‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 111 sur 148 · Le lundi 21 ou mardi 22 août · texte numérisé non relu

Le lundi 21 ou mardi 22 août

230 t'.V PRÊTRE LORRAIN PENDANT LA RÉVOLUTION

un sentier détourné chez les dames religieuses de la Congrégation qui sont hors de la ville. C'était précisément une religieuse française qui était au tour; elle fut enchantée de me revoir, me donna la clef du parloir et alla avertir Mme la supérieure de mon arrivée. Cette bonne mère vint aussitôt et nous fît apporter un bon petit souper. Elle nous témoigna beaucoup de bontés, se chargea d'avoir soin de nos sacs et de faire blanchir nos linges. Comme c'était l'heure de leur souper, je la priai de ne pas se déranger, me proposant de la revoir dans un autre temps.

Après avoir pris notre réfection nous nous arrangeâmes pour entrer dans la ville et nous y entrâmes sans qu'on nous dît le moindre mot. Nous sonnâmes chez M. le comte de Walderdorf. Ce fut M. Gobert, mon ancien compagnon de voyage, qui vint nous ouvrir. Il y était revenu il y avait environ un mois. Nous nous embrassâmes avec bien du plaisir. Il nous introduisit chez M. Gaillard, l'intendant de la maison, qui nous reçut et nous fit rester à la maison. Il en prévint M. le comte qui y consentit bien volontiers.

Je restai chez M. le comte environ quinze jours pendant lesquels j'allai voir mes anciens bienfaiteurs qui tous me firent amitié. Je leur fis à tous

un petit détail de ce que j'avais fait depuis que j'étais sorti d'Eichstâtt, et ils parurent l'écouter avec beaucoup d'intérêt. Mon compagnon, mon brave supérieur', craignant de gêner, ne resta que trois jours avec moi dans cette maison. Il alla visiter un curé de ses amis à huit ou dix lieues d'Eichstâtt, chez lequel il passa une huitaine de jours, et ensuite il revint me rejoindre.

Comme nous nous disposions à partir, nous nous informions du chemin le plus court pour nous rendre à Strasbourg. Mais sur ces entrefaites il nous arriva une lettre du secrétaire de Monseigneur notre évêque^ qui nous engageait à nous hâter, afin de profiter des heureuses circonstances qui se présentaient alors ^ Ce fut le mardi* que nous reçûmes cette lettre. Nous allâmes aussitôt chez le commissionnaire d'Eichstâtt à Augsbourg qui part tous les mercredis. Nous convînmes avec lui pour nous mener, nous et nos paquets, jusqu'à Augsbourg, et il fut

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