‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 13 sur 148 · XXIV L'ABBE NICOLAS ALAIDON ET SON JOURNAL · texte numérisé non relu

XXIV L'ABBE NICOLAS ALAIDON ET SON JOURNAL

échanger une vie aisée contre une austère et glorieuse pauvreté. Les évoques, dont les exemples furent, dans la suite, admirables, no donnèrent pas, dès le début, des directions précises; Rome garda longtemps le silence.

Quelles étaient les opinions des évoques, des meilleurs de ses confrères, de ses amis; quelles résolutions prendraient-ils? C'est ce que Tabbé Alaidon s'efforça de pénétrer. Il rencontra des sentiments divers; mais, intérieurement, pendant toute la durée de cette enquête personnelle, il se trouvait toujours du parti de ceux qui voulaient refuser le serment; et, quand sa religion fut éclairée, il formula ainsi son irrévocable détermination :

« Grâce à vous, ô mon Dieu, je dis en moi même : ouy, quand je vcrrois tous ceux de cette ville [Toul] le prêter, je ne le prêterois pas, quoy qu'il pût m'arriver^. »

Dès lors plus d'hésitation. De toute sa puissance il s'emploie à ramener à des sentiments meilleurs les amis, les confrères qu'il sait prêts à faiblir, et, plus d'une fois, il a la joie d'y réussir.

Puis les semaines s'écoulent pendant lesquelles l'abbé Alaidon passe par cette série d'épreuves que connurent tous les prêtres qui refusèrent le serment : les sollicitations du maire, pas trop mauvais parfois et peut-être inconscient; les prières des paroissiens ne comprenant pas que, pour refuser un

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