‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 103 sur 148 · Mariaschein · texte numérisé non relu

Mariaschein

ensuite me ramena dans cette maison, où il m'avait fait préparer une chambre et un lit.

Je demeurai deux ou trois jours avec lui pendant lesquels mon paquet arriva. « Ah çà ! me dit-il, vous ne pouvez pas demeurer ici, puisque moi-même je n'y suis qu'en cachette depuis onze mois. Mais je vous ai trouvé une place chez un bon curé, du moins pour quelque temps, à trois lieues d'ici. Demain je vous y conduirai, ou du moins bien près, si je ne puis aller jusque-là. » Nous partîmes en effet le lendemain. Il me conduisit dîner à Bilin, petite ville, chez M. le curé qu'on appelle M. l'archidiacre. Ce Monsieur nous reçut très bien, nous fît boire de l'eau d'une source près de sa ville, qui fait des petits globules comme le vin de Champagne, et qui est excellente mêlée avec du vin. On en fait là un grand commerce. Il nous amusa beaucoup et nous invita à venir le voir souvent. Nous lui tirâmes notre révérence; et mon ami vint me montrer le village de Merzlich dont M. le curé voulait bien me recevoir chez lui, et me dit qu'il était trop tard pour venir jusque-là et retourner, mais qu'il viendrait me voir dans trois ou quatre jours. Je l'exhortai à tenir sa parole ; nous nous embrassâmes et prîmes chacun notre chemin.

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