Le 24 mars
•26 i UX PRETRE LORRAIX PE.\DA.\T LA REVOLUTIOy
me donnèrent une messe à dire pour eux. Je les remerciai et je me mis en chemin pour faire les deux lieues qui me restaient jusqu'à Eichstâtt où j'arrivai vers les cinq heures du soir.
A3'ant encore un paquet, je ne voulus pas me présenter aux portes de la ville de peur d'être arrêté. J'allai le déposer pour la seconde fois chez mes bonnes religieuses de la congrégation qui vinrent me recevoir de nouveau avec bonté. Je priai Mme la supérieure de vouloir bien envoyer chez M. le comte de Walderdorf prier 3Î. Connesson de venir jusque chez elle. Il vint aussitôt, accompagné de M. Yarin. L'un et l'autre me témoignèrent beaucoup d'amitié. Je priai la Révérende Mère de permettre que je laissasse mon paquet, et j'entrai dans la ville avec ces deux amis, sans qu'on s'aperçût que j'étais voyageur. On me mena dans une auberge oîi je demeurai huit jours, et, pendant ce temps, je présentai une supplique au prince-évêque pour obtenir de nouveau une chambre dans son séminaire qu'il a daigné m'accorder et où je suis encore à présent, y jouissant des mêmes avantages que j'y avais dans le temps de ma première demeure dans cette maison. J'en ai même un de plus, savoir : d'v être avec ?donseigneur notre évêque, à qui le prince y a donné un appartement où il a d'un côté
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M. Duport son grand vicaire, et de l'autre son domestique.
Mais Dieu a voulu que j'achetasse un peu tous ces avantages, car je n'ai jamais fait de voyage si pénible, si coûteux ni si dangereux que ce dernier. Qu'il en soit béni et loué. J'attendrai ici s'il lui plaît ou qu'il m'appelle à lui, ou qu'il me permette de retourner à mes fonctions pastorales, n'ayant uniquement à cœur que de faire sa sainte volonté. Amen.