‹ Journal d'un exile politique aux terres australesChapitre 7 sur 8 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

le 9 juillet, 1844, nous embarquâmes au nombre de 38, à bord du vaisseau l’Achille, Capt. Heale, le but du voyage était Londres. Le reste de nos frères d’exil ne pouvant payer leur passage furent contraints de rester. Le 10 au matin nous levâmes l’ancre et favorisés d’une légère brise nous parvimmes à l’embouchure du havre où nous jetâmes l’ancre pour attendre l’inspection ce la douane qui se fait ordinairement au moment d’entrer en mer. Nous passâmes tous en revue, et l’on nous identifia* vers 4 heures P. M. nous levâmes encore l’ancre et vers 7 heures nous partîmes, laissant derrière nous, à notre grand regret quinze de nos compatriotes. Ce fut de grand cœur que nous dîmes adieu à la Nouvelle Galles, qui nous avait servi de prison pendant environs quatre ans.

le 11, nous eûmes un fort vent N. O. qui nous poussa dans une assez bonne direction, car nous faisions voile pour le Gap Horn. Le soir nous vîmes quatre ou cinq baleines. Dans la , nuit, le vent tourna à l’Ouest avec violence, nous faisant faire neuf nœuds à l’heure en bonne direction. Il est inutile de dire la joie que nous ressentions tous de luirsi rapidement cette terre qui avait été si îongtems pour nous un lieu de

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souffrance et de peine, pendant que chaque ms tant nous rapprochait de notre patrie, nos familles et nos amis.

le 12, le même vent continua à souffler avec la même violence. Nous fûmes forcés d’amener bas les hautes voiles ; plusieurs d’entre nous eurent le mal de mer, niais bien moins que lors du premier voyage, ce que l’on doit attribuer à la nourriture moins grossière ainsi qu’à la liberté d’être sur le pont du matin au soit*, du soir au matin. Vers six heurs, le vent augmenta à un tel point que plusieurs s’en effrayèrent, et durant la nuit le vaisseau fut tant agité que nous pûmes à peine demeurer dans nos lits. Chaque vague y jetait un gros volume d’eau, le vent était accompagné d’orage.

le 13, même vent, mais beaucoup plus violent, une orage de tems en tems, tems Couvert, la mer extrêmement grosse, à chaque instant le pont submergé par les flots. Nous filions toujours en bonne direction pour le Cap Horn : — L’on commençait à s’appereevoir que le tems refroidissait à mesure que nous avancions au Sud, car notre route était Sud-Est.

le 14, le vent toujours du même côté, mais moins violent : nous eûmes plusieurs orages dans le courant du jour.

le 15, le vent très violent, Ouest Sud Ouest, accompagné d’orage, la mer était si grosse que nous fûmes obligés de descendre dans l’entrepont pour nous soustraire aux vagues qui se précipitaient, sur le pont. Le nombre des malades était diminué, nous lésions toujours bonne route.

le 16, même vent, mais plus modéré qu’hier: plusieurs orages dans le courant du jour, fort vent durant la nuit.

le 17, tems calme toute la journée — quantité de gros poissons autour du vaisseau, aussi des oiseaux.

le 18, vent Nord Ouest très violent, accomp igné de pluie; la mer très agité, Peau couvre le vaisseau durant tout le jour : plusieurs même sont effrayés ; sur le soir, le mauvais tems augmenta encore et cessa durant la nuit.

le 19, beau tems, vent frais et bon ; nous passâmes les Nouvelles Zélandes au Nord, et faisions bonne route pour le Cape liant,

le 20, vent N. O., plus violent qu’hier, accompagné de pluie et de tonnerre. Forte orage à 4 heures P. M. Fa nuit fut une des plus sévère que nous eussions endurées depuis notre départ. Nous ne pûmes dormir à cause du roulis du vaisseau ; la mer rouie continuellement sur le pont, de manière à effrayer plusieurs d’entre nous.

le 21, le vent souffla avec la même violence, la mer est très grosse : le vaisseau est extraordiitairement agité : nous supportions pourtant ces inconvénients avec courage, et cela d’autant plus que la tempête nous portait en bonne direction.

le 22, vent modéré, orage ; çons promptements.

le 23, tems calme et beau, deux Albatrssses à la ligne. 1 lier que des oiseaux, avec des

nous nous avau-

Nous prîmes 1 est bien singu ailes si grandes

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ne peuvent point s’envoler lorsqu’ils sont sur un terrain plan et solide. Nous les jetâmes sur le pont et ils se promenèrent d’un bout à l’autre du vaisseau sans même essayer de prendre leur essort. — Ils font un met excellent.

les 24, 25, 26 et 27, furent une suite continuelle de mauvais tems : vent Sud extraordinairement fort accompagné de pluie et quelquefois de grêle. La vague ne cessa de couvrir complètement le pont du vaisseau : aussi le roulis du vaisseau était affreux ; la mer est en fureur, les fiots s’élèvent aune hauteur effrayantes.

le 28 lut un sujet de contestation. D’après notre manière de compter les jours depuis notre départ; nous étions convaincu que c’était le Dimanche. — Le Capitaine soutenait lui, que ce jour devait être regardé comme le Samedi. Il n’est pas nécessaire de dire qu’il remporta. Le temps fut calme tout le jour et servit à nous rétablir. Notre santé avait beaucoup souffert du mauvais temps pendant ces derniers jours, le yent s’éleva vers le soir.

le 29, temps affreux : vent contraire et d’une force effrayante ; il est accompagné de pluie de grêle et de froid. L’on fut contraint de mettra je vaisseau à la Cap comme les Anglais disent ; c’est à dire le placer dans l’état le plus propre à résister à l’ouragan. — Ceux-là seuls qui connaissent la navigation peuvent avoir une idée exacte de l’état d’un vaisseau à la Cap sur une mer en fureur. C’était une vraie tempête : le vaisseau s’élevait à une hauteur terrible ; et tombait comme dans un ahime. — L’on aurait dit que le vaist

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seau allait s’engloutir à chaque instant. Il nous était impossible de demeurer sur le pont.

le 30, le vent est un peu modéré et encore contraire: le temps est couvert et un grand nombre d’oiseaux voltigent autour du vaisseau.

le 31, vent favorable et violent. Nous taisons entre sept à huit milles à l’heure ; le tems est clair.

le 1er. août, vent S. O. un peu contraire à notre route ; tems couvert et orageux, brouil lard, le tems est toujours bien mauvais dans cette saison-ci. La belle saison est depuis décembre en février.

le 2, vent favorable et frais. La mer est bien appaisée, le tems est beau. Nous primes ce qu’ils appellent des pigeons du Cap, sorte d’oiseaux de la grosseur de nos pigeons. Ils sont bien bons à manger.

le 3, beau tems, et presque calme. C’est le premier jour, je crois depuis notre départ, où il ne pleut pas.

les 4, 5 et 6, bon vent, mais tems couvert et accompagné de pluie et de grêle. La mer est fort agitée ; nous poursuivîmes toujours la bonne route pendant trois jours, faisant de six à sept milles à l’heure.

les 7, 8 et 9, fort vent d’Ouest, accompagné de pluie et de grêle. Nous nous avançons toujours en bonne direction pour le Cap Home, il gela pendant cès dernières nuits.

le 10, d’abord même vent que la veille: lé tems est couvert, de gros nuages présagent une tempête. Plusieurs brouillards qui eurent

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lieu pendant le jour, nous rappellent le climat Canada. Vers neuf heures du soir, la tempête qui avait menaçô tout le jour, éclata de la manière la plus furieuse. Les vagues s’élevaient à une hauteur effrayante ; le vaisseau montait comme sur de vastes montagnes et ensuite retombait de tout son poids dans un gouffre pro-r fond. Lanier tombait par masses sur le vaisseau : le vent soufflait avec furie, la grêle, la pluie, les éclairs, l’on aurait dit que tous les éléments s’étaient ligués pour nous perdre ; notre vaisseau fut aussi maltraité que s’il avait été exposé au feu d’un combat: les voiles se déchirèrent, les antennes se brisèrent, les planches qui servaient à entourer le vaisseau furent rompues et emportées. Des barriques qui étaient attachés sur le pont se délièrent; elles furent jetées à la mer parles matelots pour prévenir les accidents. Le vaisseau craquait et s’ébranlait par la secousse de la mer : deux hommes étaient attachés à la roue du gouvernail. Tout ceci se faisait pendant la plus obscure des nuits.

le 11, le mauvais temps continua avec la même impétuosité. Le pont présentait le plus affreux spectacle. Tout y était brisé et dévasté : l’eau le couvrait à la hauteur des genoux, il nous était impossible d’y demeurer. Jamais les matelots n’avaient vu une tempête si affreuse et de si longue durée. Pendant ces deux derniers jours nous naviguâmes entre deux eaux ainsi que la nuit.

les 12, 13 et 14, vent un peu modéré quoiqu’encore très violent soufflant toujours de rouest;

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temps couvert, orageux et très froid ; abat de neige. Nous approchions avec rapidité du Cap Hom, à notre grande satisfaction.

le 15, le vent était presqu’entièrement tombé, mais la mer très houleuse, le temps est très froid ; ]e soleil parait pour la première fois depuis quinze jours.

le 16, temps couvert, fort veut d’ouest, îa mer est extrêmement agitée : apparence de mauvais temps vers le soir ; nuit assez bien passée.

les 17 et 18, même vent; plusieurs brouillards épais se font sentir. Il y a environ quatre doigts de neige sur le pont du vaisseau, la neige qui tapisse les mats et les cordages se durcit par le froid de la nuit; la manœuvre devient extrêmement difficile. Ce temps est bien pénible pour les pauvres matelots qui sont contraints dans le plus fort du mauvais temps de monter dans les mats glacés et mouillés pour prendre des ris, manœuvre qui ne peut s’exécuter que nud-mains- Ils étaient eux mêmes constamment mouillés en conséquence de la vague qui lavait continuellement lé pont.

les 19 et 20, toujours temps couvert, même vent que les jours précédents : brouillards fréquent, les jours sont très court dans cette régionci. A midi lé soleil ne paraissait pas plus haut sur l’horizon qu’il ne l’est en Canada à huit heures du matin dans le mois de Mars.

le 21, vent modéré, la mer un peu calme, temps clair et froid. Nous apprenons aujourd’hui que nous avions atteint le 58© de latitude sud, et que' c’est la ligne par laquelle nous devions doubler

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le Cap dont nous sommes très rapprochés. C’est pourquoi nous nous flattons de ne plus éprouver de froids plus sévères que ceux que nous avons ressentis, et voir bientôt cesser celui qui nous incommodait tant. Car depuis trois semaines, il nous avait été impossible de demeurer sur le pont, et nous n’y allions que par nécessité : et nous éprouvions beaucoup d’inconvénients dans l’entre-pont où nous étions, il existait une grande humidité et le local était extrêmement étroit; an épais brouillard se fit sentir sur îe soir.

le 22, bon vent frais, temps couvert. Légers brouillards durant le jour. Nous suivions toujours le 58o. de latitude, et espérions arriver au Cap sousj peu de jours. Je fus surpris de voir paraître la planète Vénus à l’Orient vers huit heures du soir après l’avoir vu tomber avec îe jour à l’Occident lors de notre départ ^le Sydney. -

le 23, le vent s’était élevé et les nuages promettait* de le faire durer long temps, la mer est très grosse : plusieurs brouillards se font sentir pendant le jour.

les 24 et 25, vent très violent venant de l’Ouest, la mer extrêmement grosse, Peau roula continuellement sur le vaisseau durant ces deux derniers jours.

xous attaignîmes aujourd’hui ce fameux Cap, ia terreur de tous les marins et des voyageurs, ce Cap difficile à imaginer et impossible à décrire, je m’en étais formé ' une idée sur des relations que j’en avais lues' et sur le récit de certains voyageurs qui avaient eu occasion de visiter ces

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parages, mais quoique je la crusse exagérée, elle était pourtant bien au dessous de la réalité

et rien de ce que j’en avais vu et entendu n’était exagéré. Pour se faire une- idée de ces lieux, que l’on se figure une navigation sous les cinquante-huitième degré de Latitude Sud, à travers une continuité de vent violent, de pluie et de brouillards épais, une mer dont vous diriez que les vagues tombent plutôt du ciel qu'ils ne roulent sur la surface de l’Océan, prêt à vous engloutir à chaque instant. En un mot, pour se faire un tableau de la mer en cette région, figurez vous être entoure de montagnes d’eau

sans cesse mouvantes majestueusement.

les 26 et 27, fort vent d’Ouest, temps couvert ; pluie et neige de temps en temps ; nous commençâmes à cingler vers le N. E. en donblant le. Cap, à notre grande satisfaction. Car nous espérions sous peu de jours être délivrés de nos misères : c’est à dire que nous pourrions avec plus d’aisance jouir de l’avantage de demeurer sur le pont, lorsque nous viendrions dans les climats chauds. Aujourd’hui vers cinq heures, le vent tourna avec violence du côté du

Nord et ceci nous obligea de mettre à la Cap.

le 28, le vent était diminué. M souillait de i’Ouest et nous poussait en bonne direction. Le temps était beau, la mer bien houleuse.

le 29, même vent qu’hier. Nous faisions bonne route, nous courrions au N. E.

le 30, beau temps, vent Ouest-Sud-Ouest assez violent. Nous commencions à sentir les premiers dégrés de chaleur des Tropiques à

mesure que nous avancions au jVord, c’est ua fait remarquable, que deux jours après avoir doublé le Cap, nous nous apperçûmes d’un changement graduel et rapide dans la température.

le 31, temps couvert soufflant de l’Ouest, et assez modéré,

le 1er Septembre, beau temps clair ; vent Ouest — assez violent. Nous sommes forcés de faire un peu plus de longitude que nous aurions voulu en faire sans pourtant nous jeter hors de notre route.

les 2 et 3, toujours même vent, venant pourtant un peu plus du Nord et ralentissant un peu notre course,

le 4, temps pluvieux } vent de Sud assez modéré — Il nous poussait en bonne direction. Nous avions beaucoup de latitude à faire. Nous avions atteint les 42 ° de latitude Sud, nous prîmes plusieurs pigeons du Cap , à la ligne.

Les 5 et 6, temps clair ; vent Sud Ouest très modéré. Le séjour sur le pont était agréable. Le temps s’était échauffé de beaucoup depuis que nous faisions voile au Nord, bien que nous n’avions encore atteint mie le 40 ° de latitude Sud.

Les 7 et 8, temps couvert et pluvieux; vent variable — Nous fûmes obligés de courir des bordées aujourd'hui pour la première fois depuis notre départ de Sydney. Nous avions atteint ces parages ou les vent sont variables tout le cours de l’année. Nous vîmes un grand nombre de poursiîs le jour autour du vaisseau ainsi que

d’ux exile’

des légions d’oiseaux. Le vent devint favorable vers dix heures.

le 9, temps eouvert; vent de l’Ouest, un peu opposé à notre route.

le 10, vent très violent soufflant de l’Ouest.

N. O. N ous sommes contraints de mettre à la Cap pour tout le jour. La mer est extrêmement grosse, le temps pluvieux : nous prîmes plusieurs oiseaux — Le dix de chaque mois nous devint une époque assez marquant— -Depuis notre, départ de Sydney ce jour signalé par un événement remarquable. Ce fut le dix Juillet que nous abandonnâmes le lieu de notre exil ; le dix Août nous éprouvâmes une tempête sur cea?i rOs«3 Pacifique et le dix Septembre, une autre sur l’Atlantique sud, ou au moins un vent d’une violence extraordinaire quoiqu’il n’arriva aucun accident,

les 11 et 12, fort vent d’Ouest — temps serein et assez chaud : la mer très agitée, nous faisions assez bonne route. Cependant nous vîmes quantité de Marsouins de quinze â vingt pieds de longs et plus.

le 13, temps clair, vent Ouest N. O., assez léger, Nous apprîmes que nous étions au 35 ° 14, latitude Sud.

le 14 beau temps, vent bien diminué, la mer unie. Nous vîmes cinq à six baleines dans la matinée, et quelques unes d’elles tout près du vaisseau. Vers dix heures du matin nous apperçumes sur l’horison, une voile presque imperceptible. Un orage survenu sur ces enirefaits, nous la cacha tout â fait. Vers trois

heures, P. M., le temps séclaircit et nous appereûmes la même voile. L’on reconnut que c’était un Baleinier Américain, nommé le Tyiiiah Comme il parut s’approcher de nous, notre capitaine hissa son pavillon de signal. Mais il n’3' répondirent point; peu de temps après, ils se dirigèrent directement sur nous, et nous passèrent en poupe — C’était non seulement le premier vaisseau que nous rencontrions depuis notre départ, mais le premier objet indépendamment des oiseaux et des baleines.

le 1 5, beau temps. 11 commençait déjà à faire chaud — Nous apprîmes que nous étions au 31 0 de latitude et 34 0 de longitude.

le 16, beau temps, vent toujours frais mais modéré. Temps nuageux dans l’après rrîfffi.

le 17, le vent tourna Sud-Ouest pendant la nuit. C’était les premières impulsions des vents de commerce que nous devions atteindre entre les 23 0 et 30 0 de latitude. Ces vents devaient conséquemment lions être favorable jusqu’au même degré de latitude Nord. Pour nous prévaloir de ces vents alizés, nous augmentâmes le nombre de nos mâts et de nos voiles.

le 18 et 19, beau temps, calme et bien tempéré. Nous commencions à souffrir un peu de la chaleur dans l’entrepont, et surtout la nuit. Le jour nous nous tenions tous sur le pont où nous respirions un bon air. Nous désirions beaucoup le vent afin dépasser les Tropiques au plutôt, et encore mieux d’avancer notre route.

le 20, ciel serein ; la mer calme comme je ne l’avais pas encore vue. L’atmosphère tempéré.

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Vers midi ia brise s’éleva de l’Ouest bien légère¬

ment.

le 21, beau temps, mais chaud — brise légère soufflant de l’Ouest. Nous étions au 29 ° de latitude sud.

le 22, même temps — Vent venant de l’Ouest N. O. un peu Irais et contraire a notre route.

le 28, ciel serein ; vent très violent et un peu frais — Le vaisseau est fort agité. Nous voyons des poissons volants pour la première fois depuis notre départ. Nous avons atteint le 23 ° de latitude sud.

le 24 à six heures du matin le vent tourna du côté du Sud: le temps fut couvert tout le jour. Nous passâmes Rio-Janeiro ce jour là mais à une grande distance,

le 25, vent sud assez violent. Temps couvert etpluvieux. V ers midi nous appercevons une voile à l’Horison. Nous atteignons promptement ce vaisseau qui nous passe en proue sans aucun salut de part ni d’autre. C’est un baleinier Amiricain nommé l’Elisabeth.

le 26, léger vent de Sud — temps chaud nous sommes au 9 ° de latitude sud.

le 27, même vent ; ciel nuageux. Nous souffrîmes beaucoup delà chaleur, principalement la nuit où il nous était presqu’impossible de dormir.

le 28 Vend Sud Est modéré. Le temps est chaud. Nous avions actuellement les vents alivsés qui viennent du Sud Est depuis Avril jusqu’en Novembre comme il a été dit au commencement de et journal. A neuf heures le ciel se couvrit de nuages qui présageaint une de ces tempe tesfré-

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quentes et dangereuses qui se font sentir dans les parages ou nous étions : heureusement nous en fûmes quittes pour l’appréhension, et nous n’éprouvâmes qu’une brise agréable.

Le 27, temps couvert jusqu’à neuf heures du matin et ensuite beau et chaud. Légère brise Sud Est. Nous voyons aujourd’hui pour la première fois depuis notre départ, un requin qui côtoyait le bâtiment ; et pendant que l’équipage faisait des préparatifs pour le prendre il s’enfuit. Nous étions au 15° 33’ de Latitude Sud. — Le 30 beau temps, mais chaud, nous étions air 15° 50’ de latitude Sud. Nous rencontrâmes un bâtiment Hollandais qui faisait voile pour Batavia une Isîe des Indes Nous nous saluâmes et nous fûmes en vue toute la journée à cause du calme.

le 1er. Octobre temps calme, la mer est aussi unie qu’une glace et ne conserve qu’une majestueuse ondulation. La chaleur est excessive. Elle pénètre jusque dans notre appartement ; nous en sommes fort incommodés. Le 2 à cinq heures du matin, il soufflait à notre grande satisfaction une agréable brise Sud Est qui augmenta dans le courant de la journée. Ceci nous dédommagea de nos souffrances passées. Quelqu’un de nous saisit à la main un oiseau qui vint se poser sur le bord du vaisseau. Le 3 il soufflait une bonne brise Sud Est. La chaleur était grande, nous étions au 14 ° 8’ latitude Sud. Le 4, la brise s’était élevée durant la nuit et soufflait avec violence. Nous avancions rapidement faisant de six à sept milles àPheure

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IN ous rencontrâmes un navire Ecossais venant de Glasgow et cinglant pour Bombay dans les Indes Orientales. L’impétuosité du vent ne nous permit pas de lui parler. Nous nous eûmes bientôt perdus de vue l’un et l’autre : latitude 12° 24’.

le 5, la brise continuait à souffler du Sud Est avec force, et favorisait fort notre route. Le temps fut nuageux, nous nous aperçûmes que lèvent Sud Est était plus constant depuis le 14° latitude (Sud) : nous avions proprement atteint les vents de commerce. Vers trois heures P. M. nous rencontrâmes un bâtiment Américain qui faisait voile au Sud, il venait de Boston. Nous nous signalâmes l’un l’autre. A huit heures du soir nous en rencontrâmes un autre qui passa près de nous. Nous ne pûmes le voir que faiblement à cause de l’obscurité. Cependant ils élevèrent une lumière à diverses reprises. Chose assez remarquable, depuis que nous étions arrivés sous les Tropiques, tous les oiseaux petits et gros qui jusque là avaient environné notre vaisseau depuis notre départ, disparurent graduellement à mesure que nous avancions vers l’Equateur, excepté pourtant une sorte de petites hirondelles noires et grises que les marins anglais appellent “ Mother Carry’s chickens.”

le 6 le vent continua à nous favoriser avec la même force, heureusement pour nous, car le soleil dardait ses rayons presque verticalement sur nos têtes. Sans la brise Sud Est, nous aurions fort souffert delà chaleur. Le 7, même vent. Le ciel nuageux et le temps chaud. Nous

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passâmes aujourd’hui sous le soleil qui alors se trouvait entre les 5° 6’ dégrés de latitude Sud, et 29° 51’ de longitude de Westminster. A une distance à l’Est, nous distinguâmes un navire. Le 8, même vent, ciel serein. Nous rem contrâmes un brick anglais, venant de Jersey et faisant voile pour l’Amérique du Sud. Nous en vîmes un autre à une grande distance cinglant encore pour le même lieu. Le temps était chaud. Heureusement pour nous la brise Sud Est nous rafraîchissait, latitude (Sud) 30 ° .

le 9, même vent, chaleur bridante, ciel nuageux, Nous vîmes des légions de poissons volants et un grand nombre de poursils, les matelots, essayèrent à prendre un de ces derniers. Ils réussirent en effet à le darder ; mais au moment où ils allaient le tirer de l’eau, le harpon s’arracha, et le poursil tout blessé qu’il était, s’enfuit rougissant l’eau de son sang.

le 10 Octobre dans l’après-midi, nous passâmes l’Equateur par un beau temps, et un peu rafraîchis par une foible brise. Nous nous trouvâmes donc dans l’Hémisphère Septentrional, le nôtre par conséquent que nous avions laissé depuis cinq ans. Les matelots signalent ce jour par une fête burlesque. ïls se barbouillent de noir les uns les autres ; ensuite se lancent de l’eau avec des seaux pour se laver, disent ils. Ils se revêtirent ensuite d’habits comiques et firent des farces, chantèrent, etc, Mais toute cette bouffonnerie tendait plutôt à obtenir du Grogne de la part du Capitaine, que par respect pour Neptune. C’est une pratique à bord de tous les

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vaisseaux : les passagers y prennent même quelque fois part. Le 10, nous eûmes le même vent et le même ciel que les jours précédents. Le temps est fort trompeur entre les Tropiques. Les signes auxquels le mauvais temps s’annonce dans notre pays, sont souvent suivis du beau temps et réciproquement. Un ciel serein amène quelquefqis des bourasques violentes. Les marins les préviennent assez facilement, le nuage qui les produit se montre soudainement à l’horizon quelquefois il est très petit, il fond ensuite avec rapidité sur le vaisseau comme la foudre et briserait les mats et les voiles sans les précautions des marins. C’est le sort qu’ont éprouvé plusieurs vaisseaux dont l’équipage n’avait pas eu le temps de prévenir ces bourasques. Les Français appellent ces sortes de nuages Grains et les anglais fVhite Squall. La chaleur était devenue excessive. Le soleil était perpendiculaire à nos têtes et sur le déclin du jour, son ardeur nous accablait. On se fera facilement une idée de ce que nous souffrions dans l’entrepont pendant la nuit Nous ne pouvions dormir ; la sueur ruisselait sur nos corps. Plusieurs furent contraint d’aller coucher sur le pont pour y trouver un peu de repos. Nous rencontrâmes aujourd’hui trois vaisseaux qui faisaient voile au Sud. Ils passèrent à une grande distance de nous.

le 11, lèvent était un peu diminué. Il nous était devenu favorable, mais a cause de sa faiblesse nous n’avancions qu’avec lenteur. Nous vîmes des multitudes de poissons de la grosseur de nos mulets en Canada ; ces poissons parais-

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saient se jouer à la surface de la mer en sautant hors de l’eau. Chose assez remarquable, c’est que depuis le Tropique du Capricorne comme je l’ai déjà observé, les oiseaux avaient totalement disparu ; et pourtant il s’en trouva un grand nombre qui planaient au-dessus des poissons dont je viens de parler et qui paraissaient suivre leur marche en effleurant l’eau à l’endroit ou ils se montraient. Nous ne savons si ces oiseaux exécutaient ce manège pour se repaître de ces poissons : Cette opinion me paraît guères fondée vû qu’ils n’excédaient pasten grosseur nos pigeons domestiques ; mais ils avaient néanmoins les aîles plus longues. Nous avions atteint le 3 ° 35’ latitude Nord.

le 12,1e vent était tombé presque totalement ; le ciel fut couvert toute la journée. Vers deux heures P. M. un orage se fit sentir. Le vent tourna à l’Est : mais au retour du beau temps le vent repris sa première direction. Pour la première fois il m’arriva de me trouver nud-pied sur le pont, soit par négligence ou autrement j’avais perdu mes pantoufles. A ma grande surprise, je ne pus résister sur le pont. L’ardeur du soleil l’avait rendu brûlant, A qu’il ne parût qil0i que par interval ; nous souffrîmes extrêmement de la chaleur.

le 13,1e temps est calme; la chaleur excessive. Nous vîmes plusieurs dauphins se jouter autour du vaisseau. Ces poissons sont très agiles.

Ils se tournaient sur tous les sens avec une violence incroyable ; ils avaient environ dix à douze pieds de long. Dans l’après midi nous vîmes

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deux bâtiments un au Sud et l’autre à l'Ouest de nous : ils paraissaient faire la même route (pie nous ; il éclaira et tonna durant la nuit.

le 14 à six-heures du matin le temps était couvert et il commença a pleuvoir presqu’aussitôt. Pendant la journée le vent s’éleva du Sud Ouest et devint très violent jusque vers cinq heures P. M. où il tomba presqu’entièrement. Nous vîmes les mêmes vaisseaux que nous avions vus la veille ;l’un se trouvait derrière nous et l’autre à l’Est. Nous profitâmes de la pluie qui tombait pour ramasser de l’eau, nous emplîmes presque tous nos petits vaisseaux. Quoique notre ration fût de trois litres chacun par jour, comme nous en devions déduire la quantité nécessaire à notre cuisine, elle n’était pas suffisante surtout pendant que nous étions entre les Tropiques où il nous fallait continuellement boire pour se désaltérer et se rafraîchir. Le 15,1a pluie continua à tomber avec abondance, le vent changea de direction plusieurs fois successivement durant le jour, il tomba même et reprit de nouveau.

le 16, temps serein jusqu’à deux heures P. M., vend Nord-Est. Un violent ouragan survint tout à coup accompagné de pluie et de tonnerre qui dura environ une demi-heure : un calme d’environ une heure y succéda et la brise reprit ensuite. Nous étions au 9° latitude Nord. La nuit fut passablement belle.

le 17, temps pluvieux toute la journée. Le vent changea de direction plusieurs fois dans le

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courant de la journée. Un calme profond succédait toujours aux orages.

le 18, le temps était devenu beau, le ciel était serein, le vent Nord-Est. Nous croyons que c’était là les ven ts de commerce ou lesMousson qui avaient reparu.

le 19, meme vent qu’hier. Ciel clair nous vîmes beaucoup de poursils quelques baleines et des poissons volant par légions. Ces vents N. E., nous rafraichissaient beaucoup ce que nous trouvâmes bien délicieux après avoir supporté la chaleur de l’équateur qui nous avait tant fait souffrir.

le 20, le vent continua à souffler du même côté avec un peu plus de violence, ce qui nous contraignit à faire plus de longitude Ouest qu’il ne nous était avantageux. Vers sept heures du soir, le ciel se couvrit de gros nuages, le vent devint très violent et la mer très agitée, nous étions presqu’en parallèle avec les Islesdu Cap Vert 14° 3’ de latitude Nord.

le 21, le vent Nord-Est continue toujours avec beaucoup de violence, la mer est terrible ; les vagues se précipitent fréquemment sur le pont. N ous n’avions pas encore vu la mer en cet état d’agitation depuis lé Cap Horn, latitude 16° Nord.

le 22, même temps que les jours précédents, la mer est plus agitée que de coutume, la violence du vent est telle que plusieurs voiles en sont déchirées et mises hors de service ; les mâtures mêmes menacèrent de se briser, latitude 18 ° Nord. Vers cinq heures du soir, nous roncon-

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irâmes un brick qui passa à l’Est, de nous et paraissait faire rencontre au 8. 0.

le 23, le vent souffle avec la même impétuosite, le ciel est nuageux, la mer très grosse, les ilôts couvrent le vaisseau fréquemment dans le courant de la journée. Nous sommes au 20 ° T Latitude, N. .. - ... v '

le 24, le vent avait un peu diminué, mais il souillait toujours du même côté, le ciel est serein. Vers huit heures du matin nous rencontrâmes un bâtiment qui faisait voile,— pour les Indes Occidentales. Vers quatre heures nous en apperçûmes un autre devant nous, Lattitude 22 ° 50’.. • ;< .. -, -

le 25, même vent Nord-Est, mais bien modéré, faisant toujours bonne route. Nous eûmes en vue deux vaisseaux faisant même route que nous, i ’tin deux avait essuyé, une tempête et avait eu ses hauts mâts de misaines et ses grands mâts brisés. Ce qui avait failli nous arriver il y avait quelques jours, Lattitude 24 c 30’ Nord.

le 26, temps absolument calme toute la journée.

le 27, la brise souffla légèrement du Nord- Est jusqu’à une heure P, M., après quoi le vent augmenta et nous contraignit de Kouvoyer. Dans le courant de l’après midi, plusieurs bourasques fondirent sur nous avec violence. Nous croyions avoir laissé les vents de commerce et avoir repris les vents variables, Lattitude 27 c , Nord.

le 28, le vent soufflant du même côté et avec la même violence, nous sommes jetés loin de dïctre route.

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le 29, même vent qu’hier. Nous vîmes beau coup d’herbages sur îa surface de la mer. Ils venaient du Golfe, du Mexique et de la Floride, entraînés par les courants et les vents d’Ouest qui sont dominant dans ces parages.

le 30,1e vent s’était un peu modéré quoique soufflant toujours du même côté. Nous vîmes deux vaisseaux à une grande distanec.

le 31, le temps est couvert toute la journée de gros nuages. Le vent est très inconstant.

le 1er Novembre, temps calme tout le jour,

Vers le soir Phorison était assombri par des nuages noirs. Nous appréhendions une- tempête violenté tout prochainement, Latitude 32 ° , N Longitude 35 ’ Ouest.

le 2, à six heures du matin îa brise soufflait légèrement du Sud-Ouest et augmenta graduellement jusqu’au midi ou le vent souffla avec violence et par conséquent nous était favorable. Deux vaisseaux nous passèrent en poupe, faisant Wv à P Est ; l’un deux était Américain.

le 3,1e vent continua toujours à souffler avec la même violence. Le ciel était couvert et annonçait une tempête. À notre grande satisfaction, nous parlions d’arriver sous douze jours à Londres si le vent ne cessait de nous être favorable. Il n’est pas nécessaire de dire que nous avions besoin de rafraichîssement et que nous étions harassés du voyage ; plusieurs d’entre nous eurent des symptômes de Scorbut. Nous étions parvenus au 34 ° degré Nord.

le 4, à six heures du matin le vent changea soudainement Nord-Est a\e.c violence ; et ye

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trouva opposé a notre route ; — temps pluvieux, et la mer très agitée.

le 5, le même veut qu’hier continuait à souffler avec la même, violence quoiqu’il se fût un peu rapproché de l’Est, Le temps fut couvert, Latitude 36 c 30’.

le 6, vent Est Nord-Est nous poussant en bonne direction, temps couvert et pluvieux. Nous vîmes deux bricks. Nous nous approchâmes de Fun d’eux et lui parlâmes. C’était un brick Anglais venant de Buenos- Ay res du nom de Adino- JDundu. Le froid commença à se faire sentir. Nous étions au 38 ° latitude Nord.

le 7, même vent qu’hier. Temps serein.

Vers minuit il ne s’en fallut guère qu’il n’y eut collision entre notre vaisseau et celui que nous avions vu la veille. Vers six heures du soir, il n’était qu’à une petite distance de nous. Nous nous rapprochâmes encore dans l’obscurité de la nuit et nous nous surprîmes tout-à-coup à une légère distance d’environ cent verges l’un de l’autre, latitude 39 ° 40’ Nord.

le 8, vers quatre heures du matin le vent tourna au Sud-Est et souffla avec violence, li nou> était favorable; nous laissâmes les fsles Azores à l’Est de nous le ciel était serein et le temps frais, latitude 41 ° 4’.

le 9, le vent tourna au Sud-Ouest dans le courant de la nuit et se trouvait encore plus favorable pour nous comme nous avions plus de longb tude que de latitude à faire. Une barque An glaise, nous rejoignit nous l’approchâmes et lui parlâmes. Elle venait de Vaîparaiso (Chili)

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Elle se nommait Orator-London ; il y avait ccni vingt jours qu’elle était partie ; avait commé nous doublé le Cap Horn, longitude 34 c Ouest, le 10, le vent sourdait Ouest Sud-Ouest avec assez de violence et nous poussa en bonne direction, latitude 42 ° Nord, longitude 62 ° Ouest.

le 1 1, le vent avait augmenté et soufflait avec beaucoup de violence. — La mer était très agitée, elle était couverte d’écume blanche comme la neige. Nous faisions huit milles à l’heure. Aujourd’hui les matelots'appareillèrent les ancres espérant arriver bientôt à Londres si le vent continuait, Nous nous réjouissions tous de voir que le vent nous était si favorable, et désirions beaucoup mettre pied à terre. Depuis cent vingt cinq jours nous n’avions seulement pas vu la terre une seule fois. Nous étions extrêmement fatiguésdu voyage surtout depuis quelques jours, notre nourriture se trouvant réduite à du bœuf salé d’une très mauvaise qualité et à du méchant biscuit. " '

le 12 il plût toute la journée ; le temps fut calme et brumeux, la mer très houleuse.

le 13 la brise s’était élevée Sud-Ouest et soufflait bien régulièrement ; le temps était couvert et brumeux. Nous rencontrâmes un navire qui se dirigeait, à l’Ouest, nous gouvernions droit à l’Est : Lattitude 44 ° Nord Longitude 24 Ouest.

le 14 et 15 temps pluvieux fort vent Sud- Ouest, favorable donc à notre route ; car nous gouvernions droit à l’Est, dans l’embouchure de la Manche. Nous vîmes plusieurs vaisseaux durant ces deux derniers jours. Vers huit heu-

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