CHAPITRE IX SÉJOUR A RAMBROUCK
(11 mai 1703 — mai 1794).
LA FÊTE DE RAMBROUCK. = EN PENSION CHEZ LE BON CURÉ DE RAMBROUCK. = EN VUE DE LA FRANCE. = ALERTES. = OCCU- PATION D'aRLON par LES FRANÇAIS. = DÉPART DE RAMBROUCK MENACÉ PAR L'ARMÉE FRANÇAISE.
A notre arrivée nous trouvâmes mort notre dernier hôte que nous avions laissé malade. La veuve nous annonça qu'elle ne pouvait plus nous tenir, parce qu'elle avait encore deux malades sur les bras. Nous cherchâmes donc, et on nous reçut avec bien de la peine chez un marchand autre que celui où nous avions logé auj)aravant, et chez lequel je conservais toujours ma chambre. On nous y reçut, dis-je, au même prix d'un louis et de quatre messes par mois. Ce fut là la dernière pension que je fis à Esch: je commençais à m'}^ ennuyer; ma ])ourse diminuait et les messes n'}' étaient plus aussi communes; surtout depuis qu'il y était arrivé deux nouveaux
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confrères. J'y demeurai pourtant encore jusqu'à la lin du mois d'août'.
A cette époque, je proposai à mon compagnon d'aller à la fête chez notre bon curé de Ram- "brouck qui nous y avait effectivement invités, et de presser ce brave curé de se décider à nous dire s'il voulait enfin nous prendre chez lui ou non. Il y consentit et nous y allâmes dès la veille. Ce curé bienfaisant nous reçut à son ordinaire, c'est-à-dire nous fit beaucoup d'accueil. Après les premiers discours, qui furent assaisonnés de bons rafraîchissements, mon compagnon, à qui j'avais donné le mot, sortit, et demeura quelque temps. Me trouvant seul avec mon curé, je lui dis : « Ah! ça, mon cher curé, voilà longtemps que vous nous faites espérer que vous nous prendrez chez vous en pension, et nous le désirons toujours; décidez-vous enfin. — Vous voyez, me réponditil, que j'ai toujours les mêmes raisons. S'il n'y en avait qu'un, je pourrais le prendre, mais pour deux, je ne puis, d'autant plus que je n'ai qu'une chambre et qu'un lit que je puisse donner. — Eh bien, n'en prenez qu'un, lui répliquai-je; l'autre fera comme il pourra. Lequel voulezvous? — Vous, me dit-il; mais l'embarras est de