L'ABBÉ NICOLAS ALAIDON ET SON JOURNAL XXIII
la loi et au roi et de maintenir de tout mon pouvoir la constitution décrétée par l'Assemblée et acceptée par le roi. »
Pris en lui-même, ce serment peut sembler assez iimocent. Mais il ne faut pas oublier que la constitution que, par serment, on s'engageait à maintenir de tout son pouvoir, c'était, cène pouvait être que la constitution civile du clergé en ilagrant désaccord avec la constitution même de l'Eglise.
Parmi les provinces qui firent le plus d'opposition à la constitution civile du clergé l'Alsace et la Lorraine se distinguèrent'. Là, le voisinage de la frontière faisait plus facile la fuite et, dès que les temps deviendraient meilleurs, plus facile aussi le retour; dans beaucoup de paroisses où les protestants étaient nombreux, la foi, éprouvée par la lutte et la contradiction, était plus ferme qu'ailleurs^; la solide instruction et la gravité du clergé lorrain contribuèrent aussi, pour une bonne part, à cet heureux résultat.
Comme tous les prêtres de France, l'abbé Alaidon hésita. Les églises abandonnées aux intrus, la foi des fidèles en danger, leurs consciences dirigées par un clergé schismatique, n'était-ce pas, pour les prêtres les plus zélés et les plus pieux, des motifs suffisants de doute et d'incertitude? D'autres, et là fut la cause malheureuse de bien des apostasies, ne pouvaient se déterminer à
1. Cf. Abbé P. Pisani, l'Église de. Paris, I, p. 176 el suiv.
2. Ceci n'est vrai que pour l'Alsace et la Lorraine allemande. En Lorraine française il n'y avait pas de protestants.