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LES LIVRES FACILES

Je m'entretenais tout à l'heure, avec notre jeune instituteur, des leçons de choses. Il est d'avis que ces leçons, pour être profitables, doivent porter sur des objets réels et mis sous la main, qui ont été assemblés dans le dessein d'en faire voir les relations diverses, et il est convenu aussi des mérites de l'image. Nous feuilletions justement les intéressants cahiers de l'Industrie en images composés par mon ami J.-J. Magne (encore une bonne idée perdue, grâce à la routine des bureaux et par la faute d'un éditeur malhabile).

Si j'ai recommandé ces cahiers, lui disais-je, ce n'est pas que je goûte beaucoup, d'ailleurs, les livres faciles, et je vous déclarerai tout franchement le mal que j'en pense.

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— Comment cela?

— Eh bien, oui, on a fort exagéré, à mon avis, les faibles services que peuvent rendre ces jolis livres. Je vous en pourrais citer un, qui est d'un auteur d'esprit et traite de botanique. A l'essai (j'en ai essayé avec ma nièce), j'ai reconnu que les notions de botanique présentées avec tant de façons et si coquettement déguisées sont après tout d'une intelligence plus difficile que mises en bonne et simple langue scientifique. Ces livres donnés pour ' attrayants et faciles sont toujours longs et ils vous égarent dans les détours d'u'né causerie trop ingénieuse; ils n'ont pas, malgré cela, l'attrait d'un récit romanesque, et ils ne séduisent en somme pas plus qu'ils n'instruisent.

Mon opinion est qu'il y a tout profit à entrer bravement dans la science, à faire effort ; les premiers succès encouragent, et l'on estime l'étude à la peine qu'elle coûte. Ces jolis livres roses, les paresseux en usent comme font des dragées les enfants gourmands, qui sucent le sucre et jettent l'amande; mais, pour les appétits sains, l'amande

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