Voir la liste bibliographique, p
L'ABBÉ NICOLAS ALAIDON ET SON JOURNAL xxi
ait complètement rétabli la paix entre le curé et * l'abbé des Bénédictins. Une survivance était restée du temps où la paroisse recevait l'hospitalité dans une chapelle latérale de l'église abbatiale. Pendant l'octave de la Fête-Dieu, les processions se déroulaient par les rues du faubourg Saint-Mansuy, sur le sol jonché de fleurs, entre les maisons pavoisées, ornées de guirlandes et de tentures; et ce n'était pas, comme partout ailleurs, le clergé de la paroisse, mais les moines de l'abbaye qui dirigeaient la pompe sacrée et présentaient à l'adoration des fidèles le corps de Jésus-Christ. Le curé n'y assistait que comme invité et son cœur en saignait. Une année, sans prévenir les Bénédictins, il sort de son église et, avec moins de pompe sans doute, mais seul au milieu de ses fidèles paroissiens, il conduit la procession par le faubourg. Ce fut pour lui une grande joie et il nous appelle à la partager ;
« J'eus même le bonheur de faire les processions du Saint Sacrement pendant l'octave de la Fête-Dieu ; cérémonie que je n'avois jamais faite dans ma paroisse parce que d'autres la faisaient pour moi'. »
Toutefois, cette fête eut un lendemain que le bon curé passe sous silence. Le jour suivant, en effet, par ministère de l'huissier Mourot, les Bénédictins, outrés de voir leurs droits ainsi méconnus, lui firent signifier d'avoir à s'abstenir d'une telle usurpation dans l'avenir.
L'avenir! Il n'était à longue échéance ni pour les
\. Voir plus loin, p. G.