‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 19 sur 148 · Voir plus loin, p · texte numérisé non relu

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xxxiv L'ABBÉ MCOLAS ALAIDOy ET SON JOURNAL

trouver à manger? Facilement nous pourrions les railler entre nos deux repas convenablement et régulièrement servis. Et quel héroïsme, quelle trempe de caractère pour supporter, avec tant de vaillance et sans en prévoir le terme, une telle vie! C'est précisément à la réalité et au réalisme de ce récit, qui va toujours au but pratique, qui ne s'égare ni dans les digressions ni dans les considérations politiques, qu'est dû l'intérêt tout spécial de ce journal. C'est, au point de vue psychologique, une intéressante lecture.

Obligé, bien souvent, de tout abandonner pour fuir les armées françaises, l'abbé Alaidon maudira-t-il, comme beaucoup d'autres, leurs victoires? Fera-t-il des vœux pour ces armées étrangères où combattent ses compagnons d'exil, des émigrés pour lesquels, suivant les croyances d'alors, là où était le roi légitime, là était la patrie, et dont le succès lui ouvrirait les portes de la France? On n'en trouve pas trace dans son journal.

Au contraire, il donne la note patriotique.

Résidant chez le curé de Rambrouck, petite ville du Luxembourg, voisine de la frontière :

« Ma promenade ordinaire, nous dit-il, était un bois charmant qui était tout près du village; comme il fallait un peu monter pour y aller, j'avais une très belle vue. Je voyais non seulement Arlon et tous ses alentours; je voyais même jusqu'à Longwy. Je vous priai,

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ô mon Dieu, de nous en ouvrir les portes et celles de toute la France. Mais, Seigneur, mes prières n'étaient pas dignes d'être exaucées et de désarmer votre colère ^ »

Au moment où il quitte Eichstiitt, des habitants effrayés par l'approche des Français lui demandent comment ils devront se conduire avec eux :

« — Faites-leur politesse, leur dis-je; offrez-leur tout ce que vous avez, et sûrement ils ne vous feront pas de mal; au contraire, ils seront sensibles à votre générosité et ils n'en abuseront pas-. »

A Cobourg, il refuse d'assister à la revue des troupes destinées à rejoindre l'armée^.

Il a trouvé, dans une famille polonaise, près de Posen, une définitive hospitalité; c'est-à-dire le repos et la fin de ses misères. Mais l'autorisation d'y résider lui est refusée. L'évoque de Posen lui promet que toute difficulté sera levée s'il consent à prêter le serment de fidélité au roi de Prusse. Il refuse et reprend la vie errante '\

Les populations catholiques furent charitables aux pauvres exilés, spécialement la Westphalie. Dans la généreuse Pologne, l'abbé Alaidon et d'autres auraient trouvé, jusqu'aux jours meilleurs, un asile et la fin de leurs peines ; mais les défiances de l'administration civile leur refusèrent

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