‹ Journal d'un étudiant (Edmond Géraud) pendant la révolution, 1789-1793Chapitre 20 sur 51 · Journal d*une bourgeoise · texte numérisé non relu

Journal d*une bourgeoise

fcjjde pareilles associations. Elles contribueront beau- .jjCoup à propager l'esprit public, les bons principes et

à rendre inébranlable la Constitution. Le dimanche et ^le mercredi, le public assiste à nos séances. Nous y ^avons des hommes de grand talent. Vergniaud est j^notre Mirabeau, Guadet notre Pétion, Ducos notre «.j^Barnave. »

Ses enfants lui ayant demandé si la question de jjj religion était un obstacle à l'entrée dans la société, il

p s'empresse de les détromper et il leur parle en même ^f temps du succès croissant de cette réunion :

. f a Bordeaux, 30 avril 1790.

a Tu me demandes si les Juifs sont admis dans la

société des Amis de la Constitution. Oui, sans doute, et on y admettrait également des Turcs, s'ils étaient g. enflammés de l'amour du patriotisme, avec la réputation d'une bonne conduite. C'est tout ce qu'on exige,

■^ et l'on n'a égard ni à la naissance, ni aux places, ni j ,■...'

. aux richesses, ni à la profession, qui jadis établissaient

^ des distinctions si humiliantes.

« Nos séances attirent une grande affluence. Le local

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ne contient que douze à quatorze cents personnes, mais fût-il dix fois plus grand, il serait toujours I plein. Les dames, pour être placées commodément; s'y rendent à trois heures et les séances ne s'ouvrent qu'à six heures. Les soldats des troupes de ligne y

i(ri LE JO0R>AL D'UN ÉTI'DIAST

viennent en grand nombre et y prêtent tour à. tour le iu*rmcnt de soutenir la Constitution, de dénoncer les traîtres à la patrie et de défendre ceux qui feront de telles dénonciations :

« Bordeaux, 14 mai 1791.

(( Notre club prend un grand accroissement. Le local est trop petit et nous allons occuper une des églises supprimées ; les matières actuellement à la discussion sont le licenciement des officiers de l'armée, le duel, le mariage des princes. Nous avons des orateurs d'une grande force. Heureux ceux qui possèdent le talent de l'improvisation! De tels sujets, rares encore, ne le seront pas dans la suite. Gomme le génie n'a plus d'entraves, il se déploiera en France, de manière à faire oublier les orateurs les plus fameux de la Grèce et de Uome. ))

L'institution des clubs parait à M. Géraud une idée merveilleuse et (jui doit produire de véritables bienfaits. « Oh ! les heureux établissements que les clubs, s'écrie-t-il, la France en est couverte! Ils sont, poui la chose publique, ce que l'air est pour l'existence. » A l'en croire, ils font le plus grand bien, ils étendent prodigieusement l'esprit public : « il n'y a plus cette nu^aio légèivté* cet amour des plaisirs, chacun ambitionne d'acquérir des connaissances utiles en législation, on administration, etc. \> Il n'hésite pas à leui

Liribuer un changement notable dans les mœurs qui, haque jour, deviennent plus pures, surtout dans la i:*ovince, qui était moins corrompue que la capitale : Nous serons sanctifiés plus tôt que les Parisiens, ît-il avec candeur, plus tôt qu'eux à la hauteur de 31 Révolution! »

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