EDOUARD HERVÉ
Paris, 12 février 1872
Boulogne-sur-Seine, 23 octobre 1871.
J'hésitais depuis longtemps à publier ces notes intimes extraites de mon journal écrit en Italie, lorsque le bruit qui s*est fait autour du recueil de dépêches confidentielles mises au jour par M. Benedetti m'a décidé à livrer mes impressions sur les événements accomplis on Italie depuis l'année 1859. G'est^un récit impartial, sincère, des faits dont j'ai été témoin. Le rôle que j'ai pu jouer à cette époque était certainement aussi obscur que modeste : simple secrétaire de légation à Turin et secrétaire d'ambassade à Rome, je n'étais pas, fort heureusement, initié à tous les secrets qui s'échangeaient entre la cour des Tuileries et celle de Turin; cependant, comme eût pu le faire à ma place tout esprit observateur, tout honune aimant et servant sans ostentation son pays, j'ai cherché à étudier et à comprendre les phases de la politique qui a abouti à l'unité italienne. Hais que de fois il m est arrivé de maudire du fond du cœur ces hommes qui, sans aucun doute, croyaient aimer leur pays et travailler à sa grandeur et qui Font fatalement entraîné vers sa chute !
Ces pages intimes, écrites pour être lues par quelques amis, et plus tard par mes eniants, n'étaient pas destinées à l'impression ; aussi ne devra-t-on pas s'étonner si je m'y