JOURNAL D'ON POETE
l^'ésentë les portmtfl vulgaîres : sa taSle est grande, mince et un pea voûtée ; son épaule droite' est un peu penchée vers le c6tié où il boite; sa tète a conservé encore <}oelques cbevi»ix U^s, ses sourcils sont blancs et couvrit deux yeux Meus, petits, fatigués mais très-doux, attendris et humides, aiuKHiçant, à mon avis, une seusibilité profonde. Son tdnt est dair comme celui de la plupart des Anglais^ ses joues et son menton sont colorés légèrement iedieicbai vamemeot le front d^Homère et le sourire de Rabekis que notre Charles Nodier vit avec son enthmisiasme sur le buste de Walter Scott, en Écosse; son front m'a semblé, au Cisntrake, étroit, et développé seulement au-dessus des sourcils ; sa bouche est arrondie et un peu tombante aux coins. Peut-être est-ce Timpression d'une douleur récentie; cependant, je la crois habituellefsent mélancolique comme je l'ai trouvée. On l'a peint avec xm nez aquilin : il e^ court, retroussé et gros à l'extrémité. La coupe de saa visage et son expression ont un singulier rapport avec le port et l'habitude du corps et des traits du duc de Cadore, et plus Picore du maréchal Macdonald, aussi de race écossaise; mais, phis fatiguée et plus pensive, la téte du page s'incliro plus que celle du .gucrrêr.
Lorsque fai shorié sff Walter Scott, il était occupé.à écrire sur im petit pupitre anglais de bois de okron, eairrioppé d^une rebe de chambre de soie grise. Le jour
tombait de la fenêtre sur ses cheveux blancs. Il s'est levé avec un air très-noble et^ m'a serré affectueusement la main dans une main que j'ai sentie chaude, mais ridée et un peu tremblante. Prévenu par mon oncle de l'offre que je devais lui faire d'un livre, il Ta reçu avec l'air trèstouché et nous a fait signe de nous asseoir.
« On ne voit pas tous les jours un grand homme dans ce temps-ci, lui ai-je dit; je n'ai connu encore que Bonaparte, Chateaubriand et vous 0e me rëprochâis en secret d'oublier Girodet, mon ami, et d'autres encore, mais je parlais à un étranger). — Je suis honoré, très-honoré, m'a-t-il répondu; je comprends ce que vous me dites, mais je n'y saurais pas répondre en français. » J'ai senti dès lors un mur entre nous. Voyant mon oncle me traduire ses paroles anglaises, il s'est efforcé, en parlant lentement, de m'exprimer ses pensées. — Prenant Cinq-Mars : « Je connais cet événement, c'est une belle époque de votre histoire nationale.» Je l'ai prié de m'en écrire les défauts en lui donnant mon adresse. — « Ne comptez pas sur moi pour critiquer, m'a-t-il dit, mais je sens, je sens! » Il me serrait la main avec un air paternel : sa main, un peu grasse, tremblait beaucoup ; j'ai pensé que c'était l'impatience de ne pas bien s'exprimer. Mon oncle a cru que ma visite lui avait causé une émotion douce; Dieu le veuille et que toutes ses heures soient heureuses. Je le crois né sensible et timide. Simple et illustre vieillard I — Je lui ai demandé s'il re«