XXXVIII LÀDBÉ NICOLAS ALAIDON ET SON JOURNAL
Nous n'avons pas le titre général de l'office de Munster, peut-être n'en portait-il pas? Les titres des trois nocturnes sont en complet rapport avec le titre général de l'office de Warendorf ; hospitalité, nourriture, vêtement.
Faut-il en conclure que ces deux offices n'en font qu'un? C'est possible, quoique, d'après le journal de l'abbé Alaidon, il ne semble pas que l'abbé L. Voinier ait résidé à Munster. Peut-être composa-t-il cet office pendant son long séjour à Cologne où il se consacrait aux prêtres français exilés ^ Les prêtres réfugiés à Munster, et ceux de Warendorf, l'auraient adopté. Les deux villes étant voisines il n'est pas probable qu'il y ait eu deux offices différents. Faute de connaître le manuscrit de l'abbé Chatrian, nous sommes réduits à celte conjecture assez vraisemblable =.
Voici les titres des différentes parties de l'office, d'après l'analyse de l'abbé Loth :
En tête, comme épigraphe, on lit ce passage si bien choisi dans Jérémie :
« Cherchez la paix de la cité vers laquelle le Seigneur a conduit vos pas, et priez Dieu pour elle, parce que dans sa paix sera votre paix -K »
Premier nocturne : Le clergé français est reçu en hospitalité*.
i. Voir plus loin, p. 95 ss.
2. L'abbé Sicard fait aussi mention de cet office, l'Ancien Clergé; t. III, p. 157.
3. Jérémie, XXIX, 7 : Et quaerite paceni civilalis ad quam transmigrare vos feci[l Doininus]; et orate pro ea ad Dominum; quia in illhis pace erit pax vobis.
i. Clerus Gallicanus hospitio exceptus.
L'ABBE NICOLAS ALAIDON ET SON JOURNAL xxxix
Deuxième nocturne : Le clergé français est nourri^.
Troisième nocturne : Le clergé français est vêta'^.
Laudes : Avec quelle bonté fat reçu le clergé français exilé ^.
Vêpres : Bénédiction du clergé français sur ses hôtes *. ■ Complies : Le clergé français prie pour que la paix dans le temps et dans l éternité soit accordée aux nations vers lesquelles Dieu Va fait éniigrer''\
Les antiennes, les psaumes, les hymnes, les versets, les leçons, tirés des écritures, tout en un mot, dans chacune des parties de cet office, se rapporte merveilleusement au genre de charité indiqué dans le titre.
L'abbé Loth nous a donné le texte complet de riiynme des vêpres. Si les offices de Munster et de Warendorf sont identiques, elle est de Tabbé Maigret. Ecrite dans un mètre cher à Horace, elle est bien digne de la réputation du poète latin et de l'élégant humaniste qu'était Fabbé Maigret. Avec quelle émotion les prêtres exilés devaient la chanter dans la cathédrale de Munster, sous la présidence du cardinal de La Rochefoucauld! Je ne puis résister au désir d'en reproduire le texte en entier, d'après l'abbé Loth, et de le traduire.
<c Rampant dans l'ombre, l'impiété, pendant longtemps, n'a pas osé lever sa face sinistre; elle va la tète liaute maintenant, méditant de faciles triomphes.