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Je trouvai M. le curé de Merzlich chez lui lorsque j'arrivai. C'était un bon prêtre, qui gémissait sous le poids du ministère, et qui s'en acquittait bien. Il me reçut charitablement, causa un certain temps avec moi et m'introduisit dans la chambre qu'il me destinait. Quoique sa maison est assez grande, cependant il n'avait que cette chambre à donner. Elle était très saine et j'y avais une vue charmante. Ce bon curé me tint gratis chez lui. Je lui offris de lui acquitter quelques messes quand il jugerait à propos. Il ne voulut pas. Au contraire, il me fournissait luimême des honoraires.
Mon cher supérieur vint comme il l'avait promis, et M. le curé, qui le connaissait déjà, le reçut avec plaisir; mais il retourna le même jour, et j'allai le conduire. En chemin faisant je lui dis que comme je me trouvais à même de prendre les eaux, j'avais envie de les prendre en effet. « Eh bien! quand vous voudrez vous viendrez à Tôplitz, nous irons consulter le médecin, et il vous dira ce qu'il faut faire. »Nous, nous nous dimes au revoir, et je revins chez mon curé à qui je communiquai mon projet, que j'exécutai huit jours après.
Etant venus à Toplitz, nous allâmes voir un médecin qui me conseilla non seulement de me
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baigner mais encore de boireile l'eau d'une source qui commençait là à être en vogue. Je suivis ses avis mais je ne retirerai aucun fruit ni des bains ni de la boisson. Il est vrai que je ne me baignai que les jambes et que je cessai de boire. Ce qui me faisait le plus de bien, c'est que j'étais avec mon ami, que je voyais tous les jours, et avec lequel j'allais prendre un dîner frugal à une demilieue de la ville, dans une maison située au milieu d'un bois cbarmant.
Après avoir passé quinze jours à Tôplitz fort agréablement, mais qui me coûtèrent, parce que là tout est fort cher à cause du grand nombre de personnes qui viennent prendre les bains, je retournai chez mon bon cure de Merzlich, où je demeurai cinq à six semaines, toujours bien accueilli. Au bout de ce temps, ce brave curé devait recevoir de ses parents qui venaient passer quelques jours chez lui, et il n'avait pas d'autre chambre que la mienne. Je lui dis qu'il était juste de leur faire place, et que j'irais voir mon ami; il me fît des excuses et me dit que je reviendrais donc dans tel temps qu'il me désigna. Je lui répondis que oui, et je partis.
J'allai saluer M. le curé de Bilin, qui m'invita à rester chez lui. Je lui dis que pour le moment je ne le pouvais pas, mais que, dans quelques
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jours, je profiterais de son offre. J'avais une lettre à remettre à un religieux de l'abbaye d'Ossac que je désirais voir. J'y allai. Cette abbaye est à deux petites lieues de Bilin, très bien située, très vaste, avec des jardins et promenades immenses.
En y arrivant, je me présentai à l'homme de chambre de M. l'abbé. Je fus enchanté de sa mine, de sa politesse, de sa facilité à parler très bien latin. Je dis que j'étais l'ami de M. le supérieur' et celui dont il avait parlé à M. l'abbé. Cet homme si honnête m'introduisit chez son maître que je trouvai extrêmement affable et plein de charité. Cet aimable abbé donna ses ordres et me conduisit dans une belle chambre pour me reposer en attendant le souper. Je fis cependant ma commission au religieux de la maison que je vis aussi bien que son abbé. Je demeurai dans cette abbaye deux ou trois jours, où j'étais très bien régalé à la table de M. l'abbé et où lui et tous ceux qui mangeaient avec lui, de même que les autres religieux, me firent toute sorte d'accueils.
Ne voulant pas abuser des bontés qu'on y avait pour moi, je remerciai le vénérable abbé qui me demanda pourquoi je ne restais pas à l'abbaye. Je tâchai de lui faire agréer mes raisons, mais il