‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 14 sur 148 · Voir plus loin, p · texte numérisé non relu

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L'ABBÉ NICOLAS ALAIDOX ET SON JOURNAL xxv

serment, leur curé les abandonnât : « Oh ! c'est que vous ne nous aimez pas et que vous êtes bien aise de nous quitter. Que deviendrons-nous, nous et nos enfants'? » A la date fixée, le refus formel : c'est-à-dire le presbytère abandonné à Fintrus; Féglise d'abord partagée entre les deux curés jusqu'à ce que le bon soit, peu à peu, par des vexations savantes, éliminé et contraint à dire la messe dans la maison charitable qui lui donnait asile. Enfin, l'hostilité d'une partie de la population; la messe dite et le ministère exercé en secret et trahis par des imprudences ou des dénonciations.

C'est, sans aucun doute, pendant cette période errante et cachée qui précéda le départ de l'abbé Alaidon pour l'étranger, que se place l'anecdote suivante. Elle est empruntée à un cahier dans lequel, par ordre de ses supérieures, une religieuse de la Maison-Dieu de Toul réunit ses souvenirs. Deux pages y sont consacrées à labbé Alaidon dont la mémoire était vénérée comme celle d'un saint.

<( Monsieur Alaidon, qui fit bâtir une église pour les habitants de Saiut-Mansuy la desservit l'espace de vingt ans, jusqu'au moment de la Terreur. Il se tint caché, disait la messe de nuit dans l'ancienne maison Sainte-Geneviève. Le petit garçon de notre bonne fermière lui servait sa messe. L'enfant fut si discret qu'il cacha, même à sa mère, ses pieuses excursions. Lorsqu'elle les eut reconnues, elle en fut toute fière^. »

Le ministère secrètement exercé dans des circonstances particulièrement périlleuses, la pru-

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