‹ Journal d'un poète (volume 2)Chapitre 115 sur 167 · LE BAL MASQUÉ · texte numérisé non relu

LE BAL MASQUÉ

Un masque m'a parlé dans la salle étoilée ; Sa parole furtive était douce et voilée.

Sa figure était noire et sa robe aussi. « Aimez-vous? me disait-elle, car c'est toujours l'amour qui remplit les discours dans ces lieux. — Oui, ai-je répondu; mais celle que j'aime, elle ne peut être ici, je l'ai quittée tout à l'heure; elle mettait un pied sur le bord de son lit, comme prête à s'embarquer dans une nacelle pour un doux voyage... Je l'aime. Vos yeux sont beaux, iwijjl mais les siens le sont bien davantage; votre taille, votre main

'*'' ' sont gracieuses, mais je préfère ce qui est à elle. O jeune beauté,

i*lj," ne soyez pas irritée. Je la vois chaque jour et je ne vous vois

1^ ." pas. » — C'est alors, ô mon amie, que tu as montré ton beau

visage, qui n'était plus voilé que par tes larmes.

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