‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 23 sur 148 · Cleri Gallicani benediclio super hospites · texte numérisé non relu

Cleri Gallicani benediclio super hospites

5. Clerus Gallicanus oral pro pace teinporali et aeterna genlium ad quas Iraiisinigrare cuni fccit Dominus.

Xh L'ABBÉ NICOLAS ALAIDON ET SON JOURNAL

« Les temples du Tout-Puissant s'écroulent; sous la hache impie, victime, le pontife tombe; sur tes autels, 0 Christ, une mort, émule de la tienne, verse le sang des prêtres.

« La terre est ivre du sang des martyrs; et, proscrits, échappés à mille périls, ceux qui survivent ont fui vers des terres que réchauffe un autre soleil.

« Nos descendants le croiront-ils? Un crime plus grand encore et inconnu au monde... Oh douleur ! Voici qu'une déesse... Non, je ne puis le dire. Ce qu'osent les sacrilèges, mieux vaut le taire.

« Mais c'est assez s'indigner : Combien, et par milliers, refusent de ployer le genou devant Baal! Ne dédaigne pas, ô Dieu, ces restes de la piété; sinon la terre entraînera dans la ruine la foi qui s'écroule ^

l. Gliscens per umbras irapietas diu

Non ausa tetrum lollere verticem; Cervice procedit superba Nunc, faciles agitans triiimphos.

Ruunt Tonantis templa; sub impia Cadit sccuri victima pontifex; Aris sacerdotum cruorem Aemula mors libi, Christc, libat.

Inebriatur sanguine martyrum Tellus; et exul, mille periculis Elapsa, terras pars supersles Sole alio petiit calenles.

Credent nepoles? Majus adhuc nefas Novumque mundo... Proh dolor! En dea...

Horremus eiïari. Quod audent Sacrilegi melius silendum.

- Datum sat irae : millia quot genu Baal récusant! Heliquias, Deus, Ne sperne sanctas: aut labantis Terra trahet fidei ruinam.

L'ABBÉ MCOLAS ALAlDOy ET SON JOURNAL XLi

« Si tu nous abandonnes, la foi aussi périra. Abrège ces jours de douleur, ô Père, en souvenir de tes fidèles; car déjà, dans le désastre qui le menace, l'univers va périr.

« Gloire suprême au Père, suprême au Fils; louange égale à toi, Esprit Saint; daigne, avec les hommes vertueux, nous faire entrer aux royaumes éternels. Ainsi soit-in. »

Au château de Winchester en Angleterre, où furent recueillis et nourris à la fois pendant plusieurs années sept cent quarante-quatre prêtres français, ceux-ci laissèrent dans la chapelle, gravées en une longue inscription latine de quarantequatre lignes^ Texpression de leur reconnaissance et leurs prières pour leurs bienfaiteurs ^.

Pendant toute la durée de la Révolution, des prophéties circulèrent. Leurs origines inconnues les entouraient de mystère. Elles annonçaient avec précision des événements qui, en effet, étaient

1. Si nos relinquer-, corruet et fides. Dies nefandos abbrevia, Pater, Memor piorum. Jam minaci Clade ruit periturus orbis.

Sit summa Patri, summaque Filio, Sit, aime, compar laus tibi, Spiritus; Ciirn gente digneris benigna Nos superis sociare regnis. Amen.

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