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Edmond, qui était aux petits soins à mon égard. Il venait cinq ou six fois par jour dans ma chambre voir si j'avais besoin de quelque chose, m'offrir à manger et à boire, m'inviter à aller causer avec tous ses confrères, surtout après souper, m'offrir des honoraires de messes ; en un mot, il me comblait de bontés. Il me fit même chanter la grand'messe le jour de saint Etienne abbé S qui. était une de leurs grandes fêtes. J'avais là véritablement tous les agréments possibles, mais enfin mon supérieur de Saint- Claude arriva. C'était le moment fixé pour le départ, et il fallut s'arracher à tous ces bons religieux. Le procureur de M. l'abbé me donna un habit presque tout neuf; le père Edmond m'apporta encore un autre habit. Je voulais les laisser tous les deux; mais ce bon père me fit tant d'instances que j'en reçus un, qui me parut plus léger que celui que j'avais et plus commode pour marcher pendant la chaleur. Nous restâmes encore deux jours dans cette abbaye pendant lesquels le bon père Edmond s'occupa à nous procurer une
1. Il s'agit évidemment de Saint-Etienne Hardihg, troisième abbé de Gîteaux, les Bernardins étant des Cisterciens. Mais les BoUandisles fixent sa fête au 17 avril, et l'ablié Alaidon était à l'abbaye d'Ossac à une époque beaucoup plus tardive. Sans doute, en celte année 1797, le lundi de Pâques tombant le 17 avril, la fête avait été renvoyée.
voiture. 11 nous en fournit en effet une fort bonne et, pour mettre le comble à sa charité, il vint luimême nous conduire jusqu'à Bilin. Il avait le cœur si tendre qu'il pleura lorsque nous quittâmes l'abbaye, et encore plus amèrement lorsqu'il nous embrassa pour la dernière fois à Bilin.