‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 11 sur 148 · XXII L'ABBE NICOLAS ALAIDON ET SON JOURNAL · texte numérisé non relu

XXII L'ABBE NICOLAS ALAIDON ET SON JOURNAL

Bénédictins ni pour le pauvre curé. Ceci se passait entre les jeudis 23 et 30 juin de l'année 1791. Déjà Fabbé Alaidon avait refusé de prêter le serment, et, le cœur serré, il attendait, de jour en jour, l'intrus dont des circonstances imprévues avaient retardé la venue. A la Fête-Dieu de Tannée 1792, ce ne sera pas l'abbé de Saint-Mansuy, ce ne sera pas le curé qui aura le privilège de présider les processions. A l'intrus il appartiendra de les diriger ou de les supprimer.

O vanité des petites querelles!

En effet, en cette année 1791, vers le milieu du mois de janvier, avis avait été donné aux prêtres fonctionnaires du département de la Meurthe d'avoir à prêter le serment prescrit par la loi des 27 novembre-26 décembre 1790, promulguée le 2 janvier suivant. Un décret du 4 janvier avait encore aggravé la loi récente, d'après lequel tout serment devait, sous peine de nullité, être exempt de préambule ou d'explications.

Les curés auraient à prêter le serment dans leur église, un dimanche, avant la messe paroissiale, en présence des officiers municipaux du lieu, du peuple et du clergé. Jusque-là toute fonction curiale leur était interdite.

Voici la formule du serment :

« Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui m'est confiée ; d'être fidèle à la nation, à

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