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FRAGMENTS

Le téorbe et le luth, fils de l'antique lyre,

Ne font plus palpiter l'Archipel en délire :

Son flot triste et rêveur lui seul émeut les airs,

Et la blanche Cyclade a fini ses concerts.

On n'entend plus, le soir, les vierges de Morée,

Sur le frêle caïque à la poupe dorée,

Unir en double chœur des sons mélodieux.

Elles savaient chanter, non les profanes dieux,

Apollon ou Latone à Délos enfermés,

Minerve aux yeux d'azur, Flore ou Vénus, armés,

Alliés de la Grèce et de la liberté :

Mais la Vierge et son Fils entre ses bras porté,

Qui calment la tempête et donnent du courage

A ceux que les méchants tiennent en esclavage.

Sitôt que de Zia, de Corinthe et d'Alcime,

La lune large et blanche avait touché la cime,

Et, douce aux yeux mortels de ce ciel tiède et pur,

Comme une lampe pâle illuminait l'azur,

Il s'élevait partout une brise embaumée

Qui, telle qu'un soupir de l'onde ranimée,

Aux rives de chaque île apportait à la fois

Et l'encens de ses sœurs et leurs lointaines voix.

Tout s'éveillait alors : on eût dit que la Grèce

Venait de retrouver son antique allégresse,

Mais que la belle esclave, inquiète du bruit,

N'osait plus confier ses fêtes qu'à la nuit.

Les barques abordaient en des rades secrètes;

Puis, des vallons fleuris choisissant les retraites,

Des danseurs, agitant le triangle d'airain,

Oubliaient le sommeil au son du tambourin,

Oubliaient l'esclavage auprès de leurs maîtresses,

Qui de leurs cheveux blonds nouaient leurs longues tresses

Avec le laurier-rose et de moelleux filets

Et des médailles d'or et de saints chapelets.

Ainsi de l'Archipel souriait l'esclavage :

Tel, sur un pâle front que la fièvre ravage,

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