L. 1 — :ç j ^(^ racontée dans
minute par minute, la t
toutes les langues, même en français. Il me faut donc^ pour ne pas tomber dans des redites, passer à côté du sérieux, et puiser dans les anecdotes . Je vais essayer.
En quinze mois, à Saumur, il y a toujours quelques épisodes drolatiques mêlant leur éclat de rire à Taspect lugubre de ce caveau de famille. Je n'ai, pour en trouver, qu'à consulter mes notes, et n'aurais-je qu'à parler de la banquise et de la quarantaine, ce serait suffisant, je crois, pour varier le sujet. La banquise eut lieu dans les premiers jours de janvier et dura plus d'un mois. Elle apporta une animation extraordinaire dans la ville et fit, pendant toute sa durée, la fortune des honnestes hosteliers de Saumur. Qui s'en souvient encore aujourd'hui?
C'était vraiment un spectacle grandiose que celui de ces énormes monolithes de glace, empilés les uns sur les autres, et donnant l'image d'un champ de bataille de quelques terribles luttes de géants. En voyant cela, M. Perrichon n'aurait pas eu besoin d'aller en Suisse pour répéter sa phrase légendaire : « Que l'homme me semble petit du haut de la mère de glace I »
Gomment cette banquise s'était-elle formée?
On n'en savait rien. Le premier glaçon s'était arrêté, sans cause apparente, à la plus grande largeur de la Loire, à un kilomètre environ en amont de la ville, et, immédiatement, tout passage s'était trouvé obstrué. Atteignant d'abord la hauteur de la route qui longe le fleuve, par
TODRHAL d'un OmOBK Mit LOB i L
suite de rabaissement des eanx, la. banq baissa aussi, et c'était la cause de ces craquements qui pendant quelques jours effiraj*-
Od allait sur la jetée par VillebemieF, les Quatre- Chapeaux et Oaure. Le spectacle était Traimcul féerique. L'immense mer de glace, composée de toutes les glaces de la baute Loire, furmaituoe étendue de douM kilomètres de long sur sept k huit ceols niAtres de large. Ou cdt dit UQo carrière do gypse boolerersée par une ei- Ijlosion. H y aTait de gigantesques aiguilles hau-
incrojablc. Certains blocs étaient d'un blanc laiteux, d'autres, d'une couleur bleue absolument transparente. CeuT-li provenaient des eaux de la Vienne.
A Saumur, l'eau coulait calme otpaisiblo sous le pont. A part l'animation des rues, b part la multitude de voitures attendant l'ar ' trains et portant des éeriteaui (Banquise de VillabcTnier, Uer do Qlace, Boute de Montsoreau), on aurait eu t Av peine à s'imaginer qu'à quelques pas E ).
plus loin, un habitant des bords de la f , ^,, i Néra aurait pu se croire dans sonf ÏÏ ^^T * pays. On ne paraissait pas eflrayé par ■^5|'~*' la possibilité d'une rupture des levers.
Seul, un propriétaire affolé menaça do tu l'i' ' ' l'ingénieur, le préfet et l'architecïo, si sa maisim était détruite. Des trains spéciaux ameDaienl du
200 JOURNAL D*UIf OFFIGIBR MALGRÉ LUI
matériel de tout genre et Saumur était envahi par des militaires de toutes sortes. Les ponton* niers d'Angers, le génie de Versailles, les artilleurs de Bourges, l'infanterie de Tours, des auxiliaires sans nombre, sans compter les sauyeteurs de la Seine commandés par M. de la Narde, et une nuée d'ingénieurs.
Tout le monde, dans la ville et ailleurs, donnait son avis. Celui-ci youlait faire sauter les ponts pour donner une issue aux glaces. Cet autre, un entrepreneur de chaudi'onnerie, proposait de verser de Tacide sulfîirique sur les glaçons. Un troisième engageait à faire des trous dans la glace, de distance en distance, d'y verser du pétrole, du goudron, du schiste, des essences inflammables, des hydrocarbures, et de mettre le feu à toutes ces substances qui, en surnageant auraient fondu la glace. Aux grands maux, les grands remèdes I Enfin, on parla aussi de scier la glace avec de grandes scies circulaires.
Ces moyens pouvaient avoir du bon, on ne les essaya pas. Ils n'émanaient pas de gens du métier. Et c'est un principe sacré chez les ingénieurs : en dehors d'eux, pas de salut. La dynamite ne réussissait qu'à briser les vitres et à faire prendre Saumur pour une ville assiégée, mais ils avaient déclaré qu'on se servirait de dynamite, et l'on n'employa pas autre chose. Le malade devait guérir selon les règles de la Faculté, ou il ne guérirait pas. C'était l'ordre de M. Purgon et des ingénieurs. Et tout le temps, les détona-
lions ébranlèrent la ville comme des roulements de tonnerre. Le chenal ouTerl d'un cQté so rcfeiv mail do l'autre. C'était un travail do Pénélope. Sans les pontonniers et le génie, il j aurait des chances pour que la banquise caste encore. Ces braves gens, les officiers en tète, Iravalllèrenl avec une ardeur adiAirable. Seulement, plusieurs tombèrent à l'eau et payèrent de leur vie ce bain glacé et forcé.
Voici le mojren qu'ils employaient : Ils montaient sur la banquise, k huit ou dix mètres du bord, un do leurs immenses pontons. Se pliiç-iut ensuite à l'intérieur, dos à dos, autant qu'ils pouvaient tenir, ils s'.ii:tcou]ijs- j a ^ j saient en s'arc-boutant des jambes et '.'■■l;'; imprimaient à cette lourde masse un 'j^vj' mouvement d'oscillation qui, iiijiélL^ sans 'i!*,Vl !j interruption pondant un certu' ' " ^
détachait de la banquise un en déglace. D'autres pontonniers bateaux le tiraient avec des homme montait dessus, perçiùt y plaçait une cartouche de dynamite à la mèche de laquelli' il mettait le feu on s'éloignani, A l'explosion, le bloc jaillissaji. ' en miettes qui fllaienl emportées par le courant. Comme rr compense, il est probable que l'on aura décoré deux V^ ou trois ingêuieuM et (fa'k
leur retour dans leurs garnisons respectives, les pontonniers et les hommes du génie auront eu une ration de vin supplémentaire. On agit toujours de cette façon. Pendant la durée de la banquise, la levée était l'unique but de promenade. Les équipages s*y suivaient, comme au Bois un jour élégant. Des amazones, des officiers couraient à cheval le long des berges, et d'innombrables promeneurs se donnèrent le rare plaisir de traverser la Loire comme s'ils escaladaient des glaciers étemels. Un beau soir, la débâcle eut lieu très doucement et, le lendemain matin, la dernière glace avait fait ses paquets. — Tout était parti : la Loire était libre.
Après avoir occupé les esprits par ses glaces, Saumur devait encore les occuper par un autre incident. Le père Ours, l'ancien commissaire de police, n'ayant pas voulu procéder à l'exécution des décrets, fut remplacé par un autre commissaire qui arriva avec des intentions hostiles contre l'École. Ce fut l'opinion à cette époque. — On lui prêta même ces paroles : — Je saurai bien les mater I... parlant ainsi des élèves.
Un soir, au théâtre, il était dans sa loge, lorsque deux officiers tirent quelque bruit en riant avec deux ou trois spectateurs, habitants de la ville ou des environs. L'occasion était bonne, le commissaire de police en profita. 11 emmena l'un ou les officiers au poste; le capitaine de service alla les réclamer et. fut reçu avec assez peu
» us OPFICUM «AMIHB LUI W
!. Do là à sa battre, il n'y a que 1* paisscur d'utt cheveu. Le cheveu fut cassé, i ne se bat^t pas, mais la guerre fut déclarée. L'École imposa une quaranlaini' rigoureuse à la ville, jurantdo ne la terminer qu'après le renvoi du commissaire , et, pendant plusieurs semaines, la consigne fut tenue sans aucune ^blosso. A part les timbres-poste et le tabac, tous les. habitants de l'École, quel que fût Icatgrade ou leurs fonctions, ne prirent rien...
rien... rien... chût les habit&nls de k ville. Los boutiques dlwent désertes, les magasins vides, les cafés... morts. Les hôteliers renvoyaient leurs garçons , le s loueurs dechovauxs'occupaicnt de labourage, ces dames ne traTaillaienC plus, et Milon, le Lbrùrc, maigrissant chaque jour de plusieurs kilos, personnifiait la ville en pleurs.
Si cela avaitduré trois mois, tous les commerçants auraient déposé leur bilan; mais l'École fut généreuse, — c'est elle qui le dit, — elle pardonna et l'on revit chez les coiffeurs les élégants, dans les cafés les paresseux, dans les hûtets les gourmandB.Etchacunreprenant sa petite habitude, la ville retrouva sa physionomie accoutumée.
Pour être impartial, jo dois ajouter cet extrait du rapport de police. — On vient d'entendre la cloche militaire, voici le carillon dvil :
. Le 1" décembre 1880, M. F. fut invité par la commissaire de police Martin à se retirer de la salle do théftire. A la suite tiu spectacle, le
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^icur F. ayant inlcrpcUo d'une rnanièm injnricuso 1c commissiûre de police, ce doimicr te vit dans l'obligation de l'arrêter. Alofs les otfieicrs de l'Ecole, au nombre de vingt à trente, prirent parti pour le sieur P. et l'acoompagnèrent jusqu'au bureau de police criant : A bas 1a police 1... k bas ce fumiste ; ce tojou do commissaire, enlovci-lel... Les civils répondirent par le cri de ; Vive lo commissaire de police t — Ce m^lslrat, qui dtait depuis un moment dans sou cabinet, entendant co tumixlto, sortit et invita polimeut les personnes présentes à se retirer. Los officiers lui répondirent par des injures. Alors il donna ordre à ses agents do prendre les noms des mamfcslauta et les numéros dos régiments dos officiers. Les huées s'élevèrent alors plus violentes et un sous-licutenant nommé Or... dit au commissaire, en se plaçant devant lui ; L.cs galériens ont soûls un numéro, voue êtes un fumiste, nn ïojou, etc. — Le commissaire le saisit par le bras et, malgré sa résistance, lo lit entFcf au poste. Les civils, de plus en plus nomhrcu}:, crièrent do nouveau : Vivo le commissaire!., . — Et entourèrent les officiers qui, devant l'attitud" prise, crurent plus sage de se reOror. »
Notre cours fut suffisamment tranquille, I.
désir d'arriver au but sans fairo fausso rou' apaisait la fougue des plus fringants. 11 y a ui si grande différence de position entre un so\i lieutenant et uil sous-officier, et l'on nous tor
fiait si souvent avec la menace de nous faire redoubler la saison si la moyenne des notes n'était pas suffisante, que le travail allait cahin-caha. Il n'y eut pas besoin de coup de caveçon pour calmer notre ardeur au plaisir. Elle fut raisonnable I... Selon l'habitude, Milon, le libraire déjà nommé, fit nos cahiers et nos topo à des prix modérés. Les lieutenants d'instruction furent très indulgents dans leur interrogatoire hebdomadaire. Nos professeurs montrèrent une bienveillance paternelle. Chacun y mettant du sien, eux et nous, si plusieurs de nos camarades eurent des craintes, elles ne se réalisèrent pas. Un seul élève fit naufrage au port. Personne ne le plaignit, il avait volontairement si mal navigué pendant la route que cette nécessité s'imposait.
Un sur quatre-vingts, la moyenne est minime.
Elle permet de supposer sans trop de vanité que i^''.'',[' nous étions tous des élèves-officiers hors ligne.
.^^^[^f^ Les événements survenus me confirment encore
'I'" .j;. dans cette bonne opinion de nous-mêmes. De-
n' '^'^^ puis notre nomination au grade de sous-lieute-
:^'/,^> nant, les journaux ont assez souvent cité les
n**'j / ' noms de certains de mes anciens camarades. Gc-
-ij^y lui- ci se mariait, celui-là remportait un prix
)\^*^ dans une course ou un concours, cet autre per-
. » dait son père ou son grand-père, sa tante ou une
y cousine, et, toutes les fois que je lisais ainsi l'un
iiQ^ p)# de ces noms, il y avait à la suite cette inévitable
\'^--[ é phrase : — Un des plus brillants officiers de la ca-
. Il ^ ^- Valérie ! Ça m'a donné une haute idée de ceux qui
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se trouvèrent à Saomur en même temps que moi, et... de moi-même. Je sais bien que les jornnaux ont une formule toute prête, — formule invariable ! — et que, s'ils annoncent la mort d*un jeune officier, sous-lieutenant, lieutenant ou capitaine, ils ne manquent jamais de jeter de Teau bénite sur sa tombe et d'affirmer que... « cet officier donnait les plus belles espérances », mais le cliché a beau être vieux, toujours le même, on le trouve parfait. Il en est de cela comme de l'amour dont Déjazet dissdt : — C'est toujours la même chose et ça fait toujours plaisir.
Je n'aurais garde de citer un seul nom des élèves-officiers. Leur modestie ne me le pardonnerait pas. Mais souvent, entre camarades, on se donne des surnoms et cette habitude rend un réel service au conteur futur. En évitant toute personnalité, on peut d'un mot peindre descaractères, les surnoms ayant été créés et mis au monde dans ce but. Voici ceux dont je me souviens :
La ficelle. La clef des cœurs.
Le rugueux. Le hussard incompris.
Point noir. L'irrésistible.
Le zouloa. L'empereur.
Paladine. Sabot ciré.
Le poulet Livaro.
Mon oncle Barbassou. Le fils de Louis XIV.
L'échappé. La flûte enchantée.
Chopinard. Le tombeau des secrets.
Le marchand de pastilles. Sapajou.
Cotillon II. Perlinpette.
J'en passe et des meilleurs.
Le CBDOtage ëtait parmi nous très en honneur. Une douzaine au ruoïQS de mes camarades se livraient souvent aux plaisirs de l'art nautique. Us avaient des baleaut à eux et parlaient en eicursion le dimanche matin, pour ne revenir que fort tard dans la nuil. Eiperts en la façon de tirer des bordées, — au réel et au figuré, — ils suivaient, insouciants et jojeui, les cotoaui si planturoui des borda de la Loire, oti le soleil dore et mûrit des lignes renommées, où les vestiges du passé suivissent de tous côtes et semblent naître k profusion sous les pas des touristes, où l'ombre de Rabelais réveille nos rires qui se meurent, et colle de Courier notre esprit qui s'endort. Au gré de leur caprice. Us allaient un jour vers les Rosiers, une autre fois vere Montsoreau, et la Loire, — l'été, calme et transparente comme un beau lac, l'hiver, écumenso et bruyante comme un torrent, — ne sa faisait désagréable que si le vent contraire obligeait l'emploi de la rame.
Souvent pressé par eux de les accompagner, je me décida» i les suivre dans une de leurs promenades.
Je ne l'ai pas regi'etté. Le retour -Ay surtout, en pleine nuit, fut charmant. La nuit claire avait les caressantes tiédeurs de l'été. Un vent favorable arrondissait notre voile comme le lait d'une mère gonSe et ■^^ remplit son sein. J'étais étendu dans 1d>.
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fond de la barque, bercé par le petit clapotement de l'eau qui passait au-dessous. Nous causions peu, et, de loin, quand j'apercevais les ruines d'un vieux château, ses murs pantelants, crevassés, semblables à des fantômes éclairés par la lune, me faisaient revivre le passé. Je me rappelais la cour de France dans la Touraine et le Blaisois. J'habitais ces ruines, je peuplais ces murailles, j'évoquais les amours, les haines des grands seigneurs d'autrefois; l'eau qui me portait avait baigné le pied des demeures royales où l'âme de la patrie vibra pendant de longues années et reflétait les salamandres et les fleurs de lis. Amboise s'était miré dans ces flots. Le Plessis leur avait conté ses lugubres souvenirs, puis l'imagination, suivant le fleuve dans son voyage vers la mer, rappelait les noms de Bonchamps, de Lcscure, de Charette, de tous ces héros vendéens ot de leurs glorieux adversaires, Kléber et Marceau. Aussi, j'ai plus repassé mon histoire dans ces heures de rêverie que pendant mes quinze mois de cours à Saumur.
Parmi ces amateurs de canotage, l'un d'eux avait une vraie passion pour la Loire. 11 passait presque toutes les nuits dan son bateau, couché sur des couvertures et dormant à la belle étoile. C'était son plus grand plaisir. Pour éviter d'être porté absent aux nombreux contre-appels, il avait trouvé un moyen pratique, quoique suffisamment laborieux. Chaque soir, il démontait son lit pièce^ par pièae^ partageait entre tous ses camarades
JOURNAL d'un OFFICIBR MAIXIRB LUI 209
de chambrée son matelas, sa paillasse, son traversin, ses couvertures et ses planches ; mettait tous ses autres efiets dans sa malle, et sa malle sous un autre lit. Si le capitaine venait pendant la nuit s'assurer qu'aucune de ses brebis ne manquait au troupeau, il n'y voyait que du feu. Tous les lits étaient occupés.
Sans toutefois le recommander, j'indique ce moyen à ceux qui, trop éprouvés par la solitude dans leur lit militaire, poussent de gros soupirs
en rêvant au boudoir parfumé de leur maîtresse.
En voici encore un autre, d'un genre différent. Il n'est peut-être pas meilleur et j'ai besoin de croire que la quantité remplacera la qualité, mais }'ai de plus pour excuse l'intérêt commun. 11 s'agit du paiement de ses dettes. Quel est celui dans l'armée qui n'en a pas eu, n'en a pas, ou n'en aura jamais?
Un de nos camarades en possédait un nombre respectable. A Saumur, ce n'est pas une exception, au contraire I — Chaque note s'était réunie aux autres et il portait toujours sa liasse sur lui avec autant de respect qu'Abélard portait en son cœur son amour pour Hcloïse. Un créancier venait^il lui demander un règlement de comptes? 11 le recevait avec une urbanité parfaite, tirait gravement de son portefeuille sa liasse de notes et disait à ce fournisseur importun : — Vous désirez être payé?...
L'autre, croyant déjà tenir son argent, répon-
ail ea ae (eiidiuil la bouche j usqu'&ni oreilles : - Je ne Tiem pas eiprèa voas tnniTer, mais... j'ai de forts paismeHts et.. .je tous serai vraimeat très obligé... Cependant, ai... — Enfin meréclaiocj-ïous, ouioanonî — Siïou! ponvoi... — Alors, vous rédameil — Eh bien, moDsieur, je vais tous moutrer votre note...
LavoicL Me est avec toutes celles que je dois. Vous le Toyet, elle était la quatriitae. C'est TOUS dire que je vous aurais pavé le quatiièmel Puisque vous réclamez, jo vous place il la Un. ..Oh! TOUS serei pajct mais... le dernier.
PreuBDt alors sa aole, U la glissait eu dessous et, toujours gravemeat, U remeHait sa liasse dans son poMefeuillB. — Au revoir, cher Monsieur... So;el tranquille, je vous paierai. Seulement, je De puis payer tous mes fournisseurs à la fois. Ceux qui me réclanteat passent à la gauche.
Notre division, réunie tout eotière aui cours, se trouvait partagée en trois seutions pour le travûl militaire et les théories. La première secUon comprenait l'armée d'Afrique, les Écoles et les cuirassiers. La deuxième avait les dragons. La troisième section se composait des scus-ofSciers de la cavalerie l^ére.
J'étais donc entre deux feui avec l'année d'Afiique et les cuirassiers. D'un cdté, le chaud soleil d'Algérie, de l'autre, l'éclat fulgurant des
Nous eûmes la bonne fortune d'avoir, pour
JOURNAL d'un OFEICIBR MALGRÉ LUI 211
capitaine instructeur, un homme railleur et spirituel, croyant comme un gentilhomme, mais .sceptique en diable au point de Tue militaire. Toujours il prenait les choses par leur bon côté et arrivait au même résultat que certains autres instructeurs lés prenant toujours par le mauvais bout. Jamais, par exemple, il n*^t la pensée de nous ennuyer en nous démontrant qu^avec de la bonne volonté, on peut trouver oeht qua^ rante^quatre modes de conversion dans les trois ou quatre cas indiqués par la théorie. Son exigence se bornait à vouloir que nous soyons tous présents à Tappel. Alors, il s*estimait heureux.
Le matin, pendant que nos autres camarades, sous les ordres de leurs zélés capitaiAes, exécutaient consciencieusement Técole du cavalier à pied, nous nous contentions de faire un peu de gymnastique et de causer en rond. A la théorie, lorsque deux ou trois d'entre nous avaient récité la leçon, notre capitaine employait le reste du temps à lire le pompeux rapport qui précède la nouvelle ordonnance.
Nous a-t-il amusés, ce rapport I Combien nous avons ri à la lecture de ce style ampoulé, de ces phrases sonores et creuses, de ces mots sans signification, alignés les uns à la suite ^ > des autres pour le seul plaisir de faire des I, périodes ronflantes. Le capitaine trouvait des euphémismes charmants. Il expliquait sa peu- ^' sée sans porter atteinte à la discipline et au respect dû à l'auteur de ce travail, et il nous
212 jouaNAL D*inf omcnm mauibb un
permettait la plaisanterie, pourra qn^elle ait de
l'esprit
Gela et le général de Braek, c'est toot ee que nons avons lu pendant les théories. Je ne sais# même pas certain qne nons soyons arrirés à la fin dn rapport ni du livre ; snrtont dn rapport. Avec un pareil système d'instruction militaire, nous aurions dû tenir aux examens de sortie la queue de la division. — Non! Explique qui pourra cette singularité, nous eûmes au contraire, pour la plupart, l*honneur d'être à la tête. Parmi les vingt premiers de la division, quinze au moins appartenaient à notre groupe.
Ce résultat est peu encourageant pour les élèves sérieux, croyant avec raison à Finfluence d'un travail opiniâtre sur le classement de sortie. — Qu'y faire? L'expérience prouve, mais ne démontre pas toujours. C'est le cas.
Et puis, à Saumur, on ne croit guère à l'in* fluence du travail, on croit }ilut6t & la toutepuissance de la cote d'amour.
^^■^tf^r^^-