, chercher une épouse, soit à Londres, soit à Saint-Pétersbourg. On

ici des boites sur lesquelles se voit déjà le rait (le ces deux fiancées imaginaires et, ce qui t bien le Grec, chacune d'elles a un bébé dans ras. Dans ce pays, on va vite en besogne, mais es boîtes ; il en est de même pour les victoires rète, annoncées dans les petits journaux , vies qui sont, hélas 1 du pur domaine de la fan- ; et de la légende.

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