I. Le dimanche '51 juillet
LE CURÉ ET LES lyTRL'S 11
la messe ce morceau de saint Mathieu ou Jésus- Christ dit aux peuples : « Prenez garde, ou donnez-vous de garde des faux prophètes qui viennent à vous sous la peau ou sous des dehors de brebis, et qui intérieurement sont des loups ravisseurs ; vous les reconnaîtrez par leurs œuvres ». etc. Vous l'avez ainsi nermis, ô mon Dieu, afin de donner une dernière leçon a votre peuple, et pour l'engager à nous demeurer toujours attaché, nous qui avions l'honneur d'être vos vrais ministres et qui le sommes toujours en effet.
J'employai toute la semaine suivante à vider la maison de cure, comme il nous était ordonné de faire, et je fis transporter mon petit mobilier dans différentes maisons où on voulut bien le recevoir. Pour moi, je vins habiter une jolie petite maison, située dans un jardin, que la Divine Providence m'avait fait offrir par une dame respectable' qui en était la propriétaire. Là je jouissais d'un bon air, d'une vue charmante, de beaucoup plus d'agréments que dans la maison curiale. Cette dame charitable venait m'y visiter souvent avec sa famille. Toutes les semaines, et quelque-
1. « Mme Déguilly, mère de Mme de Vercly » (note marginale de la maiu inconnue déjà signalée, p. x et 111, note 2). Celait la grand'mère du chanoine de Vercly, dont il sera parlé bien des fois dans la suite de la relation (voir p. 27, note 1).
fois plusieurs fois, elle m'y régalait en faisant apporter son dîner, qui était toujours très copieux et très bon. C'était pour adoucir mon sort et pour ménager ma dépense qu'elle en agissait ainsi.
De cette demeure si agréable que j'ai habitée pendant environ onze mois*, j'allais tous les jours célébrer la sainte messe dans l'église paroissiale, à sept heures du matin, et, les dimanches et fêtes, presque toujours elle était remplie. Cela excita l'envie ou de l'intrus ou de ceux qui étaient de son parti, en sorte qu'ils formèrent le complot de m'enfermer avec tout le peuple, la nuit de Noël-, dans le temps que j'y célébrerais. Dieu permit que j'en fusse averti, et j'allai m'en plaindre au maire de la municipalité 3 qui m'en crut et donna les ordres les plus prompts au commandant de la garde nationale de veiller à ce que l'on n'exécute point ce dessein, sous peine d'en répondre à son propre et privé nom. Malgré cela, je ne voulus point m'exposer, ni mon peuple. Je différai jusqu'au matin, et je célébrai tranquillement mes trois messes.
Je continuai toujours d'entendre les confessions