CHAPITRE VII
ii^MMAinE : Lés prêtres assermentés et les réfractaires. — La bulle du pape..-r-L'%lise protestante. —'Suppression des bariMères. — Rai*et4 du numéraire, — Le roi ne peut se rendre à Saint-Clqud. — Il ac-
'Cdmplit ses i*âque8 constitutionnelles. -
- Péndant:qu*Edmond etîdhii continuaient à mener' à ?àiris la vie la plus agréable pour des jeunes gens deleur âge, et qu'ils s'ypl'ocuraieût, tout en s'instruisant,^ inutiles distractions, la situation religieuse et politique prenait une acuité chaque jour plus grande,
- L'Assemblée ne s'était pas cohtehtée d'enlever i\l'clergé ses biens pour remplir les caisses vides de l'État, elle supprima bientôt tous les ordres ■ et congrégations et décréta que les évêqùeset les curés seraient nommés par les électeurs ; cette dernière mesure créait un véritable schisme dans l'Église et allait amener de déplorables conséquences. Là majorité du clergé s'insurgea et elle • entreprit contre le Gouvernement une campagne des plus violentes, éû particulier dafis la Vendée et dans les départements
du Midi, où, de connivence avec les émigi'és, clic s'efforça de soulever les populations.
L* Assemblée, pour venir à bout de celte résistance, décida que tous les ecclésiastiques seraient astreints à prêter serment à la Constitution. Ce serment impliquait l'adhésion aux nouvelles lois ecclésiastiques. Les prêtres qui le refusaient devaient être déchus de leurs droits et remplacés immédiatement, mais ils restaient libres d'exercer leur ministère à titre privé; ils recevaient une pension et on leur laissait même l'usage des églises pour y célébrer leurs offices.
Le roi, après avoir longtemps résisté, finit, de guerre lasse, par sanctionner ce décret. La plus grande partie du clergé refusa le serment ; on destitua les réfractaires et on les remplaça par des prêtres assermentés ou conslilutionnels. L'exécution des mesures prises par l'Assemblée souleva partout les plus vives résistances et créa entre les membres du clergé un antagonisme des plus fâcheux : beaucoup de vicaires n'hésitèrent pas à prêter le serment civique pour prendre la place de leur curé. 11 en résulta dans bien des localités des scènes scandaleuses :
7 janvier 1791.
(( C'est dimanche prochain que nos curés doivent prêter en chaire le serment civique, conformément au décret du 27 novembre, écrit un chroniqueur die l'époque. Jamais les habitants de Paris n'auront été si
exacts à assister à la messe paroissiale. On s'attend bien que plusieurs curés voudront singeries évêqucs, et essayeront quelque coup de théâtre pathétique, soit par un refus, soit par une distinction scolastique. Ils se compareront à des martyrs qui vont être persécutés pour la religion, quoiqu'il ne soit question ni de religion, ni de dogme, ni même de discipline. Déjà le curé de Saint- Sulpice a annoncé à ses dévotes qu'il dirait en chaire des choses bien importantes ; mais les poissardes de sa paroisse ont annoncé de leur côté qu'elles lui préparaient une leçon bien sensible. Elles se proposent d'écouter paisiblement ses lamentations, mais de le saisir en sortant de l'église, et de faire un grand exemple sur la partie qui paye ordinairement pour les enfants indociles*. »
Les menaces n'empêchèrent nullement le curé de Saint-Sulpice de mettre son projet à exécution. Au jour et à l'heure dits, et en présence d'une foule compacte, il monta en chaire et prêcha sur Tenfor :
a Quand sa bouche, dit Mercier, eut vomi des blasphèmes contre l'Assemblée nationale, un cri universel d'indignation fît retentir les voûtes du temple. Les cris qui se faisaient entendre n'étaient point dos menaces, mais seulement des cris : « A Tordre ! à l'ordre ! » Tout à coup l'orgue majestueux remplit l'église de ses sons harmonieux et fît retentir dans tous