CITATIONS EMPRUNTÉES A MONTESQUIEU
( Esprit des Lois. )
€ L'expérience a fait remarquer que dans les pays où les peines sont douces , l'esprit du citoyen en est frappé, comme il l'est ailleurs par les grandes.
< Les vols sur les grands chemins étaient communs dans quelques États ; on voulut les arrêter; on inventa le supplice de la roue, qui les suspendit pendant quelque temps. Depuis ce temps, on a volé comme auparavant sur les grands chemins.
«... Il ne faut point mener les hommes par les voies extrêmes ; on doit être ménager des moyens que la nature nous donne pour les ednduire.
«... Si vous voyez des, pays où les hommes ne sont retenus que par des supplices cruels , comptez encore que cela vient en grande partie de la violence du gouvernement qui a employé ces supplices pour des fautes légères.
Chine. — Pérou. — « On punit, à la Chine, les pères pour les fautes de leurs enfants. C'était l'usage du Pérou.
Japon. — « Les peines outrées peuvent corrompre le despotisme même.
Germains. — « Nos pères , les Germains , n admettaient guère que despeines pécuniaires.
Romains. — « Je me trouve fort dans mes maximes , lorsque j'ai pour moi les Romains , et je crois que les peines tiennent à la nature du gouvernement; lorsque je vois ce grand peuple changer à cet égard de lois civiles , à mesure qu'il changeait de lois politiques.
« La loi des Douze Tables ne condamnait au talion que lorsqu'on n'avait puapai-] ser celui qui se plaignait. On pouvait, après la condamnation, payer les dommages et intérêts, et la peine corporelle se convertissait en peine pécuniaire.
€ L'institution du tribunal domestique sup-
pléa, chez les Romains* à la magistrature établie chez les Grecs.
« C'est le triomphe de la liberté, lorsque les lois criminelles tirent chaque peine de la nature particulière du crime. »