‹ Journal d'un journaliste au secretChapitre 11 sur 16 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

Cependant, et quoique le nouveau régime répressif soit, en apparence , uniquement dirigé contre nous , nous ne le craignons pas plus que d'autres ; il ne nous tuera pas. Il dépendra entièrement de nous de vivre sous cette législa* tion nouvelle comme sous celle qui existe aujourd'hui ; et nous garantissons d'avance à nos lecteurs que le NatkmcU existera et ocmtinuera sa mission , parce que le plus grand déplaisir qu'il puisse causer à ses advM*8aire6 , c'est d'exister , c'est de continuer la discussion au degré de tiberté qui sera permis, e'est de demeurer sous la direction de ses ré«dacteurs actuels.

Les auteurs des nouveaux projets contre la presse n'ont pas dit leur véritable peasée. Ce n'est pas tant à la liberté

de discussion qu'ils en veulent, qu'aux réputations de persévéranee et de probité politique que la discussion a vu se former depuis cinq ans.

Cest le propre de la perséoutian^ de grandir ce qui lui résiste , ce qu'elle n'abat pas. La persécution a donné, depuis cinq ans , à un certain nombre d'écrivains, une puissance personnelle, dont on ne peut plus les dépouiller , qu'en faisant une loi qui leur défende nominativement d'écrire , ou qu'en leur coupant la tête ; car, en prison , ils écriraient , et de Gayenne ou de Sinnamari, on entendrait quelquefois encore parler d'eux.

( Appel fait en faveur de la presse. )

Nous avons toujours dit que nous aimerions mieux, pour notre pays, une monarchie libre qu'une république sans liberté , et que les garanties politiques passaient, pour nous, avant hs questions de forme et d'organisation'gouvernementale

La France est réduite aujourd'hui à défendre contre le pouvoir qu'elle a institué, les libertés dont elle s'était réservé la pleine et inaliénable jouissance. Gela réunira nécessairement toutes les oppositions contre les renégats qui ont osé porter la main sur l'héritage de nos cinquante années de révolution.

On pourrait résumer les lois d'intimidation contre la presse dans ces deux mots : u II est ordonné à toutes les «( opinions, sous peine de mort, de ruine ou de déporta* « tion, de se réunir contre les ministres dits doctrinaires,

« de ne se livrer à aucune distraction jusqu'à ce que ce mite nistère ait succombé sous TefTort commun, i»

Jamais injonction n'aura été obéie de meilleur cœur, jamais loi violente n'aura mieux répondu aux intérêts et aux intentions de ceux qu'on prétendait abattre.

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