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L'ABBE NICOLAS ALAIDON ET SON JOURNAL XLVii
« Qu'ils désirent ardemment d'avoir leur ancien pasteur, le citoyen Nicolas Alaidon qui les a conduits pendant plus de vingt ans auparavant la Révolution, avec une douceur, une charité, un zèle qui lui a gagné les cœurs et qu'il les a toujours édifiés par une conduite exemplaire et irréprochable et leur a bâti l'église paroissiale encore existante, vendue, à la vérité, mais dont l'acquéreur, qui est un des exposants, consent volontiers à en céder l'usage au culte divin ^ »
Ni le curé ni les paroissiens n'obtinrent gain de cause. L'abbé Alaidon refusa tout autre poste. Il s'établit près de la Maison-Dieu dont, dès ce moment, il se considéra comme le chapelain. Par ses soins, la chapelle fut restaurée. Espérant rentrer un jour dans sa chère église, il avait, au moment de la tourmente, mis en lieu sûr une partie du mobilier. Il en fit don à la Maison-Dieu. La bonne religieuse qui a rédigé la notice que, plusieurs fois déjà, nous avons citée, énumère avec complaisance tous les dons, grands et petits, dont il combla la chapelle :
« Linge, ornements, statues de la sainte Vierge, de saint Joseph et de saint Nicolas ; une quantité de petites statuettes contenaient des reliques : une de saint Pierre apôtre qui se trouve aujourd'hui dans le reliquaire qui est sur l'autel de la Sainte-Vierge, avec une relique de saint Amon, deuxième évêque de Tout et celle de sainte Aprône, sœur de saint Evre, et le confessionnal. C'est aussi à lui que nous devons l'insigne relique de saint Boniface de la légion Thébaine, qui vient de l'abbaye du faubourg Saint-Evre. »
1. Guillaume, Saint-Mansiii, p. 17. L'original est aux Archives (le Meurthe-èt-Moselle, 4471 (regislrc).
XLViii L'ABBE yiCOLAS ALAIDOS ET SO.X JOURyAL
Il avait également sauvé un beau reliquaire contenant les reliques de saint Mansuy. Il le donna, de son vivant, à la fabrique de la cathédrale, à charge de faire dire chaque année, pendant cent ans, deux messes pour le repos de son âme '.
Pendant vingt années encore, l'abbé Alaidon exerça le ministère à la ]\Iaison-Dieu. Vers la fin de sa vie, il y demeura. Directeur des religieuses, il en fut très aimé et vénéré. Son ministère dans la ville était très étendu, son confessionnal très entouré. De nombreux auditeurs, comme autrefois, suivaient ses instructions et ses sermons. On ne rappelait que le saint prêtre et ce titre lui a survécu -.
A une époque que nous ne pouvons préciser, sans doute quand l'âge et les infirmités le contraignirent à renoncer au ministère, il quitta Toul et se retira à >s'ancy près de ses deux sœurs. Le lundi 19 mars de Tannée 1827, il vint dîner au Grand Séminaire. Il était alors âgé de quatre-vingt-neuf ans. Dans une note manuscrite ^, monseigneur Delalle, en ce temps-là professeur au séminaire, raconte que, après le repas, il accompagna l'abbé
1. Guillaume, Saint-Maïuui, p. 28. — L'abbé Alaidon n'avait pas volé ces reliques; et d'ailleurs, personne n'aurait pu le blâmer de les avoir recueillies pour les sauver de la profanalion. Mais, quand on ferma les couvents, on enleva les reliques des reliquaires qui étaient mis sous scellés et on les partagea entre religieux, ecclésiastiques et fldèles. On sait que l'abbé Alaidon avait ainsi obtenu lliumérus de saint Mansuy qui, le 1" septembre 1629, avait été donné par les Bénédictins nu chapitre de la cathédrale de Toul.